
ThĂ©matique des Traam EMI 2019/2020 : La structuration de la pensĂ©e de nos Ă©lĂšves Ă lâĂšre des interfaces vocales, du nomadisme et des rĂ©seaux sociaux
Problématique Académique:
Comment la recherche visuelle, les interfaces vocales, le nomadisme et les réseaux sociaux structurent-ils la pensée et les connaissances des apprenants ?
La thĂ©matique a Ă©tĂ© dĂ©clinĂ©e en 3 axes au sein de notre acadĂ©mie. Ce projet sâinsĂšre dans lâaxe 2 : Les pratiques dâĂ©valuation des informations : dĂ©velopper lâesprit critique face aux informations vĂ©hiculĂ©es par les rĂ©seaux sociaux (fake news, thĂ©ories du complot). Comment interroger les outils Ă©mergents qui permettent la vĂ©rification des informations (dĂ©codex) ? Quels sont les matĂ©riaux utilisĂ©s ?
Le projet
Le thÚme général retenu est la théorie du complot (domaine scientifique).
Lâobjectif est dâamener les Ă©lĂšves Ă construire leur propre thĂ©orie du complot
Ce projet a fait lâobjet dâun travail avec la classe relais dâAntibes situĂ©e au collĂšge Sidney Bechet qui accueille, Ă chaque session dâenviron 6 semaines, des Ă©lĂšves qualifiĂ©s de « dĂ©crocheurs » qui ne parviennent plus Ă investir leur scolaritĂ©, malgrĂ© les tentatives de remĂ©diation proposĂ©es par leurs collĂšges dâorigine.
Face Ă ce public dĂ©sinvesti et souffrant bien souvent dâune mauvaise estime de soi, la conception dâun projet commun par les Ă©lĂšves et pour les Ă©lĂšves pourrait ĂȘtre un levier dans la valorisation et la remobilisation des jeunes dans un projet collectif et actuel.
Les objectifs pĂ©dagogiques Ă©tant quant Ă eux de dĂ©couvrir, sâapproprier et utiliser Ă bon escient des outils numĂ©riques tout en dĂ©veloppant un esprit critique face Ă lâinformation et Ă la dĂ©sinformation. La distance entre but de lâĂ©lĂšve et objectif pĂ©dagogique de lâadulte est dans ce projet, fondamentale compte-tenu du public ciblĂ©.
ĂlĂšves impliquĂ©s :
8 élÚves de 4e/3e
Handicap : dyslexie, difficultĂ©s dâĂ©locution, troubles de lâattention
Professeurs impliqués :
Floriane Biagini – Professeur de lettres classiques
Sonia Duflos – Professeur de la classe relais
GĂ©raldine Rouard â professeur documentaliste
Roxane Obadia – Interlocuteur CLEMI Nice – professeur documentaliste
Education aux mĂ©dias et Ă lâInformation:
Une majeure partie des activitĂ©s a portĂ© sur les recherches et les critĂšres de validitĂ© de lâinformation. Les montages photographiques et vidĂ©os ont Ă©galement Ă©tĂ© abordĂ©s ainsi que les diffĂ©rentes caractĂ©ristiques dâun document pouvant constituer une infox. Une analyse critique de plusieurs documents permettra aux Ă©lĂšves de concevoir Ă leur tour des supports (textes, vidĂ©os ou images) prĂ©sentant un contenu invalide mais crĂ©dible dans sa forme.
Déroulement du projet:
Etape 1: présentation du projet / analyse de théorie du complot
Initialement prévu dans un projet de plus grande envergure, le travail effectué sur la théorie du complot a cependant suivi les premiÚres étapes planifiées. Dans des activités alternant phases orales collectives, phases écrites en binÎme ou individuelles, recherches et productions numériques, les élÚves devaient avoir une lisibilité du projet et des objectifs atteints tout comme des prochains à atteindre.
La session 2 de la classe relais choisie pour le projet comportait Ă peine 6 semaines (en janvier / fĂ©vrier), un dĂ©lai court qui pouvait ĂȘtre compensĂ© par une flexibilitĂ© de lâemploi du temps et une prĂ©sence importante des adultes encadrants.
Les premiĂšres sĂ©ances ont portĂ© sur la prĂ©sentation du projet ainsi que des notions associĂ©es: thĂ©orie du complot, fake news, manipulation et biais cognitifsâŠ
Plus quâun simple prĂ©ambule aux activitĂ©s, il sâagissait de faire Ă©merger les reprĂ©sentations des Ă©lĂšves et de les confronter entre eux, favorisant une remise en question par le collectif.
Les Ă©lĂšves ont visionnĂ© deux vidĂ©os complotistes, lâune volontairement parodique, lâautre plus sĂ©rieuse, puis nous avons recueilli leurs impressions, comparĂ©, critiquĂ©âŠ
Si la premiĂšre vidĂ©o remporte un franc succĂšs sur le plan humoristique, elle est cependant directement discrĂ©ditĂ©e par lâensemble des Ă©lĂšves qui relĂšvent sans souci les incohĂ©rences, lâabsurditĂ© des arguments tout en concĂ©dant que les rapprochements et dĂ©ductions avancĂ©es sont bien trouvĂ©s.
Lien vers la vidéo étudiée : https://www.youtube.com/watch?v=ZpPA8HFX0kE
En revanche, la seconde vidĂ©o portant sur la thĂ©orie de âla Terre plateâ, trouble davantage le groupe ce qui permet dâobserver des attitudes diffĂ©rentes: certains rejettent les arguments car ils ne sont pas conformes Ă lâenseignement quâils ont reçu, cette vĂ©ritĂ© si Ă©vidente quâil nâont jamais remise en question. Dâautres portent davantage attention aux arguments avancĂ©s par la vidĂ©o et, bien que ne remettant pas en question leur savoir, sâinterrogent sur les incohĂ©rences Ă©voquĂ©es par les platistes. Enfin, certains ayant une culture scientifique plus consĂ©quente parviennent Ă contrer une partie des arguments complotistes. Lâensemble du groupe conclura cependant que la seconde vidĂ©o est troublante dans son contenu mais Ă©galement sa forme, trĂšs convaincante.
Lien vers la vidéo étudiée: https://usbeketrica.com/video/theorie-du-complot-la-preuve-que-la-terre-est-plate
Les Ă©changes nous permettent de classer les Ă©lĂ©ments contribuant Ă convaincre de la vĂ©racitĂ© de la thĂ©orie. Nous distinguons le fond (arguments pseudo scientifiques, raisonnement biaisĂ©) de la forme (ton, musique, rythme, supports et formes graphiques utilisĂ©esâŠ)
Cette premiÚre étape nous permet de lancer le projet en concluant par notre objectif: produire nous aussi une vidéo complotiste, la plus convaincante possible.
Le programme est exposĂ© aux Ă©lĂšves. Il implique le choix et lâĂ©criture dâun complot, l’enregistrement du discours et la conception dâune vidĂ©o illustrant les arguments Ă©voquĂ©s.
Les projets menĂ©s en classe relais doivent rĂ©pondre aux spĂ©cificitĂ©s du public. Les Ă©lĂšves dĂ©crocheurs, plus que tout autre encore, sont davantage impliquĂ©s sur un projet quâils visualisent dans son intĂ©gralitĂ©, dont ils voient la progression et dans laquelle leur participation est mise en valeur. Lâalternance des phases et modalitĂ©s de travail ainsi quâun rythme dynamique dans les activitĂ©s favorisent Ă©galement le maintien de lâattention.
â Fiche : Organigramme du projet
â Fiche : Analyse des vidĂ©os
â Fiche : Complots / outils et stratĂ©gies de persuasion
â Fiche : Organisation des tĂąches du projet
â Fiche : Autorisation Captation Image Mineur 2017 (source eduscol internet responsable)
â Fiche : Autorisation oeuvre de collaboration Mineur 2017 (source eduscol internet responsable)
Etape 2: écriture du complot / compétences PIX
Durant cette phase, le choix du complot devait Ă la fois correspondre Ă celui des Ă©lĂšves, et rĂ©pondre Ă certains critĂšres: pouvoir ĂȘtre Ă©tayĂ© par des arguments plausibles ainsi que des ressources en ligne, ĂȘtre dâactualitĂ© mais inĂ©dit, et enfin, ĂȘtre exploitable pour la conception de la vidĂ©o. AprĂšs un brainstorming par le groupe, deux thĂ©ories sont retenues: la premiĂšre sur le rĂ©chauffement climatique, la seconde sur le thĂšme des dinosaures.
Nous faisons le choix dâexploiter ces deux pistes en parallĂšle avec deux groupes de 3 Ă©lĂšves dont le travail suivant consistera Ă dĂ©velopper et rĂ©diger un texte argumentatif dĂ©fendant leurs thĂ©ories.
La production du texte destinĂ© Ă lâoralisation pour lâenregistrement nĂ©cessitait un Ă©tayage important de lâadulte, notamment pour nos Ă©lĂšves en grande difficultĂ© Ă lâĂ©crit, ne parvenant pas toujours Ă exprimer fidĂšlement leurs idĂ©es. Le soutien de Mme Biagini, professeur de lettres de lâĂ©tablissement lors dâune sĂ©ance de rĂ©daction a grandement facilitĂ© la mobilisation des Ă©lĂšves.
A lâissue de ce travail, un groupe se distingue par son investissement ce qui dĂ©terminera le choix de la thĂ©matique:
âLes dinosaures ont bien existĂ© mais ils nâĂ©taient pas spectaculaires comme on nous le fait croire, ils nâĂ©taient pas plus gros quâun chienâ.
Les Ă©lĂšves ayant investi cette thĂ©orie la prĂ©sentent au groupe qui se lâapproprie, commente les arguments et en propose dâautres.
Nous retenons quatre axes principaux qui sont rĂ©partis sur des binĂŽmes en charge de les approfondir et de rĂ©diger le texte destinĂ© Ă lâenregistrement vidĂ©o. La production est relue, fait lâobjet de plusieurs jets afin dâobtenir un discours convaincant dans le fond mais Ă©galement similaire dans sa forme Ă celui de la vidĂ©o sur les platistes.
Les binĂŽmes doivent Ă©galement rĂ©flĂ©chir aux supports vidĂ©os qui viendront Ă©tayer leurs idĂ©es: images, cartes, animationsâŠ
Dans un second temps, chaque mensonge complotiste est dĂ©montĂ© par des arguments scientifiques. Il Ă©tait initialement prĂ©vu de produire la vidĂ©o avec une partie sur le complot suivie du rĂ©tablissement de la vĂ©ritĂ©, ce qui ne pourra ĂȘtre fait faute de temps. La vidĂ©o finale ne prĂ©sentera que le complot.
Durant cette Ă©tape, les Ă©lĂšves participent Ă©galement Ă des sĂ©ances informatiques avec un entraĂźnement sur les compĂ©tences PIX relatives au projet: recherche et vĂ©rification dâinformations par les sources, utilisation de ressources libres de droits, communication et partage dâinformationsâŠ
â Fiche : Affiche vidĂ©o
â Fiche : Ecriture du scĂ©nario complotiste
â Fiche : EMI compĂ©tences
â Fiche : PIX compĂ©tences
â Production Ă©crite complot dinosaures
Etape 3: recherche et exploitation des ressources / enregistrement de la voix off
Les séances suivantes ont mis à profit les compétences acquises lors des sessions sur PIX.
Une liste des ressources nĂ©cessaires liĂ©es aux diffĂ©rents arguments est exposĂ©e au groupe. En fonction de leurs capacitĂ©s et dĂ©sirs, les Ă©lĂšves rĂ©cupĂšrent une tĂąche spĂ©cifique et unique Ă laquelle lâadulte peut ajouter quelques prĂ©cisions. Lorsque la ressource est trouvĂ©e, elle est parfois utilisĂ©e directement ou modifiĂ©e. AprĂšs validation par lâadulte, lâĂ©lĂšve ou le binĂŽme appelle lâarchitecteâ. Ce dernier a la charge de recueillir les ressources et productions de chacun et de les intĂ©grer sur la tablette afin de crĂ©er un diaporama chronologique correspondant au montage vidĂ©o final. La progression de ce travail collectif est rĂ©guliĂšrement montrĂ©e au groupe actif. Lorsquâune tĂąche est terminĂ©e, les Ă©lĂšves peuvent aller en choisir une autre parmi la liste et cocher le travail effectuĂ©.
LâavancĂ©e du projet est alors visible et chacun peut sâattribuer la responsabilitĂ© dâune partie dans la production collective.
SpĂ©cifiquement pour cette thĂ©orie, une maquette est rĂ©alisĂ©e mettant en scĂšne des dinosaures (jouets) dans un paysage. La maquette est photographiĂ©e et des Ă©lĂ©ments y seront ajoutĂ©s par ordinateur (impact de mĂ©tĂ©oriteâŠ)
Sur le mĂȘme temps, les Ă©lĂšves choisissent une partie du discours quâils veulent enregistrer pour la vidĂ©o et sâentraĂźnent Ă le lire en posant leurs voix distinctement et avec lâintonation correspondant au message. LâĂ©lĂšve orateur est aidĂ© par un camarade qui le conseille sur sa prononciation, vitesse de lecture et intonation. Une fois lâĂ©lĂšve prĂȘt, lâenregistrement de la partie choisie est effectuĂ©.
A lâissue de cette Ă©tape, tous les Ă©lĂ©ments de la vidĂ©o sont envoyĂ©s Ă Roxane Obadia, notre partenaire au CLEMI, qui rĂ©alisera le montage final avec lâenchaĂźnement des plans calĂ©s sur la voix off, selon le story board fourni : lien vers la vidĂ©o
Â
â Fiche : Chercher des images libres de droits
â Fiche : Chercher sur Internet
â Fiche : Conception des arnaques
â Fiche : Storyboard vidĂ©o dinosaures
â Production : Diaporama (vu dans la vidĂ©o finale)
Notre vidéo complotiste est aboutie et valorisée par sa parution sur le site académique.
Il est prĂ©vu dâexploiter ce travail lors de la semaine de la presse avec les classes de TroisiĂšme du collĂšge.
Présentation pour les classes :
https://view.genial.ly/5e2c756a6bbd27220c2f9a8d/presentation-theorie-du-complot
Auteur : Géraldine Mocquais
Outils et matériel nomade utilisés :
– Ordinateurs du collĂšge : travail de recherche, travail sur la plateforme pix
Apports de lâoutil : compatibilitĂ© des formats, interoperabilitĂ©
– Tablette Ipad : utilisĂ©e essentiellement pour la production de trucages et du diaporama
Apports de lâoutil : facilitĂ© de la prise en main, rapiditĂ© des rĂ©sultats
– Outils pour communiquer, Ă©changer, collaborer :
Mails de lâENT
Outils pour produire :
Micro Zoom H1 : enregistrement des voix
Montage vidéo
Compétences travaillées
Compétences CRCN
- Informations et données
1.1. Mener une recherche et une veille dâinformation
1.2. Gérer des données
- Communication et collaboration
2.1. Interagir
2.2. Partager et publier
2.3. Collaborer
- Création de contenu
3.1. Développer des documents textuels
3.2. Développer des documents multimédia
3.3. Adapter les documents à leur finalité
Compétences EMI
Domaine 1 : les langages pour penser et communiquer
- Comprendre, s’exprimer en utilisant la langue française Ă l’oral et Ă lâĂ©crit
Pour construire ou vérifier le sens de ce que vous lisez, combiner avec pertinence et de façon critique les informations explicites et implicites issues de votre lecture
- Comprendre, s’exprimer en utilisant les langages mathĂ©matiques, scientifiques et informatiques
Lire des plans, se repérer sur des cartes
Domaine 2 : les méthodes et outils pour apprendre
- Organisation du travail personnel
Savoir se constituer des outils personnels grĂące Ă des Ă©crits de travail, y compris numĂ©riques : notamment prise de notes, brouillons, fiches, lexiques, nomenclatures, cartes mentales, plans, croquis, dont vous pourrez vous servir pour s’entraĂźner, rĂ©viser, mĂ©moriser.
- MĂ©dias, dĂ©marches de recherche et de traitement de l’information
Comprendre les modes de production et le rĂŽle de l’image
Savoir utiliser de façon réfléchie des outils de recherche, notamment sur Internet
Apprendre à confronter différentes sources
Apprendre à évaluer la validité des contenus
Savoir traiter les informations collectées, les organiser, les mémoriser sous des formats appropriés et les mettre en forme
Mettre en relation les informations collectées pour construire vos connaissances
Apprendre Ă utiliser avec discernement les outils numĂ©riques de communication et d’information, en respectant les rĂšgles sociales de leur usage et toutes leurs potentialitĂ©s pour apprendre et travailler
AccĂ©der Ă un usage sĂ»r, lĂ©gal et Ă©thique pour produire, recevoir et diffuser de l’information
Identifier les différents médias (presse écrite, audiovisuelle et Web) et en connaßtre la nature
Comprendre les enjeux et le fonctionnement gĂ©nĂ©ral des mĂ©dias afin d’acquĂ©rir une distance critique et une autonomie suffisantes dans leur usage
- Outils numériques pour échanger et communiquer
Savoir mobiliser diffĂ©rents outils numĂ©riques pour crĂ©er des documents intĂ©grant divers mĂ©dias et les publier ou les transmettre, afin qu’ils soient consultables et utilisables par d’autres
Savoir rĂ©utiliser des productions collaboratives pour enrichir ses propres rĂ©alisations, dans le respect des rĂšgles du droit d’auteur
Domaine 3 : la formation de la personne et du citoyen
- Réflexion et discernement
Ătre attentif Ă la portĂ©e de ses paroles et Ă la responsabilitĂ© de ses actes
Fonder et dĂ©fendre ses jugements en s’appuyant sur sa rĂ©flexion et sur sa maĂźtrise de l’argumentation
VĂ©rifier la validitĂ© d’une information
Distinguer ce qui est objectif et ce qui est subjectif
Apprendre Ă justifier ses choix et Ă confronter ses propres jugements avec ceux des autres
Savoir remettre en cause ses jugements initiaux aprÚs un débat argumenté
Domaine 4 : les systĂšmes naturels et les systĂšmes techniques
- Démarches scientifiques
Savoir mener une dĂ©marche dâinvestigation (dĂ©crire et questionner ses observations)
PrĂ©lever, organiser et traiter l’information utile
Analyser, argumenter, mener diffĂ©rents types de raisonnements (par analogie, dĂ©duction logique…)
Rendre compte de sa démarche
Domaine 5 : les reprĂ©sentations du monde et l’activitĂ© humaine
- Invention, élaboration, production
Imaginer, concevoir et réaliser des productions de natures diverses, y compris littéraires et artistiques
Analyse réflexive sur la séquence
- Choix et lancement du projet
- La thĂ©matique du complot sâinscrit dans lâactualitĂ© mais Ă©galement dans le cadre de rĂ©fĂ©rence des Ă©lĂšves qui ont volontiers participĂ© aux Ă©changes avec des interventions riches et diversifiĂ©es.
- Lâamorce du projet avec les deux vidĂ©os a positivement interpellĂ© le groupe. Le rĂ©sultat attendu Ă©tait clair pour les Ă©lĂšves et lâaffiche des diffĂ©rentes Ă©tapes de rĂ©alisation bien structurĂ©e.
- Les interventions des deux enseignantes se sont articulées selon leurs domaines de compétences respectifs, sans scinder les discours mais dans une dynamique de complémentarité.
Pistes pĂ©dagogiques: la phase orale dâanalyse fait Ă©merger de nombreux dĂ©bats quâil faut canaliser pour rester dans lâactivitĂ©. En revanche, cette sĂ©ance est un bon levier pour amorcer un travail dans des disciplines associĂ©es comme les sciences.
2. Choix et écriture du scénario complotiste
- Cette Ă©tape est trĂšs dĂ©licate car elle engage lâensemble du groupe dans une voie commune et va cependant Ă©carter des pistes retenues par certains Ă©lĂšves. Lors de nos Ă©changes, deux complots pertinents ont Ă©mergĂ©. Nous avons fait lâerreur de demander Ă deux groupes de dĂ©velopper le scĂ©nario dĂ©fendant leurs thĂ©ories respectives, ce qui a reportĂ© le choix final. Cette Ă©tape a occasionnĂ© une perte de temps consĂ©quente et la frustration passagĂšre du groupe ayant investi le complot finalement Ă©cartĂ©.
- LâĂ©criture du complot devant ĂȘtre ensuite enregistrĂ©e, nous avons rappelĂ© au tableau les Ă©lĂ©ments Ă©voquĂ©s lors du visionnage des vidĂ©os afin de sâen inspirer. Nous aurions pu attribuer aux Ă©lĂšves des fiches individuelles synthĂ©tisant ces Ă©lĂ©ments afin de faciliter leur autonomie dans le travail. La critique et la validation par le groupe pour cette sĂ©ance comme pour chaque Ă©tape du projet est en revanche un excellent moyen de valoriser le travail et de limiter lâintervention du professeur.
3. Séances sur les compétences numériques
- Dâune façon gĂ©nĂ©rale, les sĂ©ances en informatique engagent positivement les Ă©lĂšves de classe relais qui associent davantage leurs difficultĂ©s au travail manuscrit et classique. Nous avons cependant observĂ© de grandes disparitĂ©s dans le groupe quant Ă la maĂźtrise de lâoutil informatique. Les compĂ©tences numĂ©riques abordĂ©es Ă©taient relatives au projet or, certaines dâentres elles, nĂ©cessitent dâavoir au prĂ©alable quelques notions de base que nous nâavions pas Ă©valuĂ©es. Il aurait Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable de vĂ©rifier en amont du projet certaines compĂ©tences comme la recherche sur internet avec le choix de mots clĂ©s, lâenvoi de fichiers attachĂ©s Ă un message Ă©lectronique, lâenregistrement de fichiers et leurs nominations pour un travail collaboratif efficaceâŠ
La trace écrite de ces procédures auraient permis également de gagner en autonomie lors des séances de recherche des ressources.
- Les Ă©lĂšves ont adhĂ©rĂ© au travail des compĂ©tences numĂ©riques car les questions Ă©taient claires et concrĂštes, lâĂ©valuation immĂ©diate et la correction accessible directement. Ces sĂ©ances se sont rĂ©vĂ©lĂ©es par ailleurs pertinentes pour le projet car les Ă©lĂšves ont rĂ©investi les acquis de ce travail.
4.Recherche et modifications des ressources
Câest lors de ces sĂ©ances que lâautonomie et la collaboration dans le groupe a Ă©tĂ© la plus satisfaisante. Nous pouvons attribuer cette rĂ©ussite Ă plusieurs facteurs:
- Choix libre des ressources Ă chercher / modifier, en adĂ©quation avec les compĂ©tences et intĂ©rĂȘts des Ă©lĂšves.
- Concordance des ressources avec les arguments dĂ©veloppĂ©s, lisibilitĂ© de lâobjectif des recherches.
- Visualisation de la progression collective par modification de la fiche commune de tùches sur laquelle les élÚves venaient surligner les parties terminées.
- Prise en considĂ©ration des choix personnels de lâĂ©lĂšve dans un cadre et selon des critĂšres de cohĂ©rence avec le texte associĂ© Ă lâimage.
- Autonomie partielle du groupe: câest un Ă©lĂšve qui, circulant parmi les groupes, rĂ©cupĂ©rait les ressources pour les intĂ©grer au diaporama. A cette occasion, il pouvait montrer lâavancement de la production collective ce qui entretenait la motivation du groupe.
La difficultĂ© majeure rencontrĂ©e durant ces sĂ©ances a Ă©tĂ© lâattente de certains Ă©lĂšves pour la validation par lâadulte ou pour obtenir de lâaide. Ce temps perdu, et particuliĂšrement en classe relais, peut engendrer une baisse de lâattention, des interactions entre les Ă©lĂšves avec parfois un dĂ©crochage de lâactivitĂ©. Par ailleurs, les Ă©lĂšves trĂšs en difficultĂ© sur lâinformatique avaient tendance Ă monopoliser les adultes sans oser prendre dâinitiatives.
Pour ces sĂ©ances, nous pourrions envisager une feuille de route personnelle plus dĂ©taillĂ©e, penser au prĂ©alable aux contraintes pour chaque ressource Ă chercher, peut ĂȘtre Ă©laborer avec le groupe des schĂ©mas explicitant le plan de lâimage, le fondâŠ
DĂ©finir Ă©galement quelques termes spĂ©cifiques du champ lexical de lâimage pourrait permettre une meilleure prĂ©paration et donc davantage dâautonomie dans les recherches.
5. Enregistrement du discours
Lors de cette Ă©tape, nous avons fragmentĂ© le texte: introduction, chaque argument et la conclusion. Nous avons choisi dâencourager les Ă©lĂšves Ă sĂ©lectionner la partie quâils dĂ©siraient oraliser, sans les contraindre. Finalement, la plupart dâentre eux a participĂ© Ă cet enregistrement.
Le travail en binĂŽme a bien fonctionnĂ©, un Ă©lĂšve sâentraĂźnant au prĂ©alable Ă la lecture du texte, son partenaire Ă lâĂ©coute pour lâaider Ă ajuster ensuite son dĂ©bit et sa diction.
Pour certains, cet enregistrement nâa pas Ă©tĂ© simple; apprĂ©hension de sâexposer et dâĂȘtre Ă©coutĂ©, Ă©locution parfois difficile et tendance Ă vouloir terminer trop vite, recherche de lâintonation juste (adĂ©quation forme / fond)…
La prĂ©sence de plusieurs adultes a permis dâisoler ces binĂŽmes du groupe durant lâentraĂźnement et lâenregistrement
6) Finalisation du montage
Lâintervention de Roxane Obadia Ă la fin du projet pour aider les Ă©lĂšves Ă finaliser la vidĂ©o leur a permis de revenir sur leur dĂ©marche : ils ont du expliquer les objectifs de travail, argumenter sur les choix rĂ©alisĂ©s et dĂ©tailler les ressources collectĂ©es. Câest un temps de parole collectif et rĂ©flexif intĂ©ressant pour vĂ©rifier lâimplication de lâensemble des Ă©lĂšves et leur bonne comprĂ©hension de la finalitĂ© du projet.
Pour autant, certains des choix techniques envisagĂ©s par les Ă©lĂšves nâĂ©taient pas rĂ©alistes, et il a fallu modifier lĂ©gĂšrement le scĂ©nario initial.
Une intervention du CLEMI plus en amont dans le projet, permettant de dĂ©limiter les contours de ce qui est rĂ©alisable techniquement avec le matĂ©riel des Ă©lĂšves, aurait Ă©vitĂ© ces modifications. Cela aurait permit Ă©galement dâenvisager de concert le fond et la forme de la thĂ©orie du complot et les aspects techniques de la rĂ©alisation dâune vidĂ©o qui impacte forcĂ©ment le discours. Malheureusement, lâorganisation mĂȘme dâune classe relais rend difficile la multiplication des interventions extĂ©rieures.
Conclusion
La contrainte de temps (6 semaines) ne nous a pas permis de rĂ©aliser le projet tel que nous le concevions Ă lâorigine.
La vidĂ©o devait ĂȘtre composĂ©e de deux parties: le complot puis le rĂ©tablissement de la vĂ©ritĂ©. Nous nâavons pu rĂ©aliser que la premiĂšre, le rythme de travail des Ă©lĂšves de classe relais fluctuant dâune sĂ©ance Ă lâautre et certaines tĂąches ayant Ă©tĂ© sous-Ă©valuĂ©es.
Roxane Obadia a tout de mĂȘme pu rĂ©cupĂ©rer la production des Ă©lĂšves et effectuer le montage vidĂ©o en y ajoutant des Ă©lĂ©ments graphiques et audios.
Pour autant, la vidĂ©o finale est reprĂ©sentative du travail du groupe et lâobjectif de crĂ©ation dâun complot atteint. La forme correspond aux critĂšres de crĂ©dibilitĂ© avec bien sĂ»r une rĂ©alisation correspondant au travail de collĂ©giens.
Le visionnage de la vidéo finale par le groupe a été appréciée et chacun a pu reconnaßtre le résultat de son travail.
Nous retiendrons pour un Ă©ventuel projet similaire lâimportance de disposer dâun temps suffisant et dâanticiper dâĂ©ventuels ralentissements, quâil sâagisse de la dynamique de groupe ou de difficultĂ©s techniques.
Tout projet en classe relais nĂ©cessite de revenir sur les sĂ©ances prĂ©cĂ©dentes, de rappeler et clarifier rĂ©guliĂšrement les objectifs. Ce temps nâa pas toujours Ă©tĂ© suffisant pour certains.
La prĂ©paration des supports, les traces Ă©crites et lâimportance dâun affichage permanent permettant de nous situer dans le projet doit ĂȘtre particuliĂšrement riche pour le bon dĂ©roulement des sĂ©ances et lâautonomie des Ă©lĂšves.
Tout au long des semaines, le groupe a adhéré au projet. Il y a cependant eu quelques perturbations en fin de session mais qui relevaient davantage des problématiques personnelles des élÚves que du travail proposé.
Il reste à noter que le complot imaginé et les arguments avancés ont été tellement convaincants que certains élÚves finissaient par le trouver réellement défendable.
LâĂ©valuation des Ă©lĂšves nâa pu ĂȘtre faite que sur la base des compĂ©tences, la classe relais ne proposant pas de notation en raison des objectifs du dispositif. La production finale est par ailleurs en soi une Ă©valuation positive mais globale du travail collectif.
Lors de la premiĂšre sĂ©ance sur les vidĂ©os complotistes, nous avions Ă©voquĂ© les techniques de persuasions et les biais cognitifs nous incitant Ă croire une thĂ©orie complotiste. A lâissue de la session, nous avons pu constater que le groupe Ă©tait capable de restituer ces Ă©lĂ©ments ainsi que les moyens de vĂ©rifier une information.
Ce travail pourrait ĂȘtre reconduit mais sur une session plus longue. Nous avions pour idĂ©e Ă©galement dâassocier la rĂ©alisation de cette vidĂ©o Ă la crĂ©ation dâun « escape game » visant Ă dĂ©manteler le complot. Ce projet pourrait ĂȘtre menĂ© Ă condition dây consacrer deux sessions.