Usage des TIC en STMG

Introduction :

« L’École contribue au projet d’une société de l’information et de la communication pour tous en initiant, en partenariat avec les collectivités et différents acteurs, des actions pour généraliser les usages et développer les ressources numériques pour l’éducation. Elle forme les élèves à maîtriser ces outils numériques et prépare le futur citoyen à vivre dans une société dont l’environnement technologique évolue constamment. »

Source : http://www.education.gouv.fr/cid208/l-utilisation-du-numerique-et-des-tice-a-l-ecole.html

Le système d’information :

Cette représentation du SI donne du sens à l’étude et à la mise en œuvre des TIC dans les enseignements d’économie et gestion car elle favorise la compréhension du rôle et de l’exigence de qualité de l’information dans les organisations dû à ce mouvement perpétuel où les usages découvrent des nouveaux besoins générateurs des évolutions qui produisent de nouveaux usages.

Dans toutes les entités, les TIC permettent de (re)structurer l’activité des acteurs dans des processus organisés dont le succès ou l’échec des projets est largement dépendant de l’accompagnement au changement.

L’usage des TIC en économie et gestion repose sur trois principes :

  • Enseigner par des technologies et non pas aux technologies ;
  • Faire le choix d’une contribution restreinte mais stable à l’installation de fondamentaux réutilisables durablement quelle que soit la spécialité ;
  • Promouvoir des pédagogies de l’action mobilisant des outils qui permettent de dépasser le statut d’utilisateur de TIC (B2i), d’échapper à l’uniformisation culturelle des modes opératoires et de former par la diversité, par la comparaison, par la confrontation au choix des solutions (le scénario pédagogique au moyen de la méthode inductive et du projet peut être ici impliqué).

Les programmes de STMG  consacrent l’intégration des TIC comme facilitateurs de la compréhension de leurs usages et leur impact sur la structuration et le fonctionnement des organisations et, plus généralement, de la société, dans ses dimensions économiques, juridiques et sociales.

Une « utilisation régulière et raisonnée des TIC pour mobiliser »  est ainsi prévue dans les programmes. Elle est d’ailleurs rendue presque indispensable pour accompagner les démarches pédagogiques visant l’acquisition des compétences méthodologiques.

Contexte générale de l’observation des pratiques

Approche classique :

L’observation des pratiques met en relief les usages prépondérants suivants :

  • Utilisation du vidéo projecteur (diaporama…)

  • Utilisation de vidéos en cours :

Le plus souvent des vidéos courtes et descriptives, voire explicatives (phase d’observation et de post conceptualisation dans le cadre de l’approfondissement) :

Les jeudis d’Emilie : https://www.youtube.com/user/DirecteurMarketing

Dessine-moi l’économie : http://dessinemoileco.com/

  • Utilisation d’internet (recherche d’informations par et avec l’élève)

Approche dynamique (ajouts d’outils) :

L’observation des pratiques met en relief les usages et les expérimentations suivantes :

Didactisation :

  • Mise à disposition de ressources pédagogiques dans une plateforme de travail collaboratif (éventuellement un ENT)
  • Travaux de groupe au moyen d’une plateforme de travail collaboratif (Google Drive, One Drive et éventuellement un ENT) : travail en présentiel et en distanciel. Les scénarios pédagogiques s’appuient principalement sur les outils du travail collaboratif (écriture et communication simultanées et gestion de l’historique de connexion)
  • (co) Création de cartes heuristiques
  • Applications métiers (PGI, gestion de projet (GANTT…))

Expérimentations :

Outils complémentaires :

  • Utilisation d’une visionneuse
  • Générateur d’activités et de parcours de formation (Opale… remplacé par  Moodle *)

* Moodle est supporté par la DANE et intégré à l’ENE Atrium : les professeurs des lycées sont progressivement formés à son usage par les intervenants de la DANE à l’initiative des établissements.

Interprétation des TICE :

Ce que ne sont pas les TICE :

  • Les TICE ne sont pas un objet d’étude ! … et ce depuis la réforme STG

Ce que sont les TICE :

  • Les TICE sont des éléments de supports de cours (illustrations, ressources…)

Les objectifs de TICE :

  • mobiliser l’attention des élèves
  • diversifier les ressources
  • rythmer le dispositif pédagogique
  • surtout, dans le cadre de la STMG, simuler l’organisation !

Le professeur doit :

  • Décomplexer ses pratiques et connaissances
  • Démystifier les outils TIC
  • Réinvestir les compétences numérique des élèves (bien que souvent limitées aux seuls usages simplifiés des principaux outils de communication et de recherches d’information)
  • Expérimenter !

Les outils du programme STMG (la typologie des outils est citée) :

  • Travail collaboratif (ENT, Google Drive, One Drive,  Moodle…)
  • PGI (Open ERP, CEGID, EBP, Ciel…)
  • Jeux sérieux
  • Réseaux sociaux
  • Cartes heuristiques (Mindmeister…)
  • Veille informationnelle et curation (Netvibes, Scoop it, Paper.li, Pearltree…)

Exemple, en SDG :

« Les recherches documentaires seront systématiquement intégrées aux démarches d’apprentissage, tout comme les usages collectifs et individuels des espaces de communication et d’échange, notamment les espaces numériques de travail (ENT). Le recours aux progiciels de gestion intégrés, aux jeux sérieux de gestion, aux fonctions de calcul et de simulation des tableurs sera généralisé dans les démarches d’apprentissage, en découverte comme en application. »

Le travail collaboratif : un excellent préalable…

…en sciences de gestion (intelligence collective) et en approche transversale.

 

« Les TIC ont révolutionné – et sont encore en train de révolutionner – notre façon de vivre, d’agir et même de penser. »

      Lévy dans « l’intelligence collective », 1997.

 

Le travail collaboratif est intimement lié au développement du Web 2.0.

Le WEB 2.0 est un ensemble :

– d’outils (comme le wiki et le blog).

– de technologies (comme le RSS).

– de concepts (comme l’échange, la confiance ou encore le partage).

C’est une nouvelle manière de partager, de communiquer, d’interagir et de rencontrer. C’est aussi la possibilité de créer, commenter, évaluer (le fameux UGC).

 

Dans le travail collaboratif, des idées divergentes s’affrontent. Le collaboratif requiert la capacité des acteurs à faire preuve d’empathie et à comprendre le point de vue de l’autre pour progresser.

Le travail coopératif met en œuvre une stratégie : chacun sait sa responsabilité et ses tâches et le résultat attendu est connu.

La notion d’intelligence collective est donc nécessaire au travail collaboratif :

– Le lien social est primordial pour construire cette intelligence collective.

– L’intelligence collective n’est pas une simple fusion des intelligences individuelles, mais quelque chose de plus élaboré.

– Ce nouveau savoir pose la problématique de la gestion de projet en lien avec les nouvelles technologies.

Les TIC offrent une chance sans égal pour créer ou du moins améliorer ces liens.

Un premier constat : le travail collaboratif progresse dans les entreprises.

Dans une enquête de 2006, l’Observatoire de l’Intranet et des TIC met en valeur un intérêt croissant des entreprises pour les fonctions de collaboration et de gestion des connaissances.

En France, 55% du nombre total des entreprises ont fait du dialogue avec les employés autour d’un intranet une priorité.

Néanmoins, ce pourcentage se réduit au profit des sites collaboratifs :

– Dématérialisation des procédures (demande de congés, note de frais,…).

– Outils de travail (travail partagé, agendas,…).

Le travail collaboratif est une démarche active par laquelle chaque acteur travaille à la construction des ET de ses connaissances.

Dans un contexte pédagogique, le formateur/animateur y joue un rôle de facilitateur des apprentissages alors que le groupe y participe comme source d’information.

La facilitation des apprentissages intervient au niveau de la motivation et de l’entraide car elle réunifie les démarches sociales du groupe et de l’apprenant.

Ici, apparaît clairement le rôle clé du formateur/animateur qui s’appuie sur 5 leviers d’action.

–          co-writing : collaboration pour chaque étape de la réalisation.

–          co-publishing : collaborations ponctuelles à partir de textes individuels pour une réalisation commune.

–          co-responding : collaboration limitée aux révisions des articles rédigés individuellement.

–          co-editing : collaboration uniquement pour la correction finale.

–          writing-helping : collaboration seulement en cas de besoin.

La collaboration peut aussi perdurer au-delà de la finalisation de la ressource proposée. En effet, la conception d’une ressource se poursuit avec l’usage. La ressource n’est pas figée et s’enrichit au fur et à mesure des usages : une copie devient une ressource indépendante.

La collaboration évolue avec et grâce à la structure du groupe de travail :

Un deuxième constat : les pratiques pédagogiques doivent être adaptées.

Dans le cadre d’une approche pédagogique, le rapport Pochard (2008) fait un constat sévère :

– les enseignants ont plutôt tendance à fonctionner en vase clos dans leur classe.

– Le travail collaboratif chez les enseignants est très peu développé.

De plus, d’après Chaptal (2007), l’évolution concernant les usages des TIC en classe est très lente, alors même que les enseignants les ont massivement adoptées pour le travail de préparation de la classe, ainsi que pour un usage personnel.

Pour autant, des études plus récentes témoignent de l’intérêt porté aux problématiques soulevées par l’usage des TICE : http://eduscol.education.fr/numerique/textes/rapports/tice-e-formation

En conséquence, une marge de progression existe, l’apprentissage collaboratif peut être développé et les étudiants peuvent être engagés dans la construction du savoir par eux-mêmes et avec leurs pairs. Les apports de l’apprentissage collaboratif pour les enseignants sont réels :

–     Echanger leurs expériences.

–     Partager les tâches du travail.

–     Diversifier le rôle du formateur.

–     Améliorer les compétences du formateur.

Pour autant, les élèves peuvent éprouver des difficultés à entrer dans un processus d’apprentissage collaboratif. Les compétences sollicitées par le travail collectif ne sont pas innées, elles s’acquièrent progressivement par les élèves, notamment par le biais :

–          de mises en situation d’apprentissages favorisant le travail collectif et adaptées à la nature même de la formation ou de la discipline ;

–          un accompagnement méthodologique et organisationnel ;

–          une orientation dans le choix des outils de communication.

Il faut donc développer :

–          Le savoir-faire qui permet d’entrer dans ce type d’apprentissage ;

–          La maîtrise de l’hétérogénéité des apprenants par l’émulation du groupe ;

–          Il faut exclure les idées que l’apprentissage collaboratif :

Soit une complication supplémentaire.

Amène à se poser bien plus de questions qu‘il n’apporte de solutions.

Les jeux sérieux : une excellente illustration

Les jeux de gestion et Les jeux sérieux permettent de simuler l’organisation.

Le CREG propose une liste de jeux utilisables en STMG : http://www.creg.ac-versailles.fr/spip.php?article609

Le site académique d’économie et gestion de l’académie de Montpellier propose une analyse pertinente de la référence Simuland : http://webpeda.ac-montpellier.fr/economie-gestion/?Jeu-Serieux-SIMULAND

Notre site académique propose une analyse de Meet Business Game (complémentaire à Simuland) : http://www.ac-nice.fr/stmg/index.php?option=com_content&view=article&id=30&Itemid=146

Notre site « bac à sable » propose des analyses de jeux sérieux (à compléter) : http://goo.gl/2EE1Nv

A noter, le PGI peut être intégré dans une logique de simulation scénarisé comme un jeu de gestion.

Pratiques numériques observées.

Les observations faites en classe révèlent que l’équipement des salles banalisées avec un poste de travail connecté à Internet permet d’effectuer collectivement des recherches d’information, mais les activités en autonomie se heurtent au fait que dans la plupart des cas les séquences de travaux dirigés ne sont pas dispensées dans des salles équipées.

Pour autant, des usages simples mais pragmatiques et efficaces sont constatés. Ceux-ci pourraient être généralisés et intégrés dans un dispositif pédagogique inductif :

Exemples :

Présentation de ressources :

Des alternatives crédibles et dynamiques au diaporama traditionnel et accessibles en ligne sont utilisées :
http://www.pearltrees.com/
http://prezi.com/
http://scenari-platform.org/projects/opale/fr/pres/co dont l’usage est concurrencé par Moodle.

Outils bureautiques :

La vidéo projection des ressources et l’utilisation de la fonction de surlignement du texteur permet au professeur, au moyen d’un code couleur par question, de mettre en évidence les éléments de réponses des ressources selon les propositions des élèves. Cela confère une visibilité immédiate sur l’analyse du document.

Plate-forme de travail collaboratif (One Drive et Google Drive) :

Durant les phases d’autonomie, les élèves produisent et mettent en ligne des travaux vers un espace de travail collaboratif. Le professeur vidéo projette les travaux des élèves. Un débat d’analyse et de comparaison s’installe.

 

Smartphones :

Le professeur prend en photo les productions des élèves puis au moyen d’un envoi par mail ou d’une connexion usb récupère les informations sur le poste professeur afin de les vidéo projeter. Ce qui permet d’analyser les productions avec la classe.

Jeux sérieux :

Secret Cam : l’élève est amené à analyser des situations de communication et à caractériser les comportements des individus au sein de l’organisation.

Simuland : l’ensemble des joueurs d’une partie sont en concurrence sur le même marché. La simulation entre chaque tour prend en compte l’ensemble des décisions des joueurs. Chaque joueur doit donc prendre en compte les décisions des concurrents pour mener sa propre stratégie.

Carte heuristique :

L’outil est utilisé traditionnellement durant la phase de brainstorming (gestion de projet ou découverte de notions) mais également durant la synthèse de cours.

 

Conclusion, Les TICE : Pourquoi ?

Pour satisfaire des besoins spécifiques

Il ne s’agit pas de faire de l’informatique, mais d’utiliser un outil, dans un but bien précis. Le bon sens voudrait d’ailleurs que ce soit le besoin qui motive l’accès à l’ordinateur et non celui-ci qui suscite l’activité…

 

Pour mettre en œuvre des compétences transversales

Indépendamment de l’intérêt spécifique à chaque logiciel ou activité, le recours à l’ordinateur pour les élèves contribue au développement de compétences transversales, tant comportementales (autonomie, responsabilité, envie d’apprendre, socialisation,…) que méthodologiques (mémoire, rigueur, méthodes de travail, traitement de l’information, …).

 

Pour adapter sa pédagogie

C’est aussi pour l’enseignant l’opportunité de créer des situations d’apprentissage nouvelles et motivantes, via de la pédagogie individualisée, différenciée, de la réussite, de projet…

Réflexion autour du volet numérique :

Il est possible d’isoler des pratiques à encourager et à développer dans le cadre d’une didactisation :

–          Travail collaboratif

–          Jeux de gestion et jeux sérieux (Simuland en priorité pour sa correspondance avec le programme et la diversité des ressources pédagogiques disponibles puis encourager la rédaction de grille d’analyse pour d’autres jeux)

–          Carte heuristique

–          Outils de gestion de projet (Gantt…)

Il est possible également de réactiver l’usage du PGI.