Le programme d’enseignement de spécialité d’histoire des arts institue trois questions limitatives, qui s’inscrivent dans les trois thématiques : un artiste en son temps ; arts, ville, politique et société ; objets et enjeux de l’histoire des arts. Elles sont définies et renouvelées par publication au Bulletin officiel de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Pour l’année scolaire 2025-2026, les trois questions retenues sont les suivantes :
- Un artiste en son temps : Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879)
- Arts, ville, politique et société : Paris, capitale des arts, première moitié du XXe siècle (question renouvelée pour l’année scolaire 2024-2025)
- Objets et enjeux de l’histoire des arts : femmes, féminité, féminisme
Pour approfondir la question » Arts, ville, politique et société : Paris, capitale des arts, première moitié du XXe siècle (question renouvelée pour l’année scolaire 2024-2025) » voici des ressources sur les expositions universelles à Paris dans la 1ère moitié du XXe siècle » :
Des ressources en histoire des arts : Les expositions universelles, laboratoires de la modernité à Paris
À la fois exercice architectural, levier urbanistique et exposition d’arts, les expositions universelles sont des vitrines de l’innovation.
Plusieurs ressources sont mobilisables en histoire des arts en lien avec la question limitative « Paris capitale des arts. 1ère moitié du XXe siècle ou la thématique au programme de 1ère spécialité Les Lieux de l’art.
Interroger les transformations de l’urbanisme et le paysage parisien.
Problématique
Quels sont les enjeux politiques, techniques, esthétiques qui traversent l’action urbaine lors des expositions universelles ?
Idée directrice
L’urbanisme parisien a été transformé durablement par les grands événements internationaux.
Ressources mobilisables
_ Des animations à vol d’oiseau sont proposées dans Points d’ouverture et de passage de Réseau Canopé pour les expositions de 1889 et 1900 sur la plateforme Étincel ;
_ Des ensembles photographiques d’époque sont mis en ligne sur la page expositions universelles et coloniales (1889-1937) sur le site de la médiathèque du patrimoine et de la photographie de Charenton-le-Pont ;
_ Des articles de presse, d’affiches, de gravures sont consultables sur Gallica de la BnF ;
_ Des plans documentés sur le site Atlas historique de Paris.
Sensibiliser à l’architecture et à ses représentations.
Problématique
Quels sont les modes de représentation de l’architecture ? Que nous apprennent-ils sur la conception d’un bâtiment et la mise en œuvre des progrès techniques au temps de l’industrialisation ?
Idée directrice
L’étude des expositions est l’occasion en classe de sensibiliser les élèves à la diversité des modes de représentation de l’architecture en les invitant à nommer, identifier puis décrire les coupes, plans, élévations des principaux pavillons. En pleine révolution industrielle, ces documents sont aussi des vitrines techniques pour les différentes nations.
Ressources mobilisables
_ La base de données des collections du musée d’Orsay rend possible l’analyse sous l’angle des techniques et des nouveaux matériaux ;
_ Un article rappelle le débat entre partisans de l’éclectisme ou du rationalisme. Contemporain de l’industrialisation, le développement de l’architecture métallique est encouragé à partir du Second Empire par Napoléon III, à l’origine des deux premières expositions universelles de Paris en 1855 et 1867.
Des artistes en compétition ou en marge
Problématique
Quelles conséquences dans la connaissance et la réception de l’œuvre (voire d’un artiste ou d’un groupe d’artistes) ces stratégies d’exposition ont-elles eues ?
Idée directrice
Ces manifestations visent à faire connaître à un large public la création industrielle mais aussi à confronter les arts appliqués et les beaux-arts à l’industrie.
Ressources mobilisables
_ Une page du musée des arts décoratifs de Paris (MAD) est consacrée aux « rivalités » de savoir-faire entre nations ;
_ La base Joconde du ministère de la Culture recense par date et lieu les œuvres exposées et les artistes en compétition ;
_ On pourra s’intéresser aussi aux artistes en marge des expositions comme Rodin en 1900, âgé de soixante ans, à l’apogée de son art qui fait dresser un pavillon place de l’Alma, spécialement conçu pour présenter, pour la première fois, l’ensemble de son œuvre à Paris. Cette rétrospective va donner à l’artiste un renom international.
Les expositions universelles, rencontre entre espace architectural et mise en scène
Problématiques
En quoi les expositions universelles constituent-elles une mise en scène de l’urbanité à travers l’architecture éphémère et durable ?
Idée directrice
L’idée est de montrer que la scénographie dans les expositions universelles reflète les enjeux politiques et culturels d’une époque. Éphémères, voire utopiques les pavillons témoignent de la vitalité de la création architecturale, de son exubérance et de son audace.
Les ressources mobilisables
_ Le dossier de l’exposition Les Expositions Universelles, réelles ou utopiques du musée d’Orsay souligne que ces événements sont aussi conçus comme des attractions, et témoignent d’une fascination pour le rêve et le spectacle à grande échelle ;
_ Se rencontrent à la fois les formes du divertissement comme l’attestent les captations d’époque rassemblées et diffusées sur l’INA, la culture populaire, et la mise en scène des nouvelles technologies ;
_ Avec les expositions coloniales, le spectaculaire se déploie, à la fin du 19ᵉ siècle, puis dans l’entre-deux-guerres, sollicitant l’imaginaire exotique et le fantasme de l’ailleurs. En 1931, lors de l’Exposition coloniale, le Palais de la Porte Dorée, construit pour abriter le musée des colonies, devient le lieu d’une mise en scène de spectacles et de lumières, magnifiant la France coloniale. Une visite virtuelle du lieu devenu le musée national de l’immigration permet de découvrir l’aménagement intérieur des salles historiques, l’architecte Laprade a fait appel aux grandes figures artistiques de son époque.
Les traces des expositions universelles dans le Paris contemporain
Problématique
Dans quelle mesure l’histoire des expositions universelles participent-elles à la transformation réelle de l’espace urbain parisien ?
Idée directrice
Aujourd’hui, il est possible d’étudier avec les élèves d’autres vestiges des expositions à Paris, leurs transformations d’usage et de fonctions, leurs aménagements et réhabilitation.
Les ressources mobilisables :
_ La capitale porte la trace de ces événements au sein des divers espaces utilisés dans le cadre des six expositions universelles organisées entre 1855 et 1937 ;
_ Des bateaux-mouches en 1867, l’éclairage électrique en 1889 au métro et édicules Art Nouveau d’Hector Guimard en 1900, les monuments comme la Tour Eiffel, les Grand et Petit palais, le pont Alexandre III, le palais de Chaillot et de Tokyo sont des héritages de ces manifestations ;
_ Un scénario Édubase de l’académie de Toulouse offre aux élèves de quatrième ou de première en histoire un parcours au sein des bâtiments emblématiques de l’exposition universelle de 1900, avec une recherche d’indices pour débloquer un code final.
L’exposition internationale des arts décoratifs de 1925, une vitrine de l’excellence du savoir-faire français
Problématique : En quoi l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 participe à la définition d’un style moderne ?
Idée directrice
Cette exposition est à la fois une affirmation du prestige artistique et artisanal français, héritée d’une longue tradition et un moment de bascule vers la modernité, marquant l’émergence du style Art déco. Il s’agit de contextualiser le rayonnement de Paris à l’occasion de cette exposition.
Les ressources mobilisables
_ Une carte interactive à partir des photographies couleur ou autochromes des collections du musée départemental Albert-Kahn offre une visite virtuelle de l’exposition de 1925 le long des berges de la Seine ;
_ Présenté dans un article de la Cité de l’architecture et du patrimoine et dans plusieurs articles de l’histoire par l’image, le Pavillon du Collectionneur conçu par le décorateur-ensemblier Ruhlmann incarne l’élégance, le luxe et le raffinement artisanal, emblématique de l’Art Déco à la française ;
_ Une visite virtuelle permet d’identifier cette nouvelle esthétique géométrique et décorative, ses matières, ses formes et ses lignes grâce à une immersion au sein du bureau-bibliothèque de l’Ambassadeur réalisé par l’architecture et décorateur Pierre Chareau, pour le pavillon de l’ambassade française. La visite est enrichi d’un dossier du musée des arts décoratifs (MAD) de Paris ;
_ Les photographies de La Bibliothèque d’architecture contemporaine de la cité de l’architecture et du patrimoine, une sélection d’articles historiques, chacun consacré à un pavillon spécifique de l’Exposition. Cette série de publications donne un accès direct aux sources de l’époque, témoignant des choix architecturaux qui ont marqué cette exposition fondatrice ;
_ Pour tester ses connaissances, il est possible de jouer à une histoire des styles et des tendances, avec plusieurs niveaux d’expertise, pour caractériser le style de l’Art Déco ;
_ Une page du MAD rappelle les enjeux esthétiques, la confrontation entre une tradition réinventée, incarnée par l’ensemblier Jacques Ruhlmann et des avant-gardes revendiquant un monde nouveau, et une esthétique moderne. L’exposition est agitée par un débat sur des valeurs concurrentes, l’artisanat et la mécanisation, sur l’aspect unique d’une œuvre et sur le design pour la fabrication en série ;
_ Le contexte de forte concurrence technique est présenté sur le site France Mémoire à l’occasion du centenaire 1925. L’année des Arts Déco, autour de trois mots clef nouveauté, immensité, modernité ;
_ Un dossier publié sur le site Balises de la BPI 1925. Un tournant dans les arts est richement documenté et illustré, à paraître, en maintenance.
Des ressources documentaires sur les expositions universelles
_ L’histoire par l’image propose un dossier sur la thématique de expositions universelles.
_ La Cité de l’architecture et du patrimoine propose une introduction à l’architecture des expositions universelles
_ Le site Passerelle(s) de la BnF propose une page consacrée aux expositions universelles, vitrines d’une société internationale en métamorphose.
_ L’Encyclopédie numérique de l’histoire (EHNE) propose une mise au point sur les expositions universelles, lieu de compétition et d’émulation pour traiter le PPO dans le chapitre d’histoire de première tronc commun Permanences et mutations de la société française jusqu’en 1914.
_ Sur Éduscol : L’article Étudier la Tour Eiffel en histoire et en histoire des arts fait le point sur les ressources disponibles sur l’emblème de l’exposition universelle de 1889.
Pour aller plus loin
_ Podcasts : À l’occasion de l’ouverture de l’exposition universelle d’Osaka, trois podcasts sur France Culture retracent l’histoire des expositions universelles, vitrines de l’innovation.
_ Conférences : La revue In Situ. Revue des patrimoines propose sur Canal-U des conférences sur l’Art Déco, son héritage et sa diffusion sur le territoire dans le cadre du centenaire de l’exposition de 1925.
_ Article : Pascal Ory à l’occasion des Rendez-Vous de l’Histoire de Blois présente les fonctions des expositions universelles, expression de la modernité. Cette conférence a fait l’objet d’une prise de note diffusée sur le site de l’académie d’Orléans-Tours.
Les expositions universelles-HDA