Comme tous les ans le Festival Cinéalma qui se déroulera à Carros (salle Juliette Gréco) du 11 au 20 octobre 2019, propose des séances en langue étrangère destinées aux scolaires.

Pour le film espagnol,  les séances scolaires sont programmées le jeudi 17 octobre à 10h et à 14h avec le film "Yuli" de Iciar Bollain.

Critique du film:

Le nouveau film de la Madrilène Icíar Bollaín après le succès de L'Olivier, couvert de prix et aimé du public. Comme pour ce film, et Même la pluie, la réalisatrice a choisi de travailler avec son compagnon dans la vie, le scénariste irlandais-écossais né en Inde Paul Laverty, collaborateur de longue date de Ken Loach. Il s'agissait cette fois de porter sur l'écran l'autobiographie du danseur d'origine cubaine Carlos Acosta : No way home.

Forte d'une équipe de premier rang comprenant le directeur de la photographie Alex Catalán (La isla mínima) et le musicien Alberto Iglesias (Julieta), Bollaín a composé un biopic de qualité mais sans le brio, l'émotion et l'énergie qui se dégagent des numéros de danse classique qui le jalonnent, interprétés par de vrais danseurs reconvertis en acteurs pour l'occasion (y compris Acosta lui-même, dans son propre rôle) assistés par la chorégraphe María Rovira. Ces scènes sont les plus spectaculaires, émouvantes et authentiques d'un film qui ne parvient pas par ailleurs à transmettre l'authenticité, la ténacité et la douleur qui ont marqué la vie de son héros déraciné.

Et c'est tout à fait dommage, parce que la carrière professionnelle comme le parcours personnel d'Acosta sont riches en éléments captivants, par exemple le fait qu'il s'est beaucoup battu contre son père pour ne pas devenir danseur – car c'est ce dernier qui l'a obligé à étudier la danse, ce qui l'a sorti des rues de La Havane et conduit à la célébrité mondiale. Cette relation père fils ambiguë, tendue et contradictoire, qui est l'axe du film, y est montrée de manière tellement simpliste, plate et pauvre que l'émotion, la duplicité et la complexité que sa description aurait requises sont ici absentes.

La solitude dont a souffert le danseur loin de son pays natal, autre élément dramatique qui aurait pu injecter dans Yuli du sentiment et de la force, n'apparaît pas non plus à l'écran. Heureusement que les nombreux numéros de danse sus-mentionnés, qui représentent des moments essentiels dans la vie d'Acosta, relèvent le niveau artistique, visuel et émotionnel d'un film qui n'arrive pas autrement à dépasser le niveau d'un cinéma de bonne facture, avec un bon potentiel commercial, mais sans grande surprise sur le plan cinématographique.

 

- Pour le film italien « Fiore Gemello » séance scolaire le vendredi 18 octobre à 14h00 suivi d'une séance tout public à 16h30 (tarif de 2€)

Voici une critique du film:

Lorsque les héros du deuxième  film de la réalisatrice italienne Laura Luchetti apparaissent à l’écran, dans une ville de Sardaigne, ils sont tous les deux dans le pétrin et ne se connaissent pas encore. Anna, 16 ans (Anastasyia Bogach), fuit un homme barbu aux allures de gros dur à la joue balafrée. Basim (Kalill Kone, un vrai réfugié) est un réfugié adolescent de Côte d’Ivoire, et il est poursuivi par un vigile dans le parking d’un supermarché.

Les deux se rencontrent alors qu’Anna refuse les avances de deux jeunes Italiens à moto, et Basim vole à son secours. Ce premier échange est assez banal : Anna est méfiante du jeune Africain et ne parle pas, alors que ce dernier affiche un enthousiasme et une facilité de contact surprenantes, vu sa situation. Mais la jeune femme accepte de la suivre dans le squat modeste qu’il s’est établi dans une maison abandonnée.

À travers des flashbacks qui viennent astucieusement et subtilement entrecouper la narration, on apprend que le père d’Anna, dont elle était très proche, travaillait pour l’homme barbu, Manfredi (Aniello Arena), en tant que passeur de migrants. Anna n’approuvait pas le travail de son père, mais il est difficile de trouver des emplois dans la campagne sarde.

Les deux adolescents à problème nouent d’abord un lien tendre – ils ont tous deux fait face à un deuil douloureux, et chacun semble deviner les sentiments de l’autre, même s’ils ne savent pas d’où ils viennent, même si Anna ne parle pas du tout. Leur rapport est tactile et instinctif, et non pas basé sur le dialogue. 

Beaucoup de films parlent des migrants, du passage à l’âge adulte, et du contexte social et économique des pays les plus durement touchés par la crise des réfugiés. Mais Fiore gemello combine tous ces thèmes avec une profondeur et une sensibilité admirables.

Le cadre en lui-même est idéal pour une telle histoire : cette ville du littoral a une mine de sel et une très belle église sur la place centrale, mais aussi beaucoup de bâtisses abandonnées témoignant de son déclin économique qui sont devenues des abris ou des cachettes pour les marginaux : les prostituées, les mendiants et aussi les immigrés clandestins.

Le chef opérateur Ferran Rubio Paredes tire le meilleur de ses décors en faisant contraster les couleurs délavées des extérieurs (notamment le blanc, très efficace, de l’usine de production de sel) avec les tons chauds de la pièce que partagent Anna et Basim. Bien qu’on ne puisse pas dire que Fiore gemello ait un rythme soutenu, il est aussi loin de prendre son temps : Luchetti a une histoire à raconter et des personnages à développer, et il le fait avec un talent remarquable et une patience infinie, aidé par le travail de sa monteuse Paola Freddi et la musique de Francesco Cerasi

Bogach et Kone sont remarquables dans les rôles principaux, la fragilité de la première et l’intensité du second créant une véritable symbiose, comme le yin et le yang. Anna parle à nouveau quelques minutes avant la fin, mais tout a déjà été dit, grâce au langage sophistiqué du cinéma.

 

Pour le réglement cela peut se faire sur place ou par avance comme vous le souhaitez.

 

Pour la réservation, il faudrait la faire dès que possible en envoyant un mail avec le nom de votre établissement, le nombre d’élèves, le nombre d’accompagnateurs et le contact téléphonique du professeur référent à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Merci, cordialement 

Laura Scibetta

Programmatrice Festival Cinéalma 

06 60 72 71 40

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