Dans un paysage informationnel et culturel en pleine révolution, marqué par de nouveaux usages et de nouvelles pratiques, les intelligences artificielles génératives (IAG) offrent aux enseignants de nouvelles opportunités pour interroger et enrichir les projets d’éducation artistique et culturelle dans leurs trois dimensions (rencontrer, pratiquer, connaître) tout en faisant des liens avec l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI).

Chaque projet d’Education Artistique et Culturelle (EAC) vise en effet à permettre aux élèves de rencontrer des œuvres et des artistes, de pratiquer une activité artistique ou culturelle et d’acquérir des connaissances leur permettant de mieux comprendre le monde qui les entoure. Les projets présentés dans cet article montrent que les IAG peuvent être mobilisées à chacune de ces étapes : pour faciliter l’accès aux œuvres et au patrimoine, accompagner les démarches de création ou encore constituer elles-mêmes un objet de réflexion critique sur la création et les pratiques culturelles contemporaines.

Partage des expérimentations et des réflexions dans le cadre des TraAM (Travaux Académiques Mutualisés) en Documentation 2025-2026 de :

  • Alexandra Gauthier de l’académie de Besançon,
  • Emmanuelle Doucet & Cassandra Buigues de l’académie de Nice,
  • Mélanie Serret & Nadège Wauquier de l’académie de Lille.

Sommaire

RENCONTRER. L’IA comme outil d’entrée dans les œuvres et de médiation culturelle.

Projet : Rencontre avec Héliosphéra, fille des abysses, arpentage et génération d’images.

Projet : De la rencontre culturelle à l’écriture journalistique.

PRATIQUER. L’IAG comme outil de création artistique et narrative.

Projet : IAG et kamishibaï

Projet : Rendez-vous à la villa Cavrois.

CONNAÎTRE. L’IA comme objet de réflexion sur la création et les pratiques culturelles contemporaines.

Projet : IAG et musique. Vol ou force de création ?

Projet : IA et vidéos : Comprendre les limites de la génération

Conclusion

Rencontrer. L’IA comme outil d’entrée dans les œuvres et de médiation culturelle.

L’EAC vise notamment à permettre aux élèves de rencontrer des œuvres, des artistes et des patrimoines parfois éloignés de leurs pratiques culturelles. Cette rencontre peut néanmoins se heurter à différents obstacles : vocabulaire complexe et/ou spécifique, références culturelles méconnues, formes artistiques inhabituelles…

Face à ces difficultés, les enseignants mobilisent depuis longtemps de nombreux outils de médiation : visites ludifiées, lectures accompagnées, mises en voix, productions créatives, pratiques artistiques ou encore recours à l’image. Les IAG peuvent aujourd’hui s’ajouter à cet ensemble d’outils lorsqu’elles permettent de soutenir la compréhension, de favoriser l’engagement des élèves ou de proposer de nouvelles modalités d’appropriation des œuvres.

Projet : Rencontre avec Héliosphéra, fille des abysses, arpentage et génération d’images.

Au lycée polyvalent Giraux Sannier de Saint-Martin-Boulogne, académie de Lille, Mélanie Serret, professeure documentaliste, a mené un projet autour de la lecture de l’œuvre Héliosphéra, fille des abysses avec une classe de Seconde. Face à une œuvre exigeante, au vocabulaire soutenu et à l’écriture poétique, les élèves ont manifesté une réticence et des difficultés à entrer dans le texte. Il a donc été choisi d’aborder l’ouvrage par une lecture en arpentage, chaque chapitre étant synthétisé sous forme de prompt permettant la génération d’une image.

Le projet vise à déplacer le regard des élèves en privilégiant la compréhension globale, afin de permettre à ceux-ci de se laisser porter par le récit sans être freinés par les obstacles lexicaux. Si la consigne peut paraître réductrice, elle a favorisé l’engagement des élèves en allégeant la pression liée à la lecture. L’IAG est mobilisée comme un outil d’illustration et de reformulation visuelle, au service de la compréhension. Les élèves ont été amenés à analyser de manière critique une première image générée afin d’améliorer leur prompt et d’obtenir une seconde proposition. Le nombre de générations a volontairement été limité à deux, permettant à l’enseignante de justifier ce choix à la fois pour des raisons pédagogiques (encourager l’exigence, la réflexion, et éviter une logique d’essais-erreurs illimités) et environnementales. Une affiche au CDI permettait d’appuyer ces propos.

L’objectif est de développer un usage raisonné de ces outils, en cohérence avec les compétences EMI, du CRCN et les compétences psychosociales, notamment la persévérance et la confiance en soi face à une tâche complexe. Le travail sur le prompt, déjà amorcé en SNT, a permis de renforcer les liens interdisciplinaires et d’interroger la place de l’IA dans les apprentissages, mais aussi dans les processus de création.

Projet : De la rencontre culturelle à l’écriture journalistique.

Au lycée professionnel Pierre Adrien Pâris, académie de Besançon, Alexandra Gauthier, professeure documentaliste, et Sandrine Ertle, enseignante de Lettres-Histoire, ont conçu une séquence pédagogique pour des élèves de Terminale CAP Électricité, au profil peu scolaire et peu à l’aise avec le numérique. L’objectif est de les amener à utiliser l’IAG de façon critique et raisonnée, plutôt que de simplement déléguer leur travail à la machine, et à l’envisager comme un outil de progression.

La séquence s’appuie sur le dispositif d’« écriture longue » du programme de CAP, qui valorise la progression de l’élève dans le temps et l’amélioration progressive de ses écrits. Les élèves sont invités à rédiger un article de presse pour la newsletter du lycée, sur une pièce de théâtre à laquelle ils ont participé, en utilisant l’IAG comme aide à l’écriture. 

La séquence se déroule en plusieurs étapes. Une première heure est consacrée à une sensibilisation au fonctionnement de l’IAG, à ses enjeux éthiques et à son impact écologique. Deux heures sont ensuite consacrées à la découverte de la méthode ACTIF, un cadre pour apprendre à formuler des prompts efficaces, à l’appui d’une pédagogie active (ateliers tournants). À l’issue de ces séances, chaque élève est doté de sa « carte ACTIF » pour guider la production de l’article. L’ambition pédagogique globale consiste à apprendre aux élèves à voir l’IAG non comme un substitut à leur propre réflexion, mais comme un « tuteur intelligent » (qui s’adapte aux besoins) qui soutient le développement de leurs compétences tout en restant complémentaire à l’intelligence humaine.

Dans ces expérimentations, l’IAG n’est jamais mobilisée comme un substitut à l’œuvre ou à l’activité intellectuelle de l’élève. Elle agit comme un support intermédiaire qui facilite l’appropriation des contenus et permet de dépasser certains freins initiaux. Les productions générées deviennent alors des objets de discussion, de comparaison ou de réflexion, contribuant à renforcer l’engagement des élèves dans la rencontre avec les œuvres et les patrimoines. Cette continuité entre découverte culturelle et production conduit ainsi à s’intéresser à une deuxième série de projets dans lesquels les intelligences artificielles génératives sont mobilisées pour accompagner les processus de création.

Pratiquer. L’IAG comme outil de création artistique et narrative.

Au-delà de la découverte et de la compréhension des œuvres, les outils d’intelligences artificielles génératives peuvent également être utilisés dans les démarches de création. Là encore, l’enjeu n’est pas de déléguer la production artistique à la machine mais d’interroger la place que peut prendre cet outil dans un processus créatif pensé et piloté par les élèves.

Comme présenté dans le projet de la villa Cavrois, l’IAG peut être mobilisée comme un support à l’écriture, à l’illustration ou à la mise en forme d’une production artistique. Les élèves restent à l’origine des idées, des choix narratifs et des intentions de création. L’activité créative ne disparaît donc pas ; elle se déplace en partie vers la formulation des consignes, les choix effectués parmi les propositions générées, l’analyse critique des propositions…

Projet : IAG et kamishibaï

Au Lycée Régional du Bâtiment Vauban, académie de Nice, Emmanuelle Doucet, professeure documentaliste et Hélène Yacoub, professeure de Lettres-Histoire ont invité les élèves de la classe de Terminale CAP Electricité à collaborer sur le projet IA et kamishibaï, dans la progression pédagogique de Lettres-Histoire en travaillant l’engagement et l’implication des élèves via l’explicitation des apprentissages (cf Steve Bissonnette, chercheur canadien). Le projet consistait à écrire en groupe un scénario de kamishibaï, forme narrative japonaise à la croisée du conte, de la lecture orale et du théâtre.

Après le lancement du projet, les élèves répartis en groupe ont rédigé leur scénario suite à une phase de découverte du kamishibaï, de son vocabulaire, du schéma narratif et un travail de recherche documentaire.

Ensuite, l’acculturation à l’IAG a permis de sensibiliser les élèves sur les enjeux éthiques et environnementaux et donc, sur la nécessité d’un usage responsable, raisonné et réflexif. Le nombre limité d’essais gratuits renforce le besoin d’anticiper les demandes.

Pour optimiser de manière itérative la rédaction du texte et la composition des illustrations de chaque planche, les élèves ont été initiés à l’art du prompt grâce à un assistant en ligne “Prompt à l’Art du Prompt” qui les a amenés à développer leur esprit critique et à affiner les résultats générés par différentes IA.

Pour améliorer leur scénario, les élèves ont utilisé des assistants de création de prompts textuel, basé sur la méthode R-C-T-P-2F-2R : Rôle Contexte Tâche Précision Format Forme Restriction Rendu, et iconographique avec la méthode IMAGES : Intention Motif Ambiance Grain Esthétique Style.

Le projet a mobilisé des compétences d’organisation numérique, notamment pour le nommage, le classement et le partage des fichiers. Le suivi des itérations dans un Digipad collaboratif a permis de conserver la trace des outils utilisés, de l’évolution des prompts et des résultats obtenus pour chaque IAG. Cette démarche itérative favorise la pensée computationnelle, l’analyse critique des productions générées et la persévérance. L’élaboration structurée des prompts amène à enrichir les compétences langagières des élèves et se prolonge avec la contribution du professeur d’Arts.

La présentation de la production finale, en fin d’année à la Maison des Lycéens, a valorisé la créativité des élèves et renforcé leur sentiment d’appartenance. En complément, une intervention d’étudiants de l’Ecole du Journalisme de Nice “Duplex de télévision face caméra” ayant pour objectif d’améliorer l’expression orale et à apprendre la gestion des émotions a eu lieu.

Cette expérimentation confirme que l’absence de méthodologie dans l’écriture du prompt atrophie l’effort créatif et entrave la capacité à imaginer. A contrario, stimuler l’imagination demeure un levier essentiel pour préserver la motivation de l’élève.

Projet : Rendez-vous à la villa Cavrois.

Au lycée professionnel d’Halluin, académie de Lille, Nadège Wauquier a répondu à l’appel à projet EAC “La villa toute une histoire” avec sa classe de 3ème Prépa-Métiers (3PM). Cette expérimentation, menée en collaboration avec l’équipe de Lettres, s’ancre dans la découverte du patrimoine local avec la Villa Cavrois. Le parcours place les élèves en immersion entre architecture moderniste et technologies numériques.

Après une immersion in situ, les élèves ont rédigé des récits fantastiques en s’appuyant sur les particularités architecturales et historiques de la villa. Les élèves ont rapidement constaté que les outils d’IAG connaissaient mal ce lieu patrimonial. Forts des connaissances acquises lors de leur visite, ils ont alors pris pleinement leur place d’auteurs et utilisé l’outil comme un tuteur technique. L’IAG a en effet servi de levier pour affiner la forme du texte et générer des illustrations d’albums jeunesse à partir de leurs descriptions précises. Les élèves ont disposé d’une fiche outil tout au long du projet. 

Le bilan réflexif souligne une forte remobilisation des élèves de 3PM. En limitant l’IAG à un rôle de « relecteur » et d’exécutant plastique, le projet a permis un usage conscient et raisonné de la technologie. Les élèves ont progressivement perçu l’IAG comme un partenaire d’apprentissage. Pourtant, un sondage interne réalisé en début d’année révélait que :

  • 100 % des élèves utilisaient une ou plusieurs IAG pour leur travail scolaire ;
  • Beaucoup déléguaient complètement certaines tâches à l’outil ;
  • Certains obtenaient de mauvaises notes sans toujours en comprendre les raisons.

Le dispositif a ainsi permis de développer des compétences EMI, du CRCN et des CPS et de qualifier les pratiques erratiques des IAG en interactions apprenantes.

Cette démarche a abouti à une restitution orale atypique lors des Nuits de la Lecture, prouvant que l’IAG, lorsqu’elle est mise au service de la création humaine, peut favoriser l’appropriation du patrimoine et renforcer l’expression des élèves.

Cette articulation entre écriture, créativité et réflexion sur les usages de l’IAG se retrouve dans bien d’autres expérimentations, dont récemment celles des TRAaM. On pense à un projet d’autopublication d’un récit d’anticipation (Nadège Wauquier et Cassandre Fasquel) où l’outil est, une nouvelle fois, envisagé comme un assistant au service du processus créatif, ou encore à celui Il était une IA… (Mélanie Serret et Laëtitia Graziato), où l’expérimentation de l’écriture de prompts est liée à la réflexion sur l’influence de leurs choix sur les résultats obtenus. L’objectif final est de permettre aux élèves d’interroger la place de l’intelligence humaine dans la création artistique pour ne pas la subordonner ni l’abandonner à celle d’un outil à la mode et à portée de main. Ces expérimentations invitent à réaffirmer le rôle d’auteurs des élèves, mais aussi de concepteurs et de décideurs tout au long du processus créatif.

Mais mobiliser l’IAG comme outil de création amène inévitablement à se poser des questions plus larges : qui crée, vraiment ? À qui appartient une œuvre produite avec l’aide d’une machine ? Comment les industries culturelles se transforment-elles sous l’effet de ces technologies ? 

Connaître. L’IA comme objet de réflexion sur la création et les pratiques culturelles contemporaines.

Les intelligences artificielles génératives constituent un objet d’étude à part entière. Leur développement soulève en effet de nombreuses questions liées à la création, au droit d’auteur, aux modèles économiques des industries culturelles ou encore aux transformations des pratiques de consommation culturelle.

Projet : IAG et musique. Vol ou force de création ?

Au Lycée International de Valbonne, académie de Nice, l’option et la spécialité Arts : Musique rend la question de la réflexivité de l’IAG très intéressante dans le parcours d’EAC. Cassandra Buigues, professeure documentaliste, et Marco Pereira Das Neves, professeur d’éducation musicale, ont proposé un temps de travail (expérimental mais sur le modèle de l’épreuve écrite de la Spécialité Arts : Musique au baccalauréat) auprès des élèves de tout niveau (2nde, 1ère, Tale) autour du droit d’auteur et de la création musicale. Prenant en comparaison le droit d’auteur français et le copyright américain, les élèves ont utilisé ces notions nouvellement acquises pour questionner les enjeux socio-économiques et artistiques liés à la musique générée par IA.

Le projet pédagogique repose sur quatre thèmes complémentaires, abordés par des extraits choisis d’articles de presse, de recherche, ou encore d’entreprises privées faisant la promotion de leur service, que les élèves ont lu pour en extraire l’information (surlignage, fiche guidée de prise de notes) puis la restituer à la classe, afin de parler du numérique sans avoir recours au numérique en classe, hors diffusion d’extraits sonores au groupe : 

  • pollution de l’industrie musicale (du vinyle à l’IAG) ; 
  • standardisation de la musique : “tiktoktisation”
  • généralisation de la musique générée par IA sur Spotify ;
  • recours au sampling (échantillon) : force de création ou vol ?.

Enfin, chaque groupe a restitué puis analysé devant la classe des exemples musicaux imposés et ceux qu’ils ont choisi (sauf le groupe “pollution”). Un débat final a permis de mobiliser les savoirs et illustrations de la séance, tout en développant les capacités d’argumentation attendues aux épreuves de baccalauréat (épreuve écrite : commentaire comparé; bref commentaire). Le projet était intense : d’une durée d’1h30 à 2h par niveau car expérimental. Il sera revu l’an prochain pour être lissé sur plusieurs séances et centré sur un niveau : la classe travaillera un thème à la fois, pour enrichir le débat final d’exemples précis, sans toutefois entraver le temps dédié aux instruments. En effet, l’EAC doit permettre de conjuguer les deux : débat et pratique musicale.

Si les transformations induites par les IAG peuvent être observées à l’échelle des industries culturelles, elles interrogent également plus directement les mécanismes mêmes de la création et de la compréhension.

Projet : IA et vidéos : Comprendre les limites de la génération

Depuis au moins deux ans, on peut lire des narratifs comme “ce film, 100% créé par une IA” ou d’un “court-métrage incroyable totalement réalisé en IA” pour parler du gagnant 2024 de l’Artefact AI Film Festival. Ou encore “on a donné nos paroles à une IA, elle en a fait un clip” au début d’un clip de Bigflo et Oli. On oublie trop souvent que derrière, il y a des humains qui pensent, imaginent, promptent, vérifient, modifient, assemblent… Comme l’indique le directeur général de Spotify “si vous n’avez pas de talent, vous pouvez utiliser tous les outils que vous voulez, vous ne sortirez pas du lot (…)”. (MONIN, Antoine. L’IA menace-t-elle la musique ? La réponse du DG de Spotify [vidéo en ligne]. Quotidien, 5 avril 2026. Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=3uH5hfGsSZU (consulté le 27 mai 2026).)

Au lycée polyvalent Giraux Sannier de Saint-Martin-Boulogne, académie de Lille, Benjamin Taverne et Laëtitia Graziato, professeurs de Lettres-Histoire, et Mélanie Serret, professeure documentaliste, ont conçu une séance interdisciplinaire intitulée « IAG, le temps et la création » (ou “SNT, images et IAG” pour son adaptation en SNT). Cette expérimentation invite les élèves à interroger les processus de création artistique à travers l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle générative.

À partir d’expressions imagées liées au temps, les élèves sont amenés à générer puis à analyser des images produites par l’IAG. Les écarts observés entre l’expression utilisée, l’intention humaine et le résultat obtenu permettent d’engager une réflexion sur les limites actuelles des outils génératifs. L’activité met notamment en évidence que l’IA est capable de générer des contenus sans pour autant comprendre le sens des expressions mobilisées.

La séquence constitue également un support pour aborder les questions de propriété intellectuelle et de création. Les élèves sont invités, selon les modalités détaillées dans les différents scénarios pédagogiques, à réfléchir à la différence entre une œuvre réalisée par une intelligence artificielle et une œuvre réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle. Le travail sur les prompts permet alors de questionner la part de l’intention humaine, des choix créatifs et de l’interprétation dans la production finale. Le projet permet ainsi de dépasser une approche uniquement technique de ces outils pour interroger plus largement les mécanismes de la création et les transformations culturelles qu’ils accompagnent.

Qu’il s’agisse d’interroger les modèles économiques de l’industrie musicale, les limites techniques des outils génératifs ou la place de l’intelligence humaine dans les apprentissages, ces expérimentations ont en commun de faire de l’IAG un objet d’étude et de réflexion critique.

CONCLUSION.

Les projets présentés dans le cadre de ces TRAAM montrent que les intelligences artificielles génératives ne constituent ni une rupture totale avec les pratiques existantes ni une finalité pédagogique en elles-mêmes. Elles s’inscrivent dans des démarches déjà portées par les enseignants : favoriser l’accès aux œuvres, soutenir la créativité des élèves, développer leur esprit critique et les accompagner dans la compréhension du monde contemporain.

Derrière la diversité des contextes, des niveaux et des disciplines, un point commun apparaît : l’importance du rôle de l’enseignant dans la conception des situations d’apprentissage et dans l’accompagnement des usages. Les expérimentations présentées rappellent que l’enjeu principal n’est pas tant la maîtrise technique des outils que la capacité à les mobiliser de manière réfléchie, créative et responsable.

Loin de remplacer l’intelligence humaine, les IA génératives en tant qu’outils invitent finalement à réaffirmer l’importance des compétences de compréhension, d’interprétation, de création et de réflexion critique qui demeurent au cœur de l’éducation artistique et culturelle.