2nd degré


Dans un établissement du second degré, le numérique n’est plus une simple option, mais un levier essentiel pour moderniser les pratiques pédagogiques, renforcer l’inclusion et optimiser la gestion administrative. Pour un chef d’établissement, son pilotage exige une vision claire, une gouvernance partagée et une collaboration active avec les acteurs institutionnels et locaux.

L’enjeu ? Transformer les défis (équipements, formation, sécurité) en opportunités pour les élèves, les enseignants et l’ensemble de la communauté éducative.


2.1. Un cadre réglementaire exigeant

Le numérique éducatif s’inscrit dans un ensemble de textes qui encadrent son déploiement :

  • Loi pour une école de la confiance : Intégration du numérique comme compétence transversale.
  • Règlement général sur la protection des données (RGPD) : Obligation de sécuriser les données des élèves et des personnels.
  • Plan numérique : Équipement des classes, formation des enseignants, développement de ressources pédagogiques.

Ces textes imposent une responsabilité accrue au chef d’établissement, mais offrent aussi des marges de manœuvre pour innover.

2.2. Des enjeux multiples
  • Pédagogiques : Personnalisation des apprentissages, développement des compétences numériques, accès à des ressources variées.
  • Organisationnels : Gestion des équipements, coordination avec les collectivités territoriales, formation des équipes.
  • Éthiques et sociaux : Lutte contre la fracture numérique, éducation aux médias et à l’information (EMI), inclusion des familles.

Pour piloter efficacement le numérique, le chef d’établissement doit s’appuyer sur une gouvernance partagée, associant les équipes internes et les partenaires externes.

3.1. Structurer une équipe projet
  • Désigner un référent numérique : Un enseignant ou un membre de l’équipe de direction chargé de coordonner les actions et de servir de relais avec les partenaires institutionnels.
  • Associer les acteurs clés : Enseignants innovants, CPE, gestionnaires, représentants des parents d’élèves.
  • Créer des espaces de dialogue : Groupes de travail, temps d’échange réguliers pour partager les besoins et les retours d’expérience.
3.2. S’appuyer sur l’expertise institutionnelle

Les services académiques dédiés au numérique (DRANE ) sont des ressources précieuses pour :

  • Bénéficier d’un appui réglementaire : Comprendre les obligations légales et les adapter au contexte local.
  • Accéder à des formations ciblées : Pour les enseignants (outils pédagogiques, classes virtuelles) et pour l’encadrement (gouvernance, gestion de projet).
  • Obtenir un accompagnement sur mesure : Diagnostic des besoins, médiation avec les collectivités territoriales, soutien à l’innovation pédagogique.

→ L’idée n’est pas de dépendre de ces services, mais de les considérer comme des leviers pour gagner en autonomie et en efficacité.

3.3. Impliquer les collectivités territoriales

Les Régions et Départements jouent un rôle clé dans le financement des équipements et des infrastructures. Pour optimiser cette collaboration :

  • Établir un dialogue régulier : Présenter les besoins de l’établissement et les projets en cours.
  • Co-construire des solutions : Par exemple, pour le déploiement du très haut débit ou l’équipement en tablettes.
  • Valoriser les initiatives locales : Mettre en avant les réussites pour renforcer la confiance et obtenir un soutien pérenne.

La réussite du numérique éducatif repose sur la montée en compétences de tous les acteurs.

4.1. Former les enseignants
  • Proposer des formations adaptées : En s’appuyant sur le Plan Académique de Formation (PAF) ou des dispositifs locaux (ex : ateliers entre pairs).
  • Encourager l’auto-formation : Via des plateformes comme M@gistère ou des ressources en ligne (Éduscol, Class’Code).
  • Valoriser les pratiques innovantes : Organiser des temps de partage (ex : « Forum des usages numériques ») pour inspirer les équipes.
4.2. Sensibiliser les élèves et les familles
  • Intégrer l’EMI dans les parcours : Ateliers sur les réseaux sociaux, la protection des données, la lutte contre la désinformation.
  • Associer les parents : Réunions d’information, chartes d’usage co-construites, ateliers pratiques pour les familles.

Le numérique doit être un axe transverse du projet d’établissement, lié aux priorités pédagogiques et éducatives.

5.1. Définir des objectifs clairs

Exemples :

  • Généraliser l’usage de l’ENT pour fluidifier la communication.
  • Développer des projets interdisciplinaires intégrant le numérique (ex : webradio, fabrication numérique).
  • Renforcer l’inclusion via des outils adaptés (ex : logiciels de transcription pour les élèves en situation de handicap).
5.2. Évaluer et ajuster
  • Suivre des indicateurs simples : Taux d’usage des outils, nombre de projets menés, retours des enseignants et des élèves.
  • Organiser des bilans réguliers : Avec l’équipe projet et les partenaires pour ajuster la stratégie.

Piloter le numérique dans un EPLE du second degré, c’est :

  • Anticiper les évolutions réglementaires et technologiques.
  • Collaborer avec les équipes internes et les partenaires externes, sans dépendre exclusivement d’eux.
  • Innover en s’appuyant sur les retours du terrain et les ressources disponibles.

Le numérique n’est pas une fin en soi, mais un moyen de servir les apprentissages et la réussite de tous les élèves.


La DRANE se tient à votre disposition pour vous aider dans cette tâche complexe de pilotage.


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