Généralités sur le dispositif TraAM
 
Sous l'égide de la DNE A2 ( Direction du Numérique pour l'Education ), le dispositif TraAM permet de mettre en valeur et augmente la visibilité des projets innovants en documentation menés par les académies. Il permet également aux académies de constituer ou de continuer à faire fonctionner des groupes de travail, de développer des échanges inter -académiques et/ou avec des partenaires extérieurs à l'Éducation nationale.
 
Un appel à proposition autour de grands thèmes est envoyé aux académies. Ces dernières proposent la participation d'équipes disciplinaires ou pluridisciplinaires sur ces différents thèmes.

Le regroupement des équipes de différentes académies autour d'un même thème permet de réaliser une mutualisation inter -académiques de la réflexion et des pratiques.
Un certain nombre de ces actions impliquent des documentalistes et les CDI. Les académies de doivent de produire un document de synthèse comprenant la présentation du projet, les objectifs, la mise en oeuvre, les outils utilisés, l'évaluation, les difficultés rencontrées,  les plus -values élèves, les plus -values enseignantes, les perspectives.
 
 Mutualiser la réflexion et les pratiques
Les actions mutualisées, pilotées par le bureau des usages et des services numériques de la sous direction des technologies de l'information et de la communication s'inscrivent dans le cadre du développement des usages des TICE et de leur généralisation dans les disciplines.
 

 Objectifs du projet :

Ce projet fait l'objet d'une réflexion dans le cadre des Travaux Académiques Mutualisés 2017 2018, entre les Académies d'Orléans Tours et Nice. Il vise à créer une dimension sociale aux espaces info-documentaires, en constituant une banque d'images qui permettra à tout un chacun de s'inspirer de ces espaces partagés pour en repenser leur aménagement, leurs fonctionnalités, leurs utilisations et les formations que l'on peut y dispenser. Ce projet s'appuie sur l'action proposée par Primabord, Ouvrons nos classes. Nous remercions Primabord de nous avoir autorisé à conduire une action similaire en utilisant la balise sur les réseaux sociaux #ouvronsnosCDI. 

 

Cahier des charges : 

  • Qui ? 

Ce projet est ouvert à tous les professeurs documentalistes qui souhaitent mettre en évidence un ou des espaces info-documentaires qu'ils ont mis en place : dans le C.D.I, dans l'établissement, ou hors les murs. L'utilisation des réseaux sociaux (twitter, instagram) permet de tisser des liens. 

  • Quels comptes utiliser ? 

Les comptes C.D.I ou d'établissement sont à privilégier sur les réseaux sociaux et plateformes de streaming. Ces comptes doivent contenir une biographie (au minimum nom de l'établissement, ville et académie de l'établissement), un lien vers un site d'établissement ou un portail documentaire. Attention, ces comptes sont sous la responsabilité du Chef d'Etablissement qui en est le Directeur de Publication. Il est donc nécessaire de définir un cahier des charges de l'utilisation de ce compte sur le réseau social avec le responsable de l'Etablissement (comptes à suivre, compte public ou compte privé, verrouillage ou non des commentaires sur Instagram, sécurisation du compte). 

Si je n'ai pas de compte(s) sur les réseaux sociaux, que faire ? 

Si vous n'avez pas la possibilité d'ouvrir ces comptes, vous pouvez nous faire parvenir vos photos et vidéos (en ayant obtenu l'accord du chef d'établissement pour la conduite de ce projet, sans présence d'élèves et en respectant le droit à l'image) par mail (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Pour les académies de Nice et Orléans Tours, nous relayerons vos productions par le biais des comptes académiques (@docafil @surfonsdoc pour les comptes twitter, surfonsdoc pour le Compte Instagram de l'Académie d'Orléans-Tours). 

  • Que peut-on publier ?  Comment ? 

Ce projet vise à mettre en évidence : 

  • Des espaces info-documentaires développés au sein des établissements scolaires, que ce soit dans ou à l'extérieur du C.D.I (vie scolaire, infirmerie, restauration scolaire ...). Ces valorisations serviront d'exemples ou de pistes de réflexion pour les professeurs documentalistes. Sur Instagram, les commentaires (s'ils sont autorisés) permettront d'échanger sur ces espaces et tisseront donc du lien entre enseignants. Ces espaces peuvent être des espaces créatifs (du type médias, fablab, ludothèque, loisirs créatifs ...), des lieux d'exposition (enrichis par l'utilisation du numérique), des espaces zen avec l'utilisation d'outils nomades ...
  • Des actions où les élèves sont amenés à gérer en autonomie, tout ou partie du fonds documentaire ; mise en valeurs des délégués, ambassadeurs C.D.I. 
  • Des photos de signalétiques mises en place, mais également de classements documentaires retravaillés, de pictogrammes permettant aux usagers de se retrouver plus facilement dans le flux informationnel. 
  • Des photos de documents de travail, de réflexion en utilisant la démarche de design thinking, de plans de travail. Dans la présentation de votre photo ou de votre capsule vidéo, vous pouvez indiquer le nom de l'espace, l'objectif, le lieu, le projet, les moyens mis en oeuvre et les formations dispensées. 

Quelques petites précisions : 

Pour l'utilisation de photographies dans lesquelles figureraient des personnes, il est nécessaire d'avoir l'autorisation écrite de la personne majeure ou du responsable légal si l'élève est mineur. Si l'architecte d'un bâtiment public est toujours vivant, il possède des droits sur son oeuvre (le bâtiment), dans ce cas on ne peut publier de photo dans laquelle cette oeuvre est identifiable qu'avec son accord. Il est facile d'obtenir cet accord en lui demandant. Dans le cas où l'autorisation n'aurait pas été obtenue, il faut alors éviter les vues d'ensemble et privilégier les cadrages serrés. 

Il est conseillé d'ajouter un logo du C.D.I afin de donner une identité à la publication. 

  • Quelles balises, quels hashtags utiliser ? 

Pour pouvoir rassembler plus facilement les productions liées à ce projet, sous les publications, il sera nécessaire d'insérer les balises suivantes : #ouvronsnosCDI, #TraAMDoc, #cdiremix, #designthinking #formescolaire. 

  • Quand, quelles publications ? 

La valorisation de votre projet

Il est possible de publier votre photo et les vidéos au fur et à mesure de l'avancée des projets. Il n'est pas nécessaire d'attendre la fin du projet pour démarrer les publications. Il est possible de faire un montage avec les photos en fin de projet pour voir l'évolution. Cela permettra d'effectuer une synthèse et une mise en valeur. 

Le projet inter-académique

Ce projet est lancé en mars 2018 et sera relayé sur les réseaux sociaux. 

Un bilan d'étape sera effectué en Mai 2018 avec quelques indicateurs d'activité au moment de la publication des travaux entre binômes académiques. Ce projet pourra se poursuivre jusqu'à la publication de la synthèse nationale des TraAM. Les comptes ouverts sur les réseaux sociaux pourront continuer à relayer des exemples d'utilisations pédagogiques au sein des établissements scolaires en utilisant des visuels. L'idée de ce projet est de donner une dimension sociale et visuelles aux espaces info-documentaires. Les comptes ouverts dans le cadre de ce projet pourront être pérennisés, permettront de construire une communauté et ouvriront le champ des possibles à d'autres actions. 

Des tutoriels : 

 

 

Article rédigé par Caroline Vernay (référente TraAM académie Orléans - Tours), Géraldine Mocquais et Caroline Soubic (référentes TraAM Académie de Nice)

Pour la 7e année consécutive, l'Académie de Nice participe aux Travaux Académiques Mutualisés. 

En 2016-2017, la thématique était "Créativité et coopération en documentation". 

Pour rappel, la synthèse nationale est ici. La synthèse académique se trouve . Cela a fait l'objet de 7 articles inter-académiques. 

Voici le genial.ly qui présente tous les projets. Ce dernier a été réalisé par les expertes nationales. 

En 2017-2018, la thématique de travail est : "Repenser l'espace existant du C.D.I pour répondre aux besoins des usagers"

  • Comment repenser l'espace existant du C.D.I pour répondre aux besoins des usagers (élèves, professeurs, personnels) ? 
  • Comment le professeur documentaliste peut-il formaliser et mettre en oeuvre une démarche de design thinking au sein de l'espace C.D.I ? 

Voir la synthèse de la réunion nationale du 6 Octobre 

Les Académies représentées sont La Guyane, Montpellier, Nancy-Metz, Orléans-Tours, Reims et Nice. 

14 professeurs documentalistes travaillent sur ce projet dans l'Académie : Thomas Bréant (Collège La Marquisanne Toulon), Armelle Cendo (Collège R. Carlès, Contes), Laurent Dulout (Lycée Professionnel Claret, Toulon), Jean-Marie Frizzole (Lycée du Coudon La Garde et IAN Documentation), Calin Hétès (Lycée Professionnel Estienne d'Orves Nice), Céline Lambert (Lycée Dumont Durville Toulon), Florence Michet (Collège Paul Cézanne Brignoles), Géraldine Mocquais (Collège Sidney Béchet Antibes, référente TraAM Documentation), Nora Nagi-Amelin (Collège Roland Garros Nice), Roxane Obadia (Collège  Marcel Rivière Hyères), Didier Mouren (Canopé Toulon), Sylvie Blot (Canopé Toulon), Sophie Sicard (Canopé Nice), Caroline Soubic (Collège Henri Wallon La Seyne, référente TraAM Documentation). 

6 projets sont conduits cette année en rapport avec la thématique, et feront l'objet, en fin d'année scolaire, d'articles qui permettront aux professeurs documentalistes de conduire des projets similaires au sein de leurs établissements. (Lien direct vers l'infographie)

 

 

Toutes les académies ont réalisé des productions pour valoriser leur travail. Elles sont consultables ici.

 

 

 

Projet pédagogique et éducatif en Documentation, en lien avec la Vie Scolaire.

Année scolaire 2016-2017 Collège « Don Bosco »

 

1. EDUCATION : Promouvoir du CDI dans son potentiel documentaire et médiatique

2. ECOLOGIE : Prévenir les actes du gaspillage scolaire

3. SOCIETE : Apprendre à vivre ensemble

PRIORITES PEDAGOGIQUES ET EDUCATIVES :

Le projet s’appuie sur

LE SOCLE COMMUN DE CONNAISSANCES, DE COMPETENCES ET DE CULTURE

( http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=87834 )

Domaine 2 : Méthodes et outils pour apprendre.

« Ce domaine vise un enseignement explicite des moyens d’accès à l’information et à la documentation,

des outils numériques, de la conduite de projets individuels et collectifs ainsi que de l’organisation des

apprentissages ».

Il s’agit de :

1. A partir de tutoriels du logiciel Powtoon et des objectifs définis préalablement, d’aider les élèves

à créer et à conduire un projet de groupe jusqu’à la production finale.

2. Développer une aisance dans l’utilisation des outils numériques et stimuler ainsi la motivation

scolaire des élèves.

Domaine 3 : Formation de la personne et du citoyen.

« Ce domaine vise un apprentissage de la vie en société, de l'action collective et de la citoyenneté, par une

formation morale et civique respectueuse des choix personnels et des responsabilités individuelles ».

Il s’agit de :

1. Aider à développer une autonomie pour s’informer, chercher, réfléchir, s’organiser, planifier,

s’auto former…

2. Favoriser l’implication dans un projet de groupe: communiquer, s’entraider, conseiller, écouter,

s’adapter…

3. Prendre conscience de la qualité de l’environnement scolaire et s’engager pour le promouvoir et

le défendre au travers des productions numériques.

MODALITES D’ORGANISATION :

PRODUCTION attendue: 1 film d’animation réalisé par chaque groupe.

PERSONNES IMPLIQUEES : professeur-documentaliste et deux éducatrices de la Vie Scolaire.

PARTICIPANTS : des élèves volontaires de chaque classe de 6ème, soit 24 élèves au maximum.

TEMPS SCOLAIRE: durant les heures d’études inscrites dans l’emploi du temps de l’année, soit

3h par semaine au total

LIEUX : CDI et tous les espaces de l’établissement concernés par les informations utiles au projet.

OUTILS : ordinateurs, site de Powtoon, tutoriels Powtoon, QR codes, tablettes, informations

diverses favorisant l’autonomie : projet rédigé avec modalités, calendrier et pistes de travail utiles

pour l’autonomie.

LIEUX de mise en valeur de productions finales : site Esidoc et site de l’établissement.

PERIODE DE TRAVAIL ET DEROULEMENT DU PROJET :

1. DECEMBRE 2016, découverte du logiciel Powtoon en autonomie « accompagnée ».

Les élèves viennent librement aux heures d’études et/ou aux récréations et grâce aux

QRcodes, des tablettes et quelques précisions données sur un tableau prévu à cet effet,

découvrent et s’entrainent sur le logiciel Powtoon.

2. JANVIER à FEVRIER 2017: période de travail sur les projets.

Les élèves volontaires créent des groupes de 2, tirent au sort une des trois thématiques,

cherchent des idées au CDI et dans l’établissement, prennent des notes pour rédiger un

scénario, échangent, s’écoutent, s’entraident…

Afin de faire participer les élèves de 6ème, au moins partiellement, les éducatrices

animent une discussion autour de chaque thème. Les propos tenus inspirent et/ou

enrichissent les idées des élèves participants.

Lorsque les scénarios sont finalisés, chaque groupe passe à la réalisation de son film

animé.

3. MI-MARS :

Présentation orale et visuelle de travaux finis par les élèves impliqués dans le projet à tous

les élèves de 6

ème. Vote des élèves pour le meilleur film d’animation de chaque thème.

Remarque : Les meilleurs travaux seront placés dans Esidoc et l’ensemble de productions

dans le nouveau site de l’établissement.

ELEMENTS DEMANDES dans la production finale:

1. Un film d’une durée entre 2 et 3 min. en lien étroit avec le sujet tiré au sort.

2. Choix et clarté des informations.

3. Imagination, fantaisie, diversité dans la présentation visuelle.

EVALUATIONS :

EVALUATION PEDAGOGIQUE: production finale avec la présence des éléments demandés. Appréciations

notées dans le Socle commun, Domaine 2 (cf. ci-dessus).

EVALUATION EDUCATIVE : en cours de travail par l’observation des élèves participants.

Appréciations notées dans le Socle commun, Domaine 3 (cf. ci-dessus)

Critères d’évaluation éducative:

-implication au sein du groupe durant la 1ère période,

-l’organisation du groupe durant les séances en 2

ème période, l’autonomie, la capacité de

solutionner des problèmes apparus,

-la capacité de terminer le travail dans les délais et d’en rendre compte oralement.

 

AUTOEVALUATION des élèves par rapport aux critères socio-éducatifs (Domaine 3 du Socle).

 

 

 

 

EVALUATION des travaux terminés par les camarades de classe et par la communauté

éducative.

 

 

 

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la thématique générale des TRAAM DOCUMENTATION 2016-2017 : 

 

Créativité et coopération en documentation.

Comment le professeur documentaliste peut-il développer

une véritable pédagogie de la créativité ?

 

Nous sommes inscrites dans l’axe 2 “Favoriser l’engagement de la communauté éducative dans l'établissement : un levier pour la créativité et la coopération ?”

 

 

2.1 La responsabilisation des élèves et des adultes par rapport au lieu et aux ressources (formation à la médiation)

 

La créativité responsable au service de la promotion des valeurs citoyennes:

  • promotion responsable du CDI en collège

les élèves chargés de missions (CDI, culture, citoyenneté, santé)

 

 

 

Les pistes de travail que nous avons explorées cette année étaient les suivantes : 

Comment enseigner autrement, que ce soit dans le cadre d'enseignements info-documentaires, de l'éducation aux médias et à l'information (EMI), de la liaison inter-cycles, des dispositifs (accompagnement personnalisé, EPI, TPE,...) ou encore lors d'activités périscolaires ?

Comment développer le sens créatif, la collaboration et la mutualisation des élèves en situation pédagogique et éducative et en situation de production ?

Comment le professeur documentaliste peut-il faire du CDI un lieu de créativité et de coopération dans l'établissement scolaire ?

Comment faire évoluer le CDI en ce sens et renforcer la coopération au sein de l'équipe éducative et auprès des élèves (implication pour dynamiser le lieu CDI, responsabilisation, prescription auprès d'autres élèves...). 

 

A la base de nos projets, des questionnements multiples :

– Comment s’appuyer sur des pratiques individuelles et scolaires pour développer des compétences interpersonnelles ?

  Quelles traces laissent les élèves de leurs apprentissages au sein du CDI ?

  Comment susciter la créativité des élèves qui participent au projet mais aussi auprès des autres élèves qui “bénéficient” du projet ?

 

 

 

 

Dans le cadre de la réflexion sur l’engagement de la communauté éducative, sur la coopération et la co-construction des apprentissages, nous avons souhaité partager un projet initié en 2014 dans notre collège : le recrutement d’Elèves Conseillers Techniques. Ce projet nous permet d’associer les élèves à la mise en place et au bon fonctionnement du matériel informatique. Nous avons choisi de nous appuyer sur les compétences de nos élèves afin de les valoriser et de permettre une mutualisation, un partage, un apprentissage par les pairs.

 

 

Présentation du collège et de son équipement :

Notre collège est expérimentateur tablette depuis la rentrée 2012. A ce jour, tous nos élèves sont dotés d’une tablette qu’ils gardent au collège et à la maison. Les tablettes sont équipées d’applications de productivité mais également des manuels numériques. Chaque enseignant dispose dans sa classe également d’une Apple TV et d’une connexion wifi.

 

 

Constat initial :

  • certains de nos élèves sont très compétents en informatique: ils sont souvent dans l’envie de valoriser ces compétences
  • les petits dysfonctionnement du quotidien sont souvent facilement réparables dès l’instant où une personne compétente est dans la classe
  • les enseignants de l’établissement (parfois stagiaires ou remplaçants) ne sont pas toujours en mesure d’assurer une maintenance en temps réel, ce qui génère un inconfort pédagogique

 

 

Le projet :

 

Dans notre collège, nous avons publié une fiche de poste indiquant que nous cherchions à recruter des élèves compétents en informatique et désireux d’aider leurs camarades. Les élèves sont recrutés après un entretien d’embauche qui nous permet d’évaluer non seulement leurs compétences techniques mais également leur esprit d’initiative et leur volonté d’aider leurs camarades. Deux élèves sont recrutés dans chaque classe. Leurs compétences sont ainsi reconnues par l’ensemble de la communauté. L’objectif initial était de mettre en place une forme de tutorat au sein des classes. Il s’est avéré que les réunions des élèves conseillers techniques leur ont permis de mettre en place une forme de  tutorat entre eux et ont permis un apprentissage par les pairs. Au sein de la classe, le projet a permis aux élèves en difficulté technique de bénéficier de conseils quotidiens : résolution de problèmes de proxy ou aide au téléchargement des manuels numériques sur les tablettes, réalisation des tutoriels.

Dans le cadre du groupe des Elèves Conseillers Techniques, il s’agit de valider les compétences techniques de certains élèves et de les renforcer. Ce projet développe la coopération.

 

Personnels associés :

  • enseignant documentaliste
  • AED informatique
  • personnel du conseil départemental service technique et éducation

 

Support de présentation du projet créé à l’occasion de sa présentation au colloque ecritech en avril 2015

http://prezi.com/loiykc1lssaf/?utm_campaign=share&utm_medium=copy&rc=ex0share

 

 

 

 

Travail réalisé par les élèves au cours de l’année scolaire 2016/2017 :

 

—> Suivi quotidien dans les classes : aide au paramétrage du proxy, au téléchargement des manuels et applications, aide à l’envoi de documents sur l’environnement numérique de travail via l’application webdavnav

 

—> Bilans intermédiaires sous forme de tableaux : en début d’année scolaire, un feuille de tableur est envoyée aux élèves. Ils doivent valider auprès de leurs camarades que tout fonctionne correctement : codes, manuels, proxy, téléchargement. Ils renseignent le tableau en le colorant selon un code couleur simple : le rouge indique qu’il y a un problème, le orange indique que c’est en cours de régularisation, le vert indique que tout fonctionne correctement. Nous avons ainsi une image claire du fonctionnement des outils et des problèmes à résoudre. (voir dans le document prezi)

 

—> Réalisation de tutoriels pour les élèves de l’établissement consultables sur le portail ressource du CDI.

 

 

Les tutoriels :

 

 

Le Projet « tutoriels » a été réalisé sur la base du volontariat pendant la pause méridienne essentiellement. Même si les thématiques pour les tutoriels étaient proposées par les élèves, pour ce projet, ils étaient guidés pas à pas par l’enseignant documentaliste :

—> présentation des étapes à respecter pour la réalisation d’un tutoriel

—> préparation d’un scénario

—> préparation des différents éléments nécessaires : la consigne était de réaliser des tutoriels homogènes et facilement identifiables.

  • Les élèves ont réalisé des diapositives pour illustrer l’introduction et la conclusion des vidéos 

 

 

  • les élèves ont repéré en amont les différentes étapes de navigation à présenter ainsi que le texte

—> prise en main des outils :

  • quicktime player pour la captation de l’écran de navigation et de la voix : la tablette est reliée à l’ordinateur. Des tutoriels existent en ligne.
  • keynote pour la réalisation de l’image de début et de fin
  • imovie pour le montage final

 

La publication des vidéos nécessite de faire signer aux familles une autorisation spécifique de captation de la voix. Des modèles sont disponibles sur eduscol : http://eduscol.education.fr/internet-responsable/ressources/boite-a-outils.html

 

Les vidéos sont hébergées sur la plateforme Acamédia (youtube académique) proposée par la Dane de Nice : https://mediaca.ac-nice.fr/

 

Les tutoriels sont accessibles sur le portail du CDI : http://0060795g.esidoc.fr/rubrique/view/id/37

 

Les tutoriels ont été réalisés au cours de l’année scolaire 2016-2017. Ils seront présentés aux élèves à la rentrée 2017.

 

Les compétences développées lors du projet :

Ces différents projets ont permis de convoquer essentiellement deux domaines du socle :

Domaine 2 : Méthodes et outils pour apprendre.

« Ce domaine vise un enseignement explicite des moyens d’accès à l’information et à la documentation, des outils numériques, de la conduite de projets individuels et collectifs ainsi que de l’organisation des apprentissages ».

 organisation du travail (D2)

 coopération et démarche de réalisation de projet (D2)

 outils numériques pour échanger et communiquer (D2)

 

Domaine 3 : Formation de la personne et du citoyen.

« Ce domaine vise un apprentissage de la vie en société, de l'action collective et de la citoyenneté, par une formation morale et civique respectueuse des choix personnels et des responsabilités individuelles ».

Si nous regardons de plus près le contenu de ces domaines, les projets conduits cette année ont permis de développer plus particulièrement les compétences suivantes. :

 expression de la sensibilité et des opinions, respect des autres (D3)

 responsabilité, sens de l’engagement et de l’initiative (D3)

 

Le cadre pédagogique :

Les élèves peuvent inscrire cette expérience dans leur parcours citoyen ou leur parcours avenir. Ils ont donc la possibilité de le présenter à l’oral du DNB.

 

Les leviers positifs:  

Au quotidien, l’objectif est d’apporter un confort pédagogique aux enseignants grâce à des dépannages instantanés. Ce projet permet d’instaurer un climat positif dans la classe. Nous avons souhaité valoriser l’entraide citoyenne en encourageant la médiation. Les élèves sont force de proposition. Ils signalent rapidement les dysfonctionnements au service informatique, assurent parfois des permanences pendant la pause méridienne, proposent des dépannages pendant les heures de permanences. Les élèves conseillers techniques voient leurs compétences valorisées, ils progressent au contact des autres élèves lors des réunions.

 

Article co-rédigé dans le cadre des Traam Documentation 2016/2017

 

Caroline Delsart, académie de Toulouse

Grazyna Joubert, académie de Nice

Laureline Lemoine, académie Nancy-Metz

Géraldine Mocquais, académie de Nice

Evelyne Montel, académie Aix-Marseille

Hélène Mulot, académie de Toulouse

 

   Plan de notre article: 

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1- Apprentissages formels et non-formels : une année d'expérimentations au CDI 

1.1 Un questionnement sur ce qu'on "peut" faire au CDI pour favoriser créativité et coopération 

1.2 Les formes de coopération mises en oeuvre pour responsabiliser les élèves 

2- La responsabilisation : d’autres temps pour les apprentissages 

2.1 Quelles sont les compétences développées par les élèves ? 

2.2 La conscientisation des apprentissages : auto-évaluation 

3- Un CDI apprenant 

3.1 La question de la posture de l'enseignant documentaliste

3.2  La question du pouvoir d'agir au sein d'un CDI capacitant

Vers un CDI inclusif

 

Après avoir investi le champ des nouveaux contenus à enseigner pendant plusieurs années, nous avons cette année, en TraAM documentation, travaillé sur les thèmes de la créativité et de la coopération. Il nous semble important de souligner que des compétences développées dans l’espace CDI, sur des temps plus ou moins formels, peuvent venir renforcer et enrichir les compétences et savoirs développés dans le cadre de nos traditionnelles séances d’info-documentation ou d’EMI. Cet article collectif s’inscrit dans le cadre de la thématique générale des TRAAM DOCUMENTATION 2016-2017 :  

 

Créativité et coopération en documentation.

Comment le professeur documentaliste peut-il développer

une véritable pédagogie de la créativité ?

 

Nous sommes inscrites dans l’axe 2 “Favoriser l’engagement de la communauté éducative dans l'établissement : un levier pour la créativité et la coopération ?”

 

André Tricot, en s’appuyant sur la psychologie cognitive, parle de l'engagement des élèves dans la tâche, de la faisabilité de la tâche, des enjeux d'apprentissage dans la tâche et de leur appropriabilité :

  • s’engager = le processus d’engagement (ou processus motivationnel)
  • se concentrer = le processus attentionnel
  • réaliser une tâche = le processus qui concerne la réalisation de la tâche (processus métacognitif) ; pour cela il s'appuie sur 4 paliers d’engagement dans une tâche :
    • passif =  les élèves  sont focalisés sur l’information et reçoivent des explications, leur attention est focalisée sur ces informations
  • actif = ils sélectionnent l’information, manipulation physique
  • constructif = les élèves génèrent de l’information. Les élèves font plus que ce qui est proposé (en le rapprochant par exemple de leur propre expérience). On comprend plus que ce qu’on nous dit parce qu’on fait marcher notre bon sens. Principe de l’enrichissement.
  • interactif = collaborer : les élèves collaborent à travers un dialogue à une co-construction. 
  • apprendre = le processus qui concerne la famille des processus d’apprentissages eux-mêmes (processus cognitifs)

 

C’est en nous inspirant de la théorie des Communs que nous avons souhaité expérimenter des dispositifs qui permettent une plus grande implication des élèves dans les activités du CDI. En d’autres termes, nous avons souhaité réinterroger l’implication des élèves au CDI à travers des activités nouvelles. Dans nos expérimentations, nous nous sommes situés dans les 4e et 3e niveaux d’engagement en cherchant à amener nos élèves à réaliser des tâches et à observer, a posteriori, les compétences développées. C’est ainsi que nous avons revisité des actions ou dispositifs que de nombreux collègues pratiquent déjà, à savoir par exemple les délégués CDI, tuteurs ou encore assistants CDI… A travers nos expériences, notre objectif  a été de réfléchir aux changements de nos postures de professeurs documentalistes et aux changements de postures des élèves. Nous nous sommes interrogés et vous proposons, à travers cette synthèse, de questionner les  problématiques suivantes : comment responsabiliser les élèves au sein de nos CDI afin qu’ils intègrent des valeurs solidaires et citoyennes ? Quelles activités proposer à ces élèves « responsables » ? Pourquoi et/ou pour quoi responsabiliser des élèves ? Quels sont les apports de ce changement de posture élèves/élèves et adultes/élèves ? Quels changements dans les relations avons-nous pu observer ? Quelles sont les modifications induites pour le lieu CDI ?

 

1- Apprentissages formels et non-formels : une année d'expérimentations au CDI

 

 

Les pistes de travail que nous avons explorées cette année étaient les suivantes :  

Comment enseigner autrement, que ce soit dans le cadre d'enseignements info-documentaires, de l'éducation aux médias et à l'information (EMI), de la liaison inter-cycles, des dispositifs (accompagnement personnalisé, EPI, TPE,...) ou encore lors d'activités périscolaires ?

→ Comment développer le sens créatif, la collaboration et la mutualisation des élèves en situation pédagogique et éducative et en situation de production ?

→ Comment le professeur documentaliste peut-il faire du CDI un lieu de créativité et de coopération dans l'établissement scolaire ?

→ Comment faire évoluer le CDI en ce sens et renforcer la coopération au sein de l'équipe éducative et auprès des élèves (implication pour dynamiser le lieu CDI, responsabilisation, prescription auprès d'autres élèves...).  

 

1.1 - Un questionnement sur ce qu'on "peut" faire au CDI pour favoriser créativité et coopération

 

Dans le cadre de ce groupe interacadémique TraAM, nous avons choisi d’interroger notre rôle hors temps de classe, c’est à dire en dehors des séances pédagogiques programmées. Nous avons choisi de questionner principalement les notions de responsabilisation et d’implication, notions que nous développerons dans le corps de cet article. Cependant, nos projets ont également fait appel aux notions suivantes :

→ le sens créatif, puisque nous avons bien souvent laissé nos élèves être force de proposition et construire eux-mêmes leurs projets,  

→ la collaboration et la coopération dans le cadre de projets citoyens ou de tutorats.

Tous nos projets s’inscrivent dans un objectif commun : dynamiser le lieu CDI et améliorer le climat scolaire tout en permettant de s’ancrer dans les compétences et les parcours de nos élèves.

 

Cela nous a naturellement mené à la question des apprentissages non formels : quelles activités peuvent permettre à nos élèves à la fois d’apprendre, de développer le plaisir d’apprendre, de se confronter à la notion de responsabilité et d’apprentissage entre pairs ? Nous nous sommes focalisées sur la question de l’initiative des élèves et de la responsabilité, de l’auto évaluation, d’un retour réflexif et de la verbalisation.

 

A la base de nos projets, des questionnements multiples :

– Comment s’appuyer sur des pratiques individuelles et scolaires pour développer des compétences interpersonnelles ?

–  Quelles traces laissent les élèves de leurs apprentissages au sein du CDI ?

–  Comment susciter la créativité des élèves qui participent au projet mais aussi auprès des autres élèves qui “bénéficient” du projet ?

En d’autres termes : que peut-on proposer au CDI qui puisse permettre aux élèves de développer une posture d’apprenance ? Marion Carbillet, en s’appuyant sur les travaux de Philippe Carré, nous rappelle ainsi la notion d’apprenance : "Un ensemble de dispositions, chez l’individu apprenant, affectives, cognitives et conatives, favorables à l’acte d’apprendre, dans toutes les situations formelles ou informelles, de façon expérientielle ou didactique, autodirigée ou non, intentionnelle ou fortuite".

 

C’est ainsi que nous avons construit différents dispositifs, en parallèle de nos séances programmées en Info-documentation et EMI, que nous vous proposons de découvrir ci-dessous :

 

→ Dans l’académie d’Aix-Marseille, l’atelier Coop’ CDI  vise trois objectifs : socialisation, coopération et collaboration afin de permettre aux élèves d’expérimenter l’apprentissage de la démocratie. Le groupe est autonome et ses membres sont responsables des projets qu’ils conduisent.

 

→  Dans l’académie de Nancy-Metz, un “club assistants CDI” a été mis en place : une vingtaine d’élèves se retrouvent 45 minutes toutes les semaines, pour développer des projets (aménagement d’espaces, animations…), participer à la gestion du CDI et développer une posture d’élève-médiateur aidant les autres élèves. Les assistants CDI sont autonomes et responsables de leurs propositions, l’enseignant a une posture “d’accompagnateur-facilitateur”. Les projets, la gestion et l’aide aux autres élèves se déroulent pendant les heures de permanence ; les réunions hebdomadaires permettent de faire le point ensemble et d’avancer plus précisément sur certains projets.

 

Dans l’académie de Nice, le projet « Défi-citoyenneté »  a permis aux élèves de rompre avec les habitudes d’assistanat des années du primaire. En effet, le projet divisé en trois étapes a été bâti autour des consignes et de l’utilisation des outils qui, par leur suivi appliqué, permettait de progresser dans le travail prévu et selon son propre rythme. La recherche des solutions aux problèmes par soi-même ou grâce aux camarades participant au projet faisait partie des règles à appliquer.

 

→ Dans l’académie de Nice, des Elèves Conseillers Techniques, recrutés au sein d’un établissement scolaire, expérimentent l’apprentissage par les pairs et le tutorat en matière de numérique. L’objectif étant de développer la coopération au sein de la classe et d’améliorer le climat, les élèves développent des compétences techniques inscrites dans leur parcours avenir et ont réalisé cette année des tutoriels.

→ Dans l’académie de Nice, les traditionnels délégués du CDI ont, cette année, été remplacés par un groupe informel et autonome : Proj’actions. Le professeur documentaliste a choisi de se mettre en retrait et de laisser les élèves choisir et piloter les projets afin de leur permettre de développer des compétences en matière de gestion de projet. Les élèves ont notamment choisi de mener un projet citoyen et de construire une boîte à livre afin de permettre des échanges citoyens au sein de l’établissement. Un autre groupe s’est fédéré autour de la participation à des actions citoyennes : concours “Stop au harcèlement” et concours “Tous unis pour la laïcité.”

 

→ Dans l’académie de Toulouse, un groupe d’élèves “experts numériques”  volontaires se retrouve les vendredis midi autour d’un atelier en auto-gestion pour proposer des ateliers thématiques et « construire » des  tutoriels autour du numérique et de l’informatique  (recherche d’image, scratch…).

 

→ Dans l’académie de Toulouse encore, le CoLECTif (Communauté des lecteurs engagés cré-actifs) développe la coopération et s’implique dans la vie du CDI. Ce projet a laissé place à l’auto-initiative (les élèves ont pu par exemple organiser un sapin de Noël collectif avec des livres). Une communauté d’élèves a émergé de ce dispositif.

1.2 Les formes de coopération mises en oeuvre pour responsabiliser les élèves

 

Sylvain Connac distingue 4 types de coopération. Il définit comme une action commune (étymologie = agir ensemble), une situation qui regroupe l’aide, l’entraide, le tutorat et le travail de groupe. Les différentes actions que nous avons expérimentées dans nos CDI, stimulent ces 4 types de coopération et ont permis aux élèves de se situer en matière de responsabilisation.

 

Dans le cas de l’aide, par l’intermédiaire de la création d'un Conseil de Vie collégienne par exemple, les élèves se voient confier des responsabilités dans l'organisation de la vie au collège : animation de clubs, surveillance d'espace du collège, participation aux prises de décisions. Dans le cas du groupe CoLECTif, les élèves ont souhaité revendiquer leur appartenance à une communauté. Leur désir était de se démarquer des simples “usagers” du CDI en devenant acteurs du lieu. Tous les âges se confrontent dans ce groupe, les idées sont débattues. Les élèves ont pris conscience du besoin qu’ils avaient des autres pour réaliser des actions.

 

Dans le cas des assistants CDI, une sonnette est à disposition au CDI pour “appeler à l’aide”. Les assistants sont disponibles pour les camarades qui les sollicitent, quelle que soit la demande. Dans certains cas, l’assistant est plus compétent que l’élève sollicitant : nous sommes dans une forme d’aide. Mais selon la demande (et les assistants), la relation est

 

plus symétrique, c’est une forme d’entraide : le sollicitant et l’assistant cherchent ensemble à résoudre la difficulté rencontrée, sans que l’un soit plus compétent que l’autre sur la question. L’assistant CDI est un “support de niveau 1” : en cas de non résolution du problème, l’assistant vient faire appel au professeur-documentaliste, “support de niveau 2” .

 

La mise en place d’élèves experts numériques a pour objectif de proposer des tâches à des élèves liées à leurs compétences numériques et de valoriser leur engagement dans le projet en l’inscrivant dans le parcours citoyen. C’est un système de tutorat qui est mis en place. Dans le cadre du tutorat, un élève volontaire est reconnu “expert” et accepte, pour un temps donné et avec un objectif précis, d’accompagner d’autres élèves dans le domaine du numérique dans le cadre de cet exemple. C’est un processus gagnant-gagnant puisque le tutoré peut découvrir un nouveau logiciel, développer un savoir faire (insérer une image par exemple). Le tuteur lui, par la répétition du geste, par la verbalisation des étapes utiles à l’usage de l’outil informatique, assoie ses connaissances.

 

Dans le cadre du groupe des Elèves Conseillers Techniques, il s’agit de valider des compétences techniques de certains élèves et de les renforcer. Les élèves sont recrutés après un entretien d’embauche qui nous permet d’évaluer non seulement les compétences techniques des élèves mais également leur esprit d’initiative et leur volonté d’aider leurs camarades. Deux élèves sont recrutés dans chaque classe. Leur compétences sont ainsi reconnues par l’ensemble de la communauté. L’objectif initial était de mettre en place une forme de tutorat au sein des classes. Il s’est avéré que les réunions des élèves conseillers techniques leur ont permis de mettre en place une forme de  tutorat entre eux grâce à un apprentissage par les pairs. Cependant, au sein de la classe, le projet a surtout permis de mettre en place de l’aide aux élèves en difficulté technique : résolution de problèmes de proxy ou aide au téléchargement des manuels numériques sur les tablettes, réalisation des tutoriels.

Pour qu’un groupe existe, il ne suffit pas de mettre des élèves ensemble. Certes, il faut les regrouper mais autour d’un objectif commun auquel chacun adhère. Pour cela des interactions vont naître entre les élèves et il va falloir que le groupe les gère pour en faire un moteur d’action. Le travail de groupe permet de faire ensemble, de vivre ensemble, d’apprendre ensemble. Il est donc nécessaire que des règles de base soient définies ainsi que la façon dont les décisions seront prises (à la majorité, par consensus…). L’écoute et l’acceptation des idées de chacun sont des valeurs à partager.

 

Dans le cadre du projet Coop’ CDI, deux formes de groupe sont à distinguer ; le groupe “les multiples du CDI”, un groupe hétérogène qui s’est structuré autour d’un projet commun initié par le professeur documentaliste. Une fois que les multiples ont réussi à construire un groupe solidaire et coopératif, des sous-groupes de travail se sont formés en fonction des projets décidés collectivement. Les regroupements se sont faits parfois par affinité mais la plupart du temps par centre d’intérêt.

 

Dans le cadre du groupe Proj’action, la coopération a surtout pris la forme d’un travail de groupe. Les élèves ont co-construit des projets permettant tantôt de mettre en valeur les compétences de leurs camarades, tantôt de développer une forme d’entraide citoyenne dans l’établissement. La participation à ce genre d’action demande des réunions et la prise de conscience de la nécessité d’organiser un planning et des objectifs communs. Les élèves deviennent responsables de leur projet et de son aboutissement. Le professeur documentaliste donne des pistes et dirige vers des interlocuteurs. Il s’agit d’un groupe d’élèves citoyens avertis au sein de la communauté éducative. Les actions menées s’inscrivent dans le Parcours citoyen de l’élève.

 

 

2 - La responsabilisation : d’autres temps pour les apprentissages

 

L’objectif commun de tous nos projets était le suivant : stimuler la créativité et permettre aux élèves de se responsabiliser en étant acteurs de leurs apprentissages. Nous avons d’ailleurs pu observer la motivation de nos élèves pour élaborer des projets et les mener à bien. Etre acteur permet de faire émerger des compétences parfois inattendues, de valoriser les savoir-faire de nos élèves, mais également de permettre à chaque élève de se mettre en posture d’apprenance, autrement dit “apprendre à apprendre”, quel que soit le contexte d’apprentissage. Les différents projets que nous avons menés ont permis de développer les compétences du socle et de consolider les apprentissages scolaires par des expériences diverses. Tous les apprentissages, comme nous le montrent les sciences cognitives, ont besoin de temps longs pour se développer. Le seul temps de la séance en classe ne permet pas de tous les appréhender. Il est nécessaire d’élargir l’observation, pour ce qui nous concerne aux temps d’accueil au CDI. De même, il est intéressant de tenir compte de ce qui se fait en dehors de l’école dans des temps non-formels.

 

2.1 Quelles sont les compétences développées par les élèves ?

Ces différents projets ont permis de convoquer essentiellement  deux domaines du socle :

Domaine 2 : Méthodes et outils pour apprendre.

 

« Ce domaine vise un enseignement explicite des moyens d’accès à l’information et à la documentation, des outils numériques, de la conduite de projets individuels et collectifs ainsi que de l’organisation des apprentissages ».

 

Domaine 3 : Formation de la personne et du citoyen.

« Ce domaine vise un apprentissage de la vie en société, de l'action collective et de la citoyenneté, par une formation morale et civique respectueuse des choix personnels et des responsabilités individuelles ».

 

Si nous regardons de plus près le contenu de ces domaines, les projets conduits cette année ont permis de développer plus particulièrement les compétences suivantes. :

  

  • organisation du travail (D2)
  • coopération et démarche de réalisation de projet (D2)
  • médias, démarche de recherche et traitement de l’information (D2)
  • outils numériques pour échanger et communiquer (D2)
  • expression de la sensibilité et des opinions, respect des autres (D3)
  • réflexion et discernement (D3)
  • responsabilité, sens de l’engagement et de l’initiative (D3)

 

 

Ces projets s’inscrivent également dans les parcours citoyen de l’élève. N’oublions pas que l’un des enjeux de ce parcours est d’encourager l’engagement des élèves dans des actions concrètes favorisant l’acquisition de l’autonomie et l’aptitude à comprendre les règles qui régissent les comportements individuels et collectifs favorables au vivre ensemble. De plus, ce parcours s’appuie entre autre sur l’Éducation Morale et Civique dont le but est de favoriser le développement d’une attitude à vivre ensemble autour de quatre principes : autonomie, discipline, coexistence des libertés, communauté des citoyens. Les compétences techniques acquises peuvent également s’inscrire dans le cadre du parcours avenir en permettant aux élèves de se familiariser avec le fonctionnement du monde professionnel : entretien d’embauche, fiche de poste, compétences requises.

 

Au delà de ces compétences scolaires, d’autres compétences sont mises en oeuvre, toutes aussi essentielles quand on se place dans le cadre du transfert de compétences :

« Les compétences psychosociales sont la capacité d'une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C'est l'aptitude d'une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adoptant un comportement approprié et positif à l'occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement. »

Nous avons retenu les dix compétences (présentées par couples) car nous pensons que ce type de projets concourt à les développer :

- Savoir résoudre les problèmes / Savoir prendre les décisions

- Avoir une pensée créative / Avoir une pensée critique

- Savoir communiquer efficacement / Être habile dans les relations interpersonnelles

- Avoir conscience de soi / Avoir de l'empathie pour les autres

- Savoir gérer son stress / Savoir gérer ses émotions.

 

2.2 La conscientisation des apprentissages : auto-évaluation

 

Nous avons pu observer nos élèves développer des compétences qu’il nous semble indispensable de valoriser. La question de l’évaluation s’est donc rapidement posée à nous. Dans des projets de ce type, elle relève de deux points :

  • Mettre en place un dispositif qui permette aux élèves de prendre conscience des apprentissages développés par ce type de responsabilisation.
  • Aider l’élève à réaliser un retour sur soi, à analyser individuellement ce que ce type de projet lui a apporté personnellement : développement de savoirs, savoir-faire, savoir-être, et savoir-agir.

 

L’objectif commun aux deux points ci-dessus est la conscientisation des apprentissages par l’élève. L’auto-évaluation est donc le mode privilégié par notre groupe Traam. L’auto-évaluation est d’autant plus nécessaire ici que chaque élève, en fonction des projets auxquels il a participé et de la place qu’il a prise dans le groupe, n’aura pas porté attention aux mêmes valeurs, et n’aura pas développé les mêmes compétences qu’un autre camarade.

 

1ère étape : plusieurs d’entre nous avons proposé dans un premier temps un dispositif collaboratif pour permettre aux élèves de mettre en évidence tous les apprentissages potentiels dans ce type de projet. A travers un mur virtuel ou un nuage de mots collaboratif, le groupe d’élèves est invité à écrire ce qu’il pense que ce projet peut apporter aux participants.

 

L’avantage de cette activité en collaboration simultanée est triple :

 

  • Le dispositif d’évaluation est construit par les élèves, et a donc plus de sens pour eux car ils utilisent leurs propres termes. Les élèves inscrivent aussi des compétences et des valeurs auxquelles l’enseignant n’a pas forcément pensé.

 

  • Cela permet à l’enseignant de visualiser ce à quoi les élèves disent avoir été globalement plus sensibles, ce qui peut être différent de son observation personnelle. C’est une forme d’évaluation du projet global pour lui.

 

  • La collaboration simultanée provoque une émulation dans le groupe : les écrits des uns réactivent la réflexion des autres, et l’alimentation peut se faire sans intervention de l’enseignant. Les élèves ne sont jamais à court d’idée sur la question, grâce aux apports des autres : l’intelligence collective prend tout son sens.

 

Exemple d’un mur à l’aide de l’outil Padlet, sur lequel chaque élève peut écrire un mot :

https://padlet.com/gjoubert_pro/kw6g34u2g5hv mot de passe traam2017

 

 

Exemple d’un nuage de mots-clés collaboratif à l’aide de l’outils Answergarden :

 

Nuage réalisé par les assistants CDI du collège de Baccarat, 2016-2017