Généralités sur le dispositif TraAM
 
Sous l'égide de la DNE A2 ( Direction du Numérique pour l'Education ), le dispositif TraAM permet de mettre en valeur et augmente la visibilité des projets innovants en documentation menés par les académies. Il permet également aux académies de constituer ou de continuer à faire fonctionner des groupes de travail, de développer des échanges inter -académiques et/ou avec des partenaires extérieurs à l'Éducation nationale.
 
Un appel à proposition autour de grands thèmes est envoyé aux académies. Ces dernières proposent la participation d'équipes disciplinaires ou pluridisciplinaires sur ces différents thèmes.

Le regroupement des équipes de différentes académies autour d'un même thème permet de réaliser une mutualisation inter -académiques de la réflexion et des pratiques.
Un certain nombre de ces actions impliquent des documentalistes et les CDI. Les académies de doivent de produire un document de synthèse comprenant la présentation du projet, les objectifs, la mise en oeuvre, les outils utilisés, l'évaluation, les difficultés rencontrées,  les plus -values élèves, les plus -values enseignantes, les perspectives.
 
 Mutualiser la réflexion et les pratiques
Les actions mutualisées, pilotées par le bureau des usages et des services numériques de la sous direction des technologies de l'information et de la communication s'inscrivent dans le cadre du développement des usages des TICE et de leur généralisation dans les disciplines.
 

Bilan Traam

Groupe « Laurent Dulout – Ludovic Gavignet - Céline Lambert »

Notre groupe est constitué de 3 professeurs documentalistes :

  • Laurent Dulout, lycée professionnel Claret à Toulon (Académie de Nice)
  • Ludovic Gavignet, collège Jules verne à Vittel (Académie de Nancy Metz)
  • Céline Lambert, lycée général et technologique Dumont d’Urville à Toulon (Académie de Nice)

Le thème des TraAm de cette année “ Repenser les espaces existants du CDI pour améliorer le climat scolaire ” a fait converger notre travail autour des axes suivants :

  • Favoriser le développement multimodal des lieux en caractérisant leurs spécificités, leurs complémentarité et leurs interactions
  • Développer l’interaction physique et virtuelle entre les différents lieux ressources de l’établissement

Nous avons dans un premier temps dressé un tableau collaboratif listant :

Espaces et lieux de ressources

    • Etat des lieux,
    • Carences observées
    • Modes de fonctionnement
    • Modes non utilisés : communication via les réseaux sociaux, réflexion sur la complémentarité des supports
    • Complémentarité des usages

Communication :

    • Outils physiques existants
    • Outils numériques
    • Complémentarité des usages
    • Outils et ressources à développer

Projets :

    • Nature du projet : actions initiées  au CDI, collaborations internes, partenariats extérieurs
    • Type de mission définie dans  la circulaire de mission des professeurs documentalistes n° 2017-051 du 28-3-2017  : pédagogie de la recherche informationnelle, parcours EMI,  EAC, EMC, communication, politique documentaire
    • Espaces et temps privilégiés
    • Descriptif  : objectifs, moyens, personnes relais
    • Etat de réalisation :  mise en oeuvre, régulation en cours de projet
    • Type de communication choisie : communication en amont, information-interaction, valorisation a posteriori
    • Bilan et feedback

Cet outil nous a servi de base de travail au sein de nos établissement respectifs et nous a conduit à la réalisation d’un Genial.ly, afin de mettre en valeur de manière visuelle les points communs et différences des projets en démarche « Design Thinking ».

Pour plus de cohérence, le Genial.ly du groupe se base sur le modèle produit collégialement par les membres du groupe TraAm de Nancy-Metz, qui lui s’attache à présenter la démarche et chaque projet développé dans cette académie.

Ce travail collégial interacadémique et intraacadémique permet ainsi d’identifier les invariants à tout projet s’inscrivant dans une démarche de design thinking.

A chaque étape de la démarche listée ci-dessous nous avons chacun décrit la situation au sein de notre établissement, puis analysé les éléments communs invariants et les éléments de variables.

Nous vous présentons les éléments repérés comme invariants qui peuvent servir d’indicateur pour construire une démarche analogue. La question des éléments variants sera traitée dans les compte-rendus d'expérimentation de chacun.

Etape 1 : Situation Initiale

- Volonté partagée d’améliorer l'interactivité du CDI et des différents lieux de l’établissement avec les usagers en travaillant sur la spécificité et la complémentarité des espaces

Etape 2 : Besoins et envies

- Observation et caractérisation des besoins  des divers usagers et recueillir leurs envies.
- Concertation avec les enseignants et la hiérarchie pour l'analyse des modalités de fonctionnement actuelles et les évolutions à envisager.

Etape 3 : Objectifs

- Objectifs définis en fonction du cadre local, des spécificités des lieux et de la politique de l’établissement

Etape 4 : Contraintes

- Contraintes administratives : convaincre les  usagers et l'équipe éducative de la pertinence des aménagements

- Contraintes financières : avoir un projet réaliste financièrement

- Contraintes humaines : impliquer autant que faire se peut les usagers et l’équipe dans le projet

→ Inscrire le projet dans la politique documentaire de l'établissement

Etape 5 : Pistes concrètes

- Aménagement des espaces selon les besoins des usagers en ré-affectant des biens disponibles.
- Obtenir le soutien et une aide de la hiérarchie et des collègues dans ces projets d'aménagements

Etape 6 : Visualisation

- Espaces figés (réseau informatique, fonds documentaire, banque de prêt)

- Suivi de l’évolution physique des lieux : prise de photos / vidéos pour visualiser les différents modes d'aménagement successifs
- Parvenir à anticiper l'aménagement des espaces pour la rentrée prochaine, et la complémentarité entre ces espaces

Etape 7 : Choix et installation du matériel

  • Etablir un choix cohérent en fonction des objectifs et du budget
  • Valorisation numérique des projets
  • Mise en place d'un média dans l'établissement

Etape 8 : Feed-Back, synthèse et prolongements

  • Volonté de poursuivre le projet d'aménagement et de complémentarité des espaces en fonction des besoins des usagers
  • Poursuite le travail de concertation et de persuasion auprès des différents interlocuteurs impliqués
  • Besoin de trouver des partenaires et acteurs pour  continuer la mise en œuvre du projet.

La production finale du groupe :

 https://view.genial.ly/5ac467d45af72b4376f2ce1d/traam-documentation-2017-2018-gavignet-dulout-lambert

Conclusion :

Cette démarche de projet nous a paru, à tous, devoir être menée sur un temps long de manière à faire mûrir les projets.

Les outils collaboratifs de travail et les échanges réguliers au sein du groupe interacadémique nous ont permis  :

  • de mieux  cerner les objectifs, les freins, les stratégies à mettre en oeuvre, les personnes et ressources à mobiliser
  • de comprendre  la nécessité de planifier modestement les futures étapes

Nous retenons en particulier l'importance :

  • de travailler en complémentarité avec les autres membres de la communauté éducative
  • d’encourager la participation des élèves dans les choix à faire afin d’améliorer le climat scolaire, tant en terme de réalisation que de communication

 

Ressources:

Article : Déambulations et itinéraires pédagogiques

“Regards croisés, migrations plurielles”

Thème TraAm 2017-2018 : Améliorer le climat scolaire

Comment repenser l’espace existant du CDI pour répondre aux besoins et aux pratiques plurielles des usagers élèves, professeurs, personnels ?

Comment participer à la création d'un lien fort d'appartenance au sein de l'établissement autour de l'idée de l'engagement, impulsion proposée par la direction ?

Telles sont les problématiques posées au sein de l’établissement et du CDI du lycée Dumont d’Urville en cette année 2017-2018.

Le projet “Regards croisés, migrations plurielles est un des nombreux projets menés dans cet établissement au CDI ou par d’autres membres de la communauté éducative.

Un CDI multimodal

Introduction

Le projet pluridisciplinaire initial repose sur  un INES et un APAC (dispositifs d'aide aux projets) construits avec une professeure d’arts visuels et plastiques, un professeur de lettres et une professeure d’histoire-géographie à destination de la classe de 2de, option arts visuels. Le thème des migrations a permis de réunir l’équipe autour d'une idée : éduquer au regard et à la pensée plurielle - en étudiant un phénomène de société contemporain aux prismes des multiples regards disciplinaires.

Entrer dans une analyse des espaces n’était pas le coeur du projet, mais de fait, au cours de l’année, il est apparu qu’il pouvait entrer dans la problématique des TraAm.

Ce projet annuel conçoit l’espace info documentaire à la fois comme :

  • une source d'ancrage pour l’élève au sein de l’espace du lycée
  • un espace d’ouverture, donc d’itinéraires de découverte vers des ailleurs plus ou moins éloignés spatialement et culturellement.

Cet article ne présente donc pas un projet d’aménagement de l’espace du CDI au sens strict mais une analyse :

  • des modalités spatiales qu’il a permis d’expérimenter : formes de déplacements culturels, patrimoniaux, physiques.
  • des propositions pédagogiques itinérantes et info-documentaires qui ont pu créer du sens pour les apprentissages des élèves.

Carte heuristique du projet

Au cours de ce projet  la notion d’espace est appréhendée selon plusieurs logiques :

  • une approche sémantique et citoyenne de par le thème abordé “Migrations”. Celui-ci mène, par définition, une réflexion pluridisciplinaire sur les espaces, les routes et liens qui peuvent se tisser entre les espaces géographiques.
  • une approche info-documentaire par la découverte d’espaces numériques de ressources et de méthodologies de recherche informationnelles.
  • une approche pratique et physique par les déplacements, la découverte de lieux patrimoniaux et culturels. Ici on déplace les élèves, et les compétences sur les sites à étudier.
  • une approche humaine dans les espaces et temps de rencontre qui ont été proposés aux élèves tout au long de l’année.
  • une approche nomade au sein de l’établissement, le projet ayant occupé divers salles ou lieux du lycée au cours de l’année que les élèves de 2de ont pu s'approprier.
  • cette appropriation des espaces éducatifs est appuyée par le forum de l’engagement construit sur 2 principes : un parcours éducatif avec des thématiques choisies parmi un panel “imposé” et un temps de déambulation et découverte personnalisée entre les divers stands présents le jour dit. Cette journée a été créée par notre proviseure adjointe depuis 2 ans afin de rassembler les élèves et équipes, de créer du lien au sein de l’établissement en rendant visibles projets menés par tous.

Chronologie et géographie du projet

Trimestre 1 : définir, découvrir des migrations actuelles et anciennes

Nuage de mots clés réalisé avec Wordart lors de la séance de scénarisation de l’exposition. Les élèves ont donné les mots clés et nous avons avec un collègue de lettres réalisé l’affiche.

  • approche humaine et citoyenne :
    • qui est l’autre ? imaginer  et réaliser un autoportrait de l’autre qui est en nous. Ces productions alimenteront l'espace d’exposition “autoportraits étranges”.
    • rencontre avec Franck Pourcel et son travail sur les trajectoires  et constellations méditerranéennes.
    • approche info-documentaire :
        • découverte des expositions virtuelles de la BNF” cartes et globes” et édugéo, cartes IGN.
        • approches des représentations de l’espace au fil des temps et des cultures.
        • sélection dans les ressources d’éléments permettant d’imaginer des routes de héros imaginaires.
        • sélection d’ images médiévales, antiques pour illustrer les cartes et créer “les constellations chimériques”. Travail réalisé en rappelant les règles relatives au droit d’auteur.
    • approche patrimoniale et culturelle :
        • découverte du musée de la marine et de l’oeuvre de Chanouga
        • visite FRAC, MUCEM
    • approche nomade au sein du lycée : CDI, salle info, salle de conférence, salle d’arts visuels

    Trimestre 2 : Construire un regard personnel et une pensée référencée sur la thématique

    • approche humaine et citoyenne :
        • réalisation d’affiches avec l’association “SOS Méditerranée”
        • rencontre avec les animateurs d’Ersilia (plateforme pédagogique numérique du BAL, centre de culture et d’exposition d’art contemporain à Paris).
        • questionnement autour de l’adaptation des espèces, des stratégies de survie des plantes dans un environnement nouveau lors de la sortie au jardin planétaire du Rayol Canadel.
        • liens tissés avec les équipes et les élèves au travers des déambulations. Des retours cavaliers parfois mais sincères témoignant d’un lien et d’une confiance créée ne serait-ce que le temps d’une journée “madame je vous aide à porter la classe mobile” (laquelle est assez lourde et le dénivelé important pour des adolescents, au moins 200m d’escaliers !).
    • approche info-documentaire :
        • découverte d’une plateforme numérique Ersilia et construire un parcours personnalisé, construit et sensé d’EAC sur thématiques liées aux espaces (Là-haut, Déplacement, Habitats, Frontières)
        • découverte, recherche et sélection d’informations (photographies) sur un site naturel : un jardin planétaire, le Rayol Canadel pour construire une production numérique retraçant l’histoire imaginaire d’une plante.
        • découverte des espaces naturels protégés, entretenus et valorisés, qui constituent pour les élèves autant de "documents primaires" ?
    • approche patrimoniale et citoyenne :
        • rencontre avec des lieux, “c’est trop beau, j’ai jamais vu ça”. Le respect du patrimoine commence par sa connaissance, par l’émerveillement qu’il crée.
        • rencontre avec des métiers : jardiniers experts des espèces migrantes, artiste, conservateur du littoral.
        • découverte des politiques d’aménagement des espaces, des volontés personnelles et des politiques de protection du littoral.
    • approche nomade : 
          • CDI hors les murs, classe mobile permettant de travailler sur le site.
          • apprentissages numériques hors les murs avec les tablettes.
          • élèves hors les murs “ m’dame c’était trop bien, la meilleure journée de l’année”
          • artiste présent avec les élèves lors de la sortie, forme d'accréditation de l’intérêt artistique. Son accompagnement a été un des éléments moteur de la réussite du projet. Un artiste investi, capable de transmettre, d’échanger et de s’enrichir lui aussi de l'expérience avec les élèves.

      Trimestre 3 : Proposer collectivement et individuellement une approche artistique du thème

      • approche patrimoniale et citoyenne :
            • réalisation d’une exposition pour le forum de l’engagement en partenariat avec les classes de 1eres et Tales option arts visuels
            • répartition des tâches pour concrétiser un projet commun de classe
      • approche info-documentaire et plastiques réalisées au cours d’une séance pédagogique commune à courir entre CDI et lieu d’exposition :
            • finalisation des productions
            • scénarisation de l’exposition en salle informatique et salle de réunion au CDI
            • travail de mise en place dans le "hall du provisorat" : affiches de médiation des espaces de l’exposition, espace autoportraits étranges, espace affiches méditerranée, espace constellations chimériques, espace trajectoires végétales
            • restitution des productions pour un public
            • capacité à échanger oralement et expliquer le projet (les élèves ont tourné toutes les 1/2h pour présenter le travail aux visiteurs lors du forum)
      • approche nomade :
          • appropriation du "hall du provisorat", espace excentré et qui méritait d’être lié au pédagogique, puisse qu’il en est le soutien humain, éducatif, financier, pédagogique, administratif et spatial
          • projet pluridisciplinaire avec les projets du CDI externalisés, visibles et valorisés
      • approche humaine et fédératrice
        • inauguration de l’exposition dans le "hall du provisorat" avec les 3 niveaux d’arts visuels réunis dans un même espace. Les travaux sur les “Migrations” des 1ères arts visuels  et ceux sur les “Déambulations  toulonnaises” des Terminales sont visibles dans un même lieu d’exposition.
        • discours de remerciement et valorisation des 3 membres de la direction : reconnaissance au sein de l’établissement (octroi du "hall du provisorat", visite de l’IR, inauguration avec les 3 classes, discours du proviseur…)
        • présence de l’artiste Franck Pourcel qui a plus que contribué à la réussite du projet par son naturel, sa patience et sa pédagogie, sa curiosité et son talent
        • ce temps et cet espace de visibilité ont permis aux élèves de prendre conscience du sens de l’itinéraire éducatif construit sur l’année
        • citation du 1er prix du marathon photographique depuis 2 ans : “madame merci nous est on est des cas soc, des artistes”. Le proviseur a pris le temps et la parole pour exprimer son respect pour le travail et le “talent” de ces élèves. Il a dit n’être pas porté sur l’art mais être ravi de voir ce que les projets soutenus permettaient à nos élèves de révéler.

      L’espace du CDI ou les espaces du CDI ne sont pas ceux qui existent dessinés, figés sur les plans.

      Ce sont les projets, l’imaginaire, les opportunités, le dépassement de la bulle spatiale quotidienne de vie, l’ouverture vers les autres et les ailleurs que nous parvenons à mettre à disposition des usagers qui font force de construction citoyenne et culturelle. Ce sont surtout les capacités des élèves à s'approprier un espace de ressources, d’échanges, de rencontres, un site, qui témoignent de l'intérêt d’un projet de ce type.

      Productions :

      Autoportraits étranges

      Trajectoires végétales

      Affiches

      Constellations chimériques

      Travaux des 1ères

      Travaux plastiques 1ères




      Déambulations toulonnaises


      Conclusion :

      Ce projet multiscalaire a permis de :

      - donner du sens aux apprentissages disciplinaires et transversaux

      - favoriser le développement de l’estime de soi par une réalisation commune finale, point d’orgue du chemin éducatif parcouru par la classe toute l’année

      - valoriser des élèves étiquetés ”artistes” au sein de l’établissement

      - participer à la création d’un lien et d'une culture commune au sein de la classe et des sections d’arts visuels

      - montrer qu’au-delà des espaces, le temps personnellement accordé par les professeurs documentalistes et les autres membres de la communauté éducative, la disponibilité, la convivialité aussi sont des données précieuses et fondamentales pour répondre aux besoins des usagers et contribuer au renforcement d’un bien-être au lycée.

      Carte mentale du projet :

      carte heuristique du projet

      Les productions des élèves

       

       

      Dans le cadre des travaux académiques mutualisés 2017-2018 sur la thématique Repenser l’espace existant du C.D.I pour répondre aux besoins des usagers, une réflexion et une dynamique ont été amorcées dans plusieurs CDI autour de la question de la forme scolaire. Les académies de Guyane (Perrine Chambaud), Nancy-Metz (Laureline Lemoine) et Nice (Caroline Soubic, Armelle Cendo, Nora Nagi-Amelin, Roxane Obadia, Didier Mouren (Canopé)) se sont associées pour mener à bien un projet collectif.

      I/ Une expérience, un constat :

      Le projet Lire délivre est né d'une réflexion que je mène depuis plusieurs années sur le pouvoir réparateur de la fiction. Cette réflexion est le fruit d'une observation et d'un ressenti à partir de mon expérience de lectrice. De plus, l’essai de Marc-Alain Ouaknin Bibliothérapie. Lire, c'est guérir, Le Seuil, 1994 et L’art de lire ou comment résister à l’adversité de Michel Petit, Belin, 2016 m'ont permis de mieux comprendre ce qui était à l'oeuvre dans le pouvoir thérapeutique de la lecture de romans.

      La découverte du livre de Régine Detambel  Les livres prennent soin de nous , Actes Sud, 2015 et l'implication de l'auteure, qui est aussi kinésithérapeute, dans la formation en bibliothérapie à destination des soignants, des professionnels du livre et des enseignants m'ont convaincue d'imaginer un dispositif à l'attention des élèves de collèges et de lycées. À ceci s'est ajouté la lecture d'un article dans la revue Inter CDI d'Aurélie Louvel, élève de Régine Détambel et à l'origine d'un site internet Bibliothérapie jeunesse https://bibliotherapie76.wixsite.com/blog qui a donné une légitimité à ma démarche. 

      Au fil de ma réflexion et de mes lectures puisées dans la littérature adulte, je me suis rendu compte combien ces dernières années, la société interroge et utilise consciemment l'apport de la fiction pour comprendre le monde, ses contradictions et ses tensions. De plus, les auteurs contemporains eux-mêmes construisent des fictions destinées à « réparer le monde » (du livre éponyme d'Alexandre Geffen paru en 2017 aux éditions José Corti).

      Quand j’analyse mes dernières lectures, je me rends compte combien les romans m'ont permis d'accéder à des problématiques contemporaines.

      Aujourd’hui, la fiction n'est pas seulement une façon d'expliquer le monde, de mettre des mots sur les événements et les sentiments comme c'est le cas en littérature. Elle nous permet aussi d’aller à contre-courant de la vitesse. Elle représente, par le temps nécessaire à sa lecture linéaire et à l’introspection qui en résulte, une alternative au zapping numérique et à ses avatars de l'extime (Facebook, Snapchat, Instagram…) censés produire et relayer des récits de soi, des fictions de soi qui envahissent la sphère numérique mais font rarement œuvre littéraire.

      II/ Lire délivre : un dispositif bibliothérapeutique en faveur des collégiens

      Pourquoi ne pas faire profiter les adolescents de l’aspect réparateur de la lecture ? Pourquoi ne pas puiser pour eux dans la littérature jeunesse des romans qui expliquent le monde, ses tensions, ses contradictions ?

      Définition de la Bibliothérapie :

      "Biblio" comme livre, "thérapie" comme soin quand on considère que la lecture permet de restaurer un espace à soi, nécessaire à la compréhension de soi-même et des autres. Quand on parle de bibliothérapie on entend le pouvoir bénéfique de la lecture dans la mesure où les mots écrits permettent d'accéder au registre symbolique, à la métaphore et ainsi aux questionnements d'affleurer.

      Problématiques :

      Comment mettre la fiction au service du bien-être dans un établissement scolaire ?

      Comment mettre en scène une sélection de romans de façon à la rendre la plus attractive possible ?

      Comment susciter chez les élèves le désir de lecture ?

      Comment aménager un espace dédié à la lecture et au bien-être ?

      III/ Les étapes du projet :

      1/ Établir un "diagnostic" des problèmes rencontrés par les élèves dans l’établissement. Une première expérimentation réalisée il y a 2 ans m'a encouragée à intégrer tous les acteurs du collège dans cette aventure pour une meilleure efficacité, une meilleure synergie : CPE, infirmière, professeurs principaux, principal, principal adjoint. Chacun détient une pièce du puzzle, c'est-à-dire des informations sur les difficultés rencontrées par les élèves qu'elles soient d'ordre scolaires, familiales, sociales ou liées à la santé. J'évite de passer à côté d'informations importantes et je peux ainsi compléter ma sélection.

      Les élèves sont impliqués dans la sélection par la mise en place d'une boîte intitulée "choisis les thèmes de tes romans" à travers laquelle les élèves font des suggestions en fonction de leurs questionnements. Il est évident que nous nous concentrons sur des problèmes/malaises de faible gravité, les problèmes graves n'étant pas de mon ressort. Il s'agit "d'accompagner" l'élève dans une démarche de mieux être, de meilleure compréhension de lui-même ou des événements, grâce à une lecture, pas d'apporter une solution.  

       

      2/Mise en espace de la sélection « Lire délivre » : Il s'agit de construire un assortiment de romans  dans un espace dédié "Lire délivre" qui sera le reflet des besoins des élèves. J'aménage un espace de lecture privilégié au CDI avec des fauteuils confortables qui invitent à s'arrêter et je présente les romans sous la forme d'un panneau attractif "des livres qui font du bien quand..." 

      Les livres sont glissés dans des sacs de couleurs vives sur lesquels sont inscrits des thèmes d'ado « le collège quelle galère » « je me dispute avec ma soeur » « aller vers ceux qui sont différents » « mal fringué(e) ? » « mes parents sont séparés », « tomber amoureux » « accros aux écrans ? » Chaque sac contient plusieurs livres d'épaisseurs différentes afin de ne décourager aucun lecteur.

      3/ Construire un assortiment adapté

      Il n'y a pas de livres qui seraient bibliothérapeutiques et d'autres non mais pour construire ma sélection, je suis allée chercher chez les éditeurs jeunesse des textes littéraires contemporains susceptibles de répondre à la fois à des exigences littéraires et thématiques.

      La collection Petite poche chez Thierry Magnier présente un double avantage : des textes littéraires très efficaces qui abordent tous les sujets sans concessions, graves et légers (la mort, l'homoparentalité, le handicap, l'amour, l'amitié) et leur format, très court, qui permet à l'élève de lire un roman en 20 minutes et de ne pas être freiné par la taille du livre. Il en retire donc une double satisfaction : le sentiment de fierté d'avoir lu un roman et le plaisir retiré de la lecture car tous ces textes font mouche.

      Je fais aussi confiance aux textes publiés à l'école des loisirs (collection médium 12-14 ans). Le catalogue est composé d'auteurs fidèles à la maison (cette confiance, pour moi, c'est un gage de qualité), qui écrivent, essentiellement en langue française -le catalogue contient peu de traductions- à la fois pour les adultes et la jeunesse (Marilyn Desbiolles, Arnaud Catherine, Christophe Honoré, Agnès Desharte), avec le souci de questionner le monde contemporain.

      Ma sélection n’écarte à priori aucun genre littéraire. On peut trouver dans les sacs aussi bien de la science-fiction, du polar, de la romance que du roman historique ou du thriller. Cependant je n'intègre pas à cette sélection les « best-sellers » de la jeunesse que les ados se conseillent entre eux car je considère qu'ils n'ont pas besoin d'être « accompagnés » vers ces lectures et que mon rôle est de les guider vers des textes moins connus.

       

      4/ Un temps dédié à la médiation culturelle

      Les élèves accèdent à la sélection de plusieurs manières : lors de temps libre au CDI, sur la base du volontariat lorsqu'ils viennent de la permanence pour un temps dédié à la lecture, ou bien, en demi-groupe lors d'une heure d'AP.

      Nous nous asseyons dans cet espace et je commence par leur faire la lecture à haute voix. Je choisis un livre dans un sac, et je lis une histoire en entier, soit 25 minutes de lecture. C'est un moment de partage très important pour nous tous. De la sixième à la troisième, tous sont attentifs et respectueux de ce cadeau qui leur est fait. À cet instant tous sont égaux car ils peuvent accéder au texte, plus de problèmes de lecture et de déchiffrage, seulement le plaisir de la lecture. Il nous arrive de parler ensemble de l'histoire après la lecture, puis les élèves sont invités à découvrir la sélection.

      Les élèves postent leur avis de lecteur sur le portail documentaire e-sidoc.

       

      5/ Vers la créativité : une production qui peut prendre plusieurs formes

      Il faut donner la possibilité aux élèves de produire à leur tour un texte qui serait le reflet de leur expérience de lecteur et qui leur permettra de s’exprimer. Cet atelier d’écriture peut prendre plusieurs formes : s’organiser sur la base du volontariat ou bien être intégré à un projet classe.

       

      Il me semble nécessaire de faire appel à un intervenant extérieur qui maîtrise l’art de mener un atelier d’écriture car de nombreuses choses peuvent affleurer à ce moment là. Il est important de se concentrer sur l’acte d’écrire et de considérer le projet littéraire de l’élève afin de l’aider à donner un cadre à ses émotions au lieu de le laisser être débordé par elles. Je conseille d’ailleurs de construire l’atelier d’écriture autour d’un thème générique, commun à tous les participants, comme « l’attente » ou « la joie ».

      Les productions seront valorisées sur le portail e-sidoc et le site de l’établissement.

      Même si nous utilisons le terme de bibliothérapie, nous ne sommes pas des soignants mais des accompagnants.

       

      6/ Qui a peur de la bibliothérapie ?

      La mise en place d’un projet de ce type dans un établissement peut rencontrer de nombreux freins, des bloquages, car le terme peut faire peur. Il est vrai que le soin est à priori éloigné de nos missions qui sont d’ordre pédagogiques, raison pour laquelle le futur « bibliothérapeute » doit avoir de solides références théoriques pour être à même de rassurer sur le sens de la démarche.

      Une bibliographie enrichie est en cours de rédaction/création par Didier Mouren (Atelier Canopé 83) et Roxane Obadia (83). En attendant, une sélection thématique est disponible sous forme de Padlet Lire Délivre.


      Des émissions ont été réalisées par Roxane Obadia pour Cap Radio :

       

      Avec les documentalistes du bassin de Hyeres : Faut-il avoir peur de la bibliothérapie ?

       

      Avec Marie Valet et les professeurs documentalistes titulaires 3e année en stage : La forme scolaire

      Lire délivre en ligne en collaboration avec Nora Nagi-Amelin :

       

      Padlet Lire délivre : des livres qui prennent soin des collégiens 

       

      Ecricarte réalisée par Caroline Soubic lors du colloque Ecritech 9

       Ecricarte Lire délivre 

       

      Ludovia magazine, Lire délivre : la bibliothérapie au service du bien être, Armelle Cendo, Nora Nagi-Amelin Lire délivre Ludovia

       

      Références :

       Les livres prennent soin de nous, pour une bibliothérapie créative, Régine Detambel Actes Sud

       Réparer le monde, la littérature française face au XXI siècle, Alexandre Gefen, Éditions José Corti 

      L’enfant et la peur d’apprendre et Ces enfants empêchés de penser, Serge Boimard, Dunod.

      Bibliothérapie. Lire, c'est guérir, Marc-Alain Ouaknin, Le Seuil. L’art de lire ou comment résister à l’adversité, Michel Petit, Belin

      https://bibliotherapie76.wixsite.com/blog et La bibliothérapie, quelles actions possibles au CDI ? Revue InterCDI 260, Aurélie Louvel

       

      Armelle Cendo

       

       

      Dans le cadre des TraAm de cette année, qui ont pour thème “ Repenser les espaces existants du CDI pour améliorer le climat scolaire ”, nous avons travaillé en groupe sur les axes suivants :
      • Favoriser le développement multimodal des lieux en caractérisant leurs spécificités, leur complémentarité et leurs interactions
      • Développer l’interaction physique et virtuelle entre les différents lieux ressources de l’établissement

      Une production commune a vu le jour suite à nos échanges pendant l’année, mais il s'agit ici d'évoquer un compte-rendu d’expérience personnel, tant nos établissements et nos problématiques sont différents. De mon point de vue, j’ai été confronté cette année à de gros problèmes en termes de développement et de complémentarité des espaces de mon EPLE.

      Mon projet, ma participation aux Traam, avait comme point de départ la constatation de grandes lacunes en termes de communication interne ou externe dans mon établissement. J'exerce dans un lycée professionnel (métier de la gestion-administration, ARCU, vente et accueil) d'environ 450 élèves situé dans un quartier résidentiel de Toulon. Le lieu est dépourvu de cantine et de réfectoire pour le moment (c'est en construction, la livraison est prévue pour 2019) et fautes de commerces à proximité, les élèves sont contraints d'apporter leurs repas ou d'aller au centre-ville pour manger. Nous manquons de salles informatique et à cela s'ajoute un manque d’espaces et de lieux pouvant favoriser le climat scolaire (pas de foyer, de salle d’étude, de cyber-café ou d'espace "snacking"), un CDI de très petite taille empêchant la création de nouveaux espaces et enfin le manque de concertation et d’actions, au sein des équipes, concernant la résolution de ces problèmes.

      le CDI depuis la porte d'entrée


      Dans un premier temps, je listerai dans le tableau ci-dessous la situation en début d’année scolaire, avant le commencement des Traam, afin de donner un aperçu de la situation. Enfin, j’expliquerai mon travail sur l’année, les projets et actions que j’ai pu mettre en place avec des collègues pour contribuer à la résolution sinon l’atténuation de ces problèmes, en sachant que certains sont pour le moment insolubles. Je finirai par le bilan de cette expérience.

      État des lieux, année 2017/2018

      Pour mémoire, le lycée souffre de l'absence de certains espaces (foyer, cantine, etc). C’est un manque évident pour un établissement scolaire et l’on constate que les élèves ne cherchent pas à s’approprier le lieu : quand ils le peuvent ils sortent et restent dehors, car il n’y a rien d’autre à faire. Il s’agit du plus grand point faible du lycée et il est très difficile d’y remédier tant les espaces sont restreints.

      Vue depuis le CDI. On peut voir au fond la cloison (qui ne monte pas jusqu'au plafond) séparant le lieu de l'espace de travail des enseignants

      En matière de communication numérique, interne ou externe, les canaux existent (Pronote, mais aussi FB, Twitter, blog, Instagram). Ils sont mis à jour régulièrement et sont de plus en plus fréquentés. C’est une manière que créer un climat scolaire bienveillant, dans le sens où les productions d’élèves, les sorties pédagogiques et autres évènements dans le lycée sont systématiquement valorisés via ces canaux de diffusion.

      Cependant, il s'agit d'un travail effectué systématiquement par les enseignants et il me parait nécessaire et logique que ce type de communication mette aussi les élèves à contribution, afin d'améliorer la vie lycéenne, le climat scolaire et les relations entre les différents acteurs de l’établissement. Il a donc fallu procéder à un travail sur le long terme pour obtenir la chose la plus importante pour tout démarrage de projet en EPLE : le soutien de l’équipe de direction, des acteurs clé de la vie éducative (notamment la vie scolaire) et lycéenne et puis la mise en place concrète d’actions pour remédier à ces carences.

      Le tableau récapitulatif des projets menés sur l'année

      Il fut très difficile de commencer à mettre en place des actions en termes de communication et de valorisation des espaces cette année. Heureusement, avec deux autres enseignants, nous nous sommes lancés dans ce chantier et avons commencé à envisager des solutions. Il a fallu penser le problème autrement, et prendre le temps pour anticiper et préparer la rentrée 2018/2019. Pour cela, nous nous sommes concentrés sur cinq axes.

       

      Axes de travail sur l’année en cours

      Solutions trouvées pour l’année prochaine

      Faire prendre conscience des problèmes à la direction, mais surtout à l’équipe pédagogique.

       

      Un temps sera pris lors des réunions de fin d’année et aussi à la pré-rentrée pour annoncer la création du club journalisme, la continuité de l’utilisation des réseaux sociaux et leur efficacité et de la satisfaction des élèves lorsque ces derniers voient un travail valorisé autrement que par une évaluation.

      Ne pas craindre de travailler sur le long terme : l’arrivée d’un nouveau lieu va forcément changer le « mode de vie » au lycée Claret.

       

      Bien que nous travaillons à l'amélioration du climat scolaire depuis quelques années, les actions mises en place jusqu'à présent ne peuvent que péricliter à cause de cette impossibilité pour les élèves, de s’approprier les lieux (aucun espace pour les élèves de la MDL ou du CVL, CDI qui, même fermé pour raisons de clubs, peut être fréquenté par des enseignants venant travailler sur leur temps libre (faute d'ordinateurs disponibles dans leur espace de travail) et absence de foyer)

       

      L’appropriation d’un lieu, la diffusion d’informations est un processus qui doit être régulier : les élèves doivent avoir la sensation que le lycée est « vivant ».

       

      Il faut donc mettre à jour les publications physiques et numériques, proposer régulièrement de l’information (nouvel évènement, mise en place de sondage, vente à la récréation, etc)

       

       

      Systématiquement valoriser le travail, les productions d’élèves, les actions menées au lycée et développer le sentiment d’appartenance via la communication numérique et physique et par la mise en place d’actions spécifiques.

      Mise en place d’un espace photos avec celles de l’année précédente, qui seront aussi diffusées sur les écrans du lycée. Régulièrement, des impressions auront lieu pour proposer de nouvelles photos.

      Les nouveaux élèves constateront donc que le lycée est dynamique, aussi bien en terme d’évènements proposés que d’actions culturelles ou sportives.

      De plus, l'aménagement intérieur du futur foyer pourra faire l'objet d'un "appel à projet" chez les élèves ou d'un simple sondage.

      Affichage des productions et compte-rendu d’actions sur le site, le blog, les réseaux et dans le hall.

      Les élèves sauront donc qu’un travail de production effectué en classe (au niveau culturel et artistique notamment) sera vu par d’autres.

      Faire confiance aux élèves, en donnant la possibilité à certains de jouer un rôle dans la création et la diffusion de l’information.

      Des élèves référents seront nommés (un par clubs (il y en a trois : manga/journalisme/éco-mode), un pour la MDL, un pour le CVL).

      On leur donnera la possibilité (avec modération d’un adulte bien entendu), sur le blog, les réseaux sociaux et les affichages extérieurs, de proposer du contenu et de l’information.

       

      L’année fut donc dédiée en grande partie à l’identification des problèmes, la recherche de soutien humain pour leurs résolutions et l’anticipation de l’année scolaire à venir. Les choses suivent leurs cours mais la mobilisation est pour le moment efficace et les propositions de solutions sont, à défaut d’être ambitieuses, réalistes. L’objectif est d’assurer, tout au long de l'année,  une communication et une interaction régulières (et de qualité) entre les espaces, en s’assurant que les personnes ressources (enseignants, élèves et direction) maintiennent ces objectifs. Il s’agit, plus que d’habitudes à prendre, d’une réelle politique interne qui peut faire l’objet d’une mention dans le projet d’établissement.

      La nouvelle cantine, qui comportera un espace snacking et un foyer pour les élèves, fera l'objet d'une attention particulière l'année prochaine

      D’un point de vue personnel, je regrette de ne pas avoir pu rapidement mettre en place des actions, mais ce projet ne peut être efficace qu’en étant pensé sur le long terme et après avoir mobilisé des acteurs investis et concernés.

      Article : Un CDI multimodal

       

      La question posée par les TraAm 2017-2018 “ Comment repenser l’espace existant du CDI pour répondre aux besoins des usagers élèves, professeurs, personnels ?” m’a poussée à m’interroger sur la nécessité :

       

      • De concilier des pratiques plurielles (pédagogiques, éducatives, culturelles et communicationnelles) au sein des espaces du CDI en complémentarité avec les autres lieux ressources de l’établissement.
      • De participer à la création d'un sentiment d'appartenance, d'une culture commune au sein de l'établissement autour de l'idée d'engagement, impulsion proposée par la direction.

      Après une présentation des espaces ressources, un compte-rendu des expérimentations mises en oeuvre cette année au CDI, sera proposé.

      Celles-ci ont été initiées par Mmes Bibes, Linget-Delmas et moi-même, puisque nous formons une équipe de 3 professeures documentalistes. Les analyses de cet article portent donc sur le fruit du travail et des projets menés par chacune d’entre nous.

      1.  Situation initiale : les espaces et lieux de ressources  de l’établissement

      1.1. Un établissement de taille imposante accueillant :

       Le Lycée Dumont d’Urville est un lycée général et technologique d’environ 1570 lycéens, 660 élèves en Classes préparatoires aux grandes écoles et doté d’un internat (environ 220 élèves).

      Les besoins des usagers (pédagogiques, ressources documentaires, espaces de travail, accès au réseau informatique), sont donc très divers et parfois antinomiques.

      A titre d’exemple le CDI est ouvert depuis toujours le samedi matin parce que les lycéens ont cours et que se déroulent des TPE, des séances pédagogiques. Les étudiants et professeurs de CPGE quant à eux souhaitent l’ouverture le mercredi pour avoir une salle de travail.

      Il est impossible d’ouvrir sur ces deux créneaux horaires, notre mission pédagogique et l’ouverture du CDI ne pouvant être assurés que lorsque nous sommes 2 professeurs documentalistes présents. Augmenter les temps d’ouverture conduit à réduire le nombre d’heures où nous sommes 2 et de fait le nombre de séances pédagogiques menées chaque semaine.

      Il faut donc choisir entre satisfaire les besoins du secondaire avec lesquels nous menons de nombreuses séances pédagogiques ou les besoins des CPGE en salle de travail.

      Ce type de contradiction n’est qu’un exemple parmi d’autres.

       Le lycée dispose de nombreux lieux ressources : (voir le plan ci-après)

      • un cybercafé de 200m2 servant aux usages personnels et ludiques des postes informatiques et de “foyer”
      • un internat accueillant des élèves des établissements environnants avec des salles de travail, quelques postes informatiques et une salle de repos -TV accessibles à 18h le soir et à 14h le mercredi après-midi
      • une salle de permanence destinée au secondaire ouverte de 8h à 19h cette année 
      • une salle de travail en autonomie pour les CPGE ouverte de 7h à 20h30
      • ouverture de salle de travail en autonomie pour les élèves de CPGE sur demande au secrétariat du provisorat au bâtiment I
      • une salle de conférence ou de projection de 270m2 mitoyenne du CDI
      • un CDI de 470m2 vaste et bien doté
      • proximité de BU de la faculté de droit de Toulon, à 5 minutes de marche

       

      Le lycée est une petite ville et souvent s’exprime le sentiment d’isolement. Chacun reste dans “son” bâtiment. Beaucoup ignorent les projets des uns et des autres malgré la communication numérique. C’est pourquoi mener des projets favorisant la création d’un sentiment d'appartenance autour de valeurs communes est important. A ce titre la proviseure adjointe a développé une journée forum de l’engagement depuis 2 ans afin de tisser des liens et rendre visible pour tous les projets menés au sein du lycée.

       1.2. Le CDI :

       Le CDI est situé dans le bâtiment G’ à l’opposé exact de la salle des professeurs et de la vie scolaire.

      En revanche, l’assistant social, la conseillère d’orientation ont leur bureau dans le même bâtiment.

      Ci-dessous les photos des divers espaces constituant notre lieu de travail quotidien.

      un espace fonds documentaire occupant 150m2 .

      un espace de travail accolé au fonds documentaire conséquent  (100m2) :

      60 élèves peuvent être accueillis,

      12 tables sont disponibles.

      un réseau informatique en libre accès (réservé au travail) de 18 postes (30m2).

      une imprimante : impression autorisée des devoirs à rendre uniquement avec notre accord préalable.

      une photocopieuse en libre accès nécessitant l’achat d’une carte rechargeable à l’intendance (3€) pour 100 photocopies. Cela leur permet aussi d’imprimer les documents personnels à partir d’une clé USB.

      une salle de réunion ou débat (20 élèves) convertie en salle de conseil (28m2)

      une salle informatique avec 18 postes sur réservation auprès des professeurs documentalistes avec vidéoprojection (72 m2)

      une salle de travail en autonomie sur réservation  (capacité d’accueil 20 élèves ) convertie en salle de conseil de classe (25m2)

       

      • 2 espaces lecture : 1 espace presse (15m2), 1 espace BD (5m2)
      • 2 salles d’archives (20m2)  et de stockage (15m2)

       

      Le CDI dispose donc de nombreux atouts, il est très fonctionnel d’un point de vue pédagogique et favorise le travail autonome des élèves.

       Il reste cependant insuffisant pour répondre à l’effectif de l'établissement. A titre d’exemple le planning des TPE (16 classes de 1ères)  nécessite d’accueillir 2 classes simultanément au CDI qui, de ce fait, est fermé aux autres élèves jusqu’au mois de février sur ces horaires. Le planning de cette année a occasionné 5h de “fermeture” hebdomadaire, cette situation cumulée aux horaires de TIPE des CPGE provoque une surcharge des effectifs et une tension dans les relations avec les élèves désireux de pouvoir travailler au CDI.

       Il manque également un espace d’exposition ainsi qu’un lieu convivial pour les rencontres. Ce type d’actions nécessite de fait des déménagements et réaménagements successifs et la suppression des espaces lecture.

       

       

      Les espaces documentaires sont figés et occupent une place considérable pour répondre au besoin des élèves de CPGE.

      Les seuls espaces modulables sont les espaces lecture qui sont souvent réduits, “nécessité faisant loi”.

      Repenser les espaces  pour répondre aux divers besoins exprimés nécessite de repenser les modes d’utilisation dans le temps.

      Le calendrier annuel constitue donc la base des aménagements et réaménagements temporaires qui font de ce CDI un espace modulable aux polarités, temporalités et usages multiples. Par ailleurs, il faut préciser que les actions menées sont le travail d’une équipe de 3 professeures documentalistes.

       2. Projets et aménagements destinés à améliorer le climat scolaire

      Comme précisé précédemment le calendrier annuel détermine la mise en oeuvre modalités d'exploitation du CDI. Le Génial.ly ci-dessous témoigne de ce cette chronologie annuelle. Cependant elle est présentée à travers le prisme d'une démarche de Design thingking.  Vous trouverez donc la description des fonctionnements trimestriels du CDI et leur analyse.

      - Les points 1 à 6 définissent les étapes de la démarche de Design thinking

      - En cliquant sur chaque trimestre vous avez un descriptif des fonctionnements pédagogiques, des projets réalisés. Vous disposez également de l'analyse des fonctionnements en cliquant sur ces éléments.

      - Les petits orangés montrent la communication physique numérique mise en oeuvre pour les projets menés

      - Les appareils photos renvoient vers des photos des actions menées.

       

       

      2.1.  Aménagements réalisés après expression ou évaluation d’un besoin :

      • Indépendamment du calendrier annuel nous avons pu, après avoir recensé oralement certains besoins aisément réalisables, aménager facilement quelques petits espaces en réaffectant des biens existants :

      • espace d’affichage sur un des murs du CDI destiné à valoriser les projets des élèves ou des équipes : par exemple le projet de développement durable Dumont en transition mené par des professeurs et des élèves, les énigmes de l’atelier Aimer les maths...
      • mise en oeuvre de la salle de travail en autonomie sur réservation avec un ordinateur pour préparer les oraux (demande des élèves de l’année dernière). Le réseau informatique du CDI ayant été renouvelé, il a suffi de réaffecter et conserver quelques postes en secours avec l’accord de la direction.
      • un espace de sélections thématiques liées aux événements nationaux devant la banque de prêt.
        • un boîte “Au petit bonheur la chance” en libre service, dans laquelle les élèves peuvent piocher des citations positives en cas de besoin.

       

      Ces petits aménagements sont de petites réussites fonctionnelles.

      Les espaces d’affichages sont utilisés régulièrement, les élèves ont fabriqué les boîtes pour les collectes en récupérant les cartons de papier A4 du CDI.

      Les collectes solidaires ont très bien fonctionné.

      Le prêt des ouvrages placés en sélection thématique est beaucoup plus élevé que les  livres présentés sur les espaces nouveautés habituels.

      L’idée de changer régulièrement de place les espaces nouveautés me semble pertinente. A force de passer devant, il n’est plus regardé. Quand nous avons reçu des expositions il a fallu déplacer ces étagères nouveautés et nous avons observé que le prêt avait augmenté.

      Il faudrait également repenser un aménagement avec du mobilier contemporain, mobile (sur roulettes) et modulable afin de pouvoir créer les espaces d’exposition ou de rencontre au gré des besoins, sans supprimer les espaces lecture.

      La mobilité du mobilier permettrait de réaliser des aménagements nouveaux régulièrement et de susciter l’intérêt des élèves.

      Il faudrait également pouvoir réduire le fonds documentaire papier.

      2.2.  Nourrir les  besoins des usagers par des propositions multipolaires et multimodales sur des temps variés :

      •  Concrétiser des projets nomades et développer les usages numériques :

       Le soutien pédagogique, administratif et financier de l'établissement nous a permis de nous doter d’une classe mobile de 16 tablettes avec wifi intégrée. Celle-ci a permis de proposer des projets pédagogiques nomades, hors les murs du CDI.

       Le nomadisme de l’outil a appuyé 2 projets en particuliers :

        • la réalisation de clips vidéo et d’interviews lors de séquences de travail en éducation aux médias et à l’information lors de la semaine de la presse (Marathon presse ou productions de "Madmagz"). Ceux-ci sont diffusés sur le compte Acamédia (plateforme académique d'hébergement) du CDI.
        • un projet annuel arts visuels et numérique. Les élèves de 2nde arts visuels ont pu photographier des espèces de plantes au jardin du Rayol Canadel et travailler ensuite leurs compositions photographiques, sur place en atelier avec les tablettes l’après-midi. La finalité du projet était de réaliser une exposition pour le forum de l’engagement. Déambulations et itinéraires pédagogiques

       Le développement des usages de ressources numériques est un enjeu majeur de l’espace du CDI :

        • proposer des formations utilisant des supports numériques permet aux usagers de s'approprier ou de se familiariser avec ce type de ressources.
        • nourrir ces pratiques permettra à long terme de proposer un kiosque numérique pour la presse (KIOSK Canopé) et de se doter d’un fonds documentaire partiellement numérique. Ce qui permettrait d’aménager autrement un espace considérable.
        • un des projets futurs vise à convertir la salle d’archives en un espace Incubateur de projets ou espace de créations. L’idée actuelle serait de vider cet espace des antiquités qui sont stockées en donnant aux archives municipales les ouvrages de valeur et donnant aux laboratoires des disciplines les ouvrages qu’ils souhaitent conserver. L’espace pourrait mettre à disposition du matériel permettant de faire de la vidéo, de la photo, des créations plastiques avec l’aide des professeurs. On peut aussi envisager de sonder les envies des élèves quant à cet espace de créativité. On peut imaginer les années suivantes d'avoir des élèves suffisamment experts pour laisser un accès en autonomie avec cahier de réservation nominatif afin toutefois de préserver les matériels.
      • Organiser des temps communs favorisant la créativité des élèves et créant du lien au sein de l’établissement
      •  Marathon photographique se déroulant sur 1 journée en décembre à l’intérieur du lycée. Le thème est dévoilé le matin (“Dé-placement“ cette année), les élèves ont la journée pour rendre un cliché. Ceux-ci sont exposés au CDI puis un jury dont fait partie l'Association des Musées de Toulon se réunit pour élire les meilleures productions. Ces clichés seront exposés à coté d’artistes reconnus. 

       

      • Concours d’écritures de nouvelles en français ou en langues étrangères dont le thème cette année était : “Migration(s)”. Les élèves ont 2 mois pour rendre une nouvelle d’une page. Ici l’invitation à la créativité est pratiquée sur un temps long, favorisant le mûrissement d’un projet d’écriture. Cette année 110 élèves ont concouru. Chaque année, l’ensemble des nouvelles primées est édité dans un recueil “Eclats de Lire” qui intègre également depuis quelques années les clichés des élèves plasticiens.

       https://www.calameo.com/read/001170197038a33b1cb92

      • Marathon poétique organisé au CDI (il est réservé pour l’action). Afin de provoquer une écriture spontanée, les élèves choisissent une des oeuvres exposées au CDI puis se répartissent dans toutes les salles et participent durant l’heure impartie à 1 ou 2 ateliers d’écriture parmi les 7 proposés. Les élèves lauréats de chaque catégorie sont récompensés par une place de cinéma, lors de la remise des prix. Pour cette première édition des “Plumes Funambules”, 4 classes ont participé au projet (classe de 5ème du Collège Django Reinhardt, 1 classe de 2de, 1 classe 1ère STMG et 1 class de BTS)  

       https://view.genial.ly/5afa8a1a5f713065e7fc147e/plumes-funambules-s2018

      •  Rencontres avec des journalistes ou des auteurs dans le cadre du prix littéraire : le CDI est réservé pour ces actions avec réaménagement de l’espace de travail pour créer un lieu accueillant et propice aux échanges. (Rencontres des élèves de 2de12 avec Néjib, et Hugo Boris)
      • Participation au forum de l’engagement : stand CDI hors les murs, vraie réussite en terme de communication (CDI fermé à cette occasion)

       

      Ces propositions, en variant les temps et l’utilisation d’espaces modulables ou nomades, permettent de créer des espaces temporels privilégiés, des “bulles” de respiration au sein d’un calendrier scolaire parfois trop rythmé, trop dense.

      Ces temps de respiration bénéficient aux lycéens mais aussi à la communauté éducative toute entière par les liens qui se tissent avec les auteurs, les artistes, les élèves, tant pendant les projets que lors des remises de prix.

       

      La présence systématique d’un membre de la direction, lors de ces temps destinés à valoriser le travail des élèves, témoigne de l'importance de ces actions dans la construction de l’image de soi de l’élève, de son rapport à l’autre et du bien-être qu’il peut ressentir au sein du lycée. Notre proviseure adjointe apprécie de nous rappeler que dans ce lycée “chacun à l’opportunité de s’exprimer ou se découvrir”.

      Ce soutien des membres de la direction, de l’intendance ainsi que la diligence et la réactivité des agents, constituent des atouts majeurs dans la mise en oeuvre de tous les projets qui sont menés au sein de cet établissement.

      En revanche, les élèves qui trouvent le CDI clos parce que réservé à ces actions font régulièrement des remarques désobligeantes à cet égard. C’est la problématique de l'établissement, une salle de permanence bruyante, éloignée du CDI (calme) ou des salles dont il faut demander l'ouverture.

      Force est de constater que la convergence des besoins en salles de travail “nuit” également à l’image du CDI et pèse sur les relations avec certains usagers.

       

      2.3. Favoriser le bien-être au lycée par un travail de partenariat avec les CPE et le service infirmerie, au sein du CESC :

       Nous avons organisé avec la Vie scolaire et le service infirmerie un parcours de prévention des conduites à risques et d’accompagnement

      • 2de : temps de prévention de prévention du cyber-harcèlement et éducation à la sexualité pendant la semaine de bac blanc.
      • 1ère : interventions de l’Avastofa pour prévenir les addictions, les membres de cette association favorisent le dialogue et  l’intimité souhaitables pour les thématiques abordées. Le cybercafé, la salle TV de l’internat… ont permis de mener des échanges pertinents. Ce projet est reconduit pour l’année  prochaine.
      • Tale : temps de préventions des risques festifs et auditifs destinés aux classes de TSTMG inscrites au dispositif régional “Trop puissant”.

       2.4. Financer les projets :

      Précisons que tous ces projets relèvent de financements multiples nécessitant un travail important de rédaction, de recherches, sollicitations, réponses aux appels à projets :

      - INES, dispositif régional permettant de financer des projets en lien avec la citoyenneté, l'éducation artistique et culturelle, le développement des usages numériques, le développement durable. Le lycée pour l'année prochaine a voté en CA 10 projets INES d'une valeur total d'environ 40 000€ sachant que la région ne financera pas plus de 17 000€. Le lycée investit donc beaucoup et soutien les projets pédagogiques menés en son sein.  

      - D'autres dispositifs régionaux ne coûtent rien que les déplacements : Rentrée en Image, Trop puissant, Camp des Milles, FRAC

      - APAC dispositif de financement Canopé qui m'a permis de financer  les interventions de l'artiste Franck pourCel, ERSILIA et les coûts d'impression et exposition à hauteur de 900€.

      - Financement sur fonds propres de l'établissement : les sorties scolaires coûtent 20 000€ par an à l'établissement. 

      - réseau de financement science culture PACA

      - Dossier ADOSEN : financement auprès de la MGEN

      - Mécenat : Rotarycclub

      - Négociations pour obtenir des interventions gratuites.

      Si ces projets permettent de favoriser la créativité, le bien-être et la construction de soi des élèves par des usages multimodaux des espaces du CDI ou de l’établissement, valoriser physiquement et numériquement les projets est un enjeu majeur à l’heure de l'économie numérique.

      3. Créer du lien, une identité partagée par une communication physique et numérique complémentaires ?

       3.1. Une communication peu efficace

      La communication tant physique que numérique et participative a été soit un échec, soit, si l’on souhaite nuancer le propos, peu efficace. Elle n’a atteint ni l’objectif visé, ni le public pressenti.

      “Annoncer, mettre à disposition les productions, valoriser, rendre compte”, telle était  la volonté initiale.

       Quelle que soit l’action menée cette année nous avons pu constater que l’affichage physique sur  les murs, les flyers distribués en classe, les panneaux d’affichage restent invisibles et non lus et que le relais des professeurs et/ou une communication directe sont impératifs.

      Les annonces numériques avec flyers colorés publiées sur Atrium n’ont rencontré guère plus de succès. 

      • En fin d’année dernière, nous avions constitué une équipe de 7 professeurs prêts à s’engager dans l’encadrement d’un club média destiné à valoriser les projets de cet établissement si grand que chacun s’y sent isolé et invisible de la communauté.

      La mise en oeuvre du club fut un échec : problèmes d’organisation d’emploi du temps, d’espaces disponibles pour les TPE, de communication aux élèves. 

      • La proposition de "Nuit de la lecture" (aux élèves internes) pour laquelle s’étaient mobilisés nombre d’acteurs (club théatre, élèves musiciens, étudiantes de la faculté de lettres, libraires,..) a dû être annulée faute de participants. L’information n’est pas passée.

       3.2. Vers une communication plus participative ?

       De manière à promouvoir l’implication des élèves dans la communication et recenser des besoins, j’ai construit un sondage relatif au “CDI et espaces ressources du lycée” interrogeant les usagers élèves sur leur vécu. Il s'agissait d’évaluer :

      • leur connaissance des usages attribués aux divers espaces,
      • l’efficacité de leur complémentarité dans la scolarité quotidienne de l’élève
      • de sonder leur appréciation du climat scolaire
      • d’ouvrir à d’éventuelles suggestions

       La hiérarchie de l’établissement a répondu de manière mitigée, la culture de la démocratie participative étant freinée par la taille de l’établissement.

      Il a fallu reformuler certaines questions afin de ne pas heurter les sensibilités des services concernés et personnels responsables des espaces mentionnés dans ce questionnaire. Proposé en CVL pour y être amendé, je n’ai pas reçu de réponse.

      J’ai alors décidé de ne pas réaliser le sondage afin de ne pas heurter les services qui doivent travailler en bonne entente. Il s’agira de construire ce travail avec eux dans les années à venir.

       3.3. Trop d’outils de communication numériques

       Il convient enfin de constater que la superposition des supports de communication :

      site établissement, Atrium, portail documentaire Esidoc multiplie les points d’accès aux informations mais perd l’usager dans des rubriques et onglets trop nombreux.

       ENE Atrium

      Esidoc du CDI

      Le travail à mener l’année prochaine nécessite d'engager une réflexion de fond, appuyée par une équipe engagée dans la politique documentaire pour définir les fonctions et usages des divers supports de communication.

      A ce titre, nous avons sollicité en collaboration avec le Clemi la création d’un Webmedia. Il s’agit de construire avec 3 classes un parcours d'éducation aux médias lié au programme d’EMC et d’histoire géographie. Pour concrétiser cette réflexion, la production de médias variés au cours de l’année et la concrétisation de formes d’engagement variées, choisies par les élèves, devrait alimenter ce web média.

       J’espère que cela permettra également d’engager une réflexion au sein de l’établissement. Une réunion de concertation est prévue d'ici la fin d'année scolaire pour engager un travail dans ce sens.

      Il me semble que cela peut permettre de réserver Esidoc à une fonction de recherche d’informations, d’utiliser le web média pour valoriser les projets des élèves et de conserver Atrium pour le fonctionnement administratif de l’établissement et la communication par mail, le site de l’établissement restant la vitrine extérieure. Quoi qu'il en soit cette réflexion ne peut être menée sans une équipe constituée capable de listes les besoins de chaque services.

       

      3.4. La communication directe : le forum de l’engagement

       Le forum de l’engagement organisé cette année le 20 avril est le moment qui en revanche a permis à tous de rendre visibles les projets menés, de découvrir ceux de nos collègues, de passer du temps à s’émerveiller des réalisations de nos élèves.

      Deuxième réussite, la création du lien avec les élèves, avec les adultes entre les espaces et bâtiments du lycée. Le sentiment d'appartenance est renforcé par ces temps investis par tous.

       L'intérêt de cette journée est d’autant plus visible dans l’article relatif au projet : “Déambulations et itinéraires pédagogiques

       Conclusion :

       Tant au sein de mon établissement qu’au regard du travail mené avec les collègues du groupe TraAm, nous avons constaté la nécessité de rester modestes et de planifier à long terme les projets d’aménagement des divers espaces.

      Il faut prendre le temps de convaincre de la pertinence des besoins, de la nécessité de faire évoluer les espaces, les modalités de fonctionnement afin qu’ils répondent aux nouveaux usagers.

      Il faut accepter de construire avec des équipes parfois difficiles à persuader et constituer un réseau de personnes relais efficaces et sûres.