
Contexte pédagogique :
Ce projet a été réalisé dans le cadre des Travaux Académiques Mutualisés en Documentation 2025–2026 dont la thématique était « Développer une culture de l’IA par des pédagogies actives ».
Ce projet a été conduit au collège Sidney Bechet à Antibes les Pins par Mme Duflos, enseignante spécialisée du dispositif relais, et Mme Rouard, professeure documentaliste.
La problématique retenue par le groupe de travail académique est la suivante :
Comment accompagner les élèves dans l’acquisition d’une culture de l’IA pour leur permettre de l’utiliser en citoyens éclairés, responsables et critiques afin de faire face aux enjeux sociétaux ?
Parmi les pistes proposées par le groupe de travail : Le professeur documentaliste est maître d’œuvre de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias. Afin de donner du sens aux apprentissages et d’encourager l’autonomie, il met souvent en place des méthodes actives (jeu, débat, démarches d’investigation, études de cas, classe renversée…) qui favorisent l’engagement des élèves. Ainsi, il peut accompagner la nécessaire acculturation des élèves à l’IA en la mettant au cœur des apprentissages afin de les sensibiliser aux enjeux liés à ces technologies émergentes, et de les aider à devenir des utilisateurs avisés et critiques.
Problématique : Comment l’intelligence artificielle peut-elle être un levier d’apprentissage ?
Résumé du scénario pédagogique :
Les élèves de l’atelier relais d’Antibes créent un scénario d’enquête scientifique au collège Sidney Bechet. Il s’agit d’un cambriolage fictif dont l’auteur est un membre du personnel. Les élèves rédigent le scénario d’enquête en respectant les plannings de travail des suspects, introduisent des preuves, des alibis et des témoignages attribués à chaque protagoniste.
Ils conçoivent également un livret d’enquêteurs type enquête policière scientifique à l’aide d’une IA générative. Le livret regroupe les informations concernant les suspects, des fiches analyses de preuves, un plan du collège…
L’enquête sera effectuée par une classe de 3e en demi-groupe sur une durée de 1h30 par groupe.
Présentation et cadre du scénario :
Le projet est investi par des élèves d’atelier relais (4e et 3e), formant un groupe ayant de bonnes compétences de concentration et d’imagination. Ce projet se construit en partenariat avec une professeure de SVT détentrice d’une mallette d’analyse scientifique.
Le scénario vise à proposer pour une classe de 3e une mise en contexte de l’usage de cette mallette. Il s’agira pour eux de mener une enquête scientifique.
Les modalités de travail alternent entre séances en binômes, individuelles, et phases collectives de mise en commun durant lesquelles les élèves parviennent à opérer des choix judicieux dans une réelle dynamique de groupe. Le travail rédactionnel occupe également une place importante avec le scénario mais aussi les témoignages de chaque suspect.
L’usage de l’IA intervient dans un second temps lors de la conception du livret d’enquêteurs. Cet outil nous a permis de mettre en valeur dans sa forme le livret qui a été entièrement conçu par les élèves. Le contenu du livret a été fait indépendamment de l’IA et uniquement sur la base de la réflexion du groupe quant à la pertinence de son contenu pour résoudre l’enquête.
L’IA générative est utilisée dans l’objectif de mettre en forme chaque document produit : fond de page évoquant la police scientifique, organisation spatiale des éléments constitutifs de la page…
Chaque binôme d’élèves a choisi les documents sur lesquels il souhaitait travailler. Après l’élaboration d’un plan, ils ont expérimenté leur premier prompt et observé les erreurs ou lacunes qu’ils n’avaient pas anticipées. Des modifications sont annotées dans la fiche outil afin d’améliorer la production suivante. Les résultats intermédiaires sont ensuite proposés à l’ensemble du groupe pour un regard critique plus large et une dernière version aboutie.
Analyse du scénario :
Très rapidement, le groupe d’atelier relais adhère au projet et participe activement, notamment sur certaines phases plus ludiques comme la récolte des informations relatives aux suspects. La rédaction des témoignages est longue et complexe car elle doit éviter toute incohérence rendant le scénario impossible. Les séances devaient toujours être introduites par le travail précédemment fait afin de ne pas commettre d’erreur. Lors de cette phase, la motivation des élèves a parfois faibli mais le projet étant déjà bien engagé, le groupe a tout de même poursuivi ses efforts pour atteindre l’aboutissement.
Leviers identifiés pour la conduite du scénario :
La pédagogie active permet de mieux impliquer les élèves, et de les valoriser. Elle est particulièrement pertinente auprès d’élèves de passage dans un dispositif relais, qui ont particulièrement besoin d’être accompagnés pour retrouver la confiance en eux.
Les leviers identifiés pour ce projet sont les suivants :
– Positionner les élèves décrocheurs en créateurs d’une activité pédagogique à destination d’élèves de troisième du collège permet une responsabilisation et une adhésion des élèves au projet.
– Rythmer le projet par des phases successives très diversifiées permet d’éviter la perte de motivation : écriture, échanges avec le personnel du collège, création de supports vidéo fictifs (vidéosurveillance), expérimentation des analyses scientifiques prévues, organisation logistique pour le jour J.
– Utiliser l‘IA générative facilite la réalisation du projet car il s’agit d’un outil que les élèves aiment utiliser.
Freins rencontrés et difficultés observées :
– Difficulté dans l’élaboration du scénario : fiabilité des indices, cohérence et anticipation du raisonnement potentiel des enquêteurs afin d’envisager toutes les pistes possibles.
– Phases d’écriture longues pour des élèves décrocheurs.
– Principale difficulté dans l’élaboration du livret : lacunes dans la rédaction, manque de précision des termes utilisés pour un prompt efficace, essais successifs et remise en question du résultat (manques, organisation spatiale..)
– Les versions gratuites des IA ne permettent pas de générer beaucoup d’images. La version payante est nécessaire pour la réalisation de ce type de projet.
Outil retenu pour la réalisation du carnet d’enquêteur :
ideogram.ai
Cet outil est dédié à la génération d’images. Nous l’utilisons avec les élèves avec des comptes créés pour la classe relais. Cela nous permet en outre de conserver une trace des prompts et des images générées par les élèves.
L’utilisation d’une IA générative spécialisée permet d’éviter d’avoir recours à un grand modèle de LLM. En raison du nombre de paramètres de ces grands modèles, la consommation d’énergie est plus grande pour la génération d’un même contenu. Les modèles d’IAG, tels que ChatGPT, nécessitent en effet une puissance de calcul immense.
Ce choix permet également de faire découvrir aux élèves l’existence d’une autre IA générative et de sortir du modèle économique des géants du numérique en utilisant un outil dédié à la génération d’images. Par ailleurs, le modèle économique de cet outil étant plus éthique, la génération d’images gratuites est plus aboutie, ce qui incite moins les utilisateurs à souscrire un abonnement. L’outil fait l’objet d’une présentation en classe.
Un temps de discussion avec les élèves permet de prendre connaissance de leurs usages de l’IA générative d’images et de les informer sur les enjeux éthiques liés au choix des outils.
Guide pour la rédaction d’un prompt efficace :
Ce guide est présenté en classe. Il permet de faire appréhender aux élèves les points essentiels à présenter à l’intelligence artificielle pour lui permettre de générer une image. A cette occasion, nous rappelons aux élèves le fonctionnement des outils d’IA génératives et les étapes à respecter pour la rédaction d’un prompt efficace.
Fiche outil distribuée aux élèves pour la rédaction du prompt :
Rédiger un prompt efficace



Ce projet fait l’objet d’un article collaboratif « L’IA générative et la gamification : une alliance pour un apprentissage interactif et créatif » qui rassemble trois expérimentations pédagogiques menées dans les académies de Nice et de Lille.