Les lycées agricoles français sont placés sous la tutelle du ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Ces établissements scolaires accueillent des élèves à partir de la 4e, de la 3e, de la seconde ou après le baccalauréat. Comme le Campus Vert d'Antibes, l'Agricampus du Var (Hyères - Les Arcs-sur-Argens) ou le lycée privé sous contrat Provence Verte, ils proposent des formations générales (bac biologie-écologie, physique-chimie et mathématiques), professionnelles, technologiques, en apprentissage, des formations pour adultes en reconversion et même des classes préparatoires au grandes écoles (CPGE) agricoles.

Et quels métiers y apprend-on ? Paysagiste, aménagements paysagers, conduite de productions horticoles, viticulture, élevage, maraichage, métiers agricoles, transformation et commercialisation de produits fermiers, etc. pour l'académie de Nice. Et pour faire connaitre ces métiers et tous les autres, le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire ont lancé en 20019 le programme L'aventure du Vivant, qui allie des ressources en ligne et une tournée en camion dans toute la France ! 

L'aventure du Vivant

Ce camion, qui a sillonné tout le territoire en 2022, a proposé aux classes et au grand public de s'essayer à un simulateur de conduite d'engin agricole, des tablettes connectées, des lunettes de réalité virtuelle, des écrans tactiles interactifs et de rencontrer avec des jeunes en formation, des formateurs et des professionnels.

C'est les 21 et 22 octobre derniers que le véhicule a fait un arrêt à Hyères pour faire connaitre quelques-uns des 200 métiers auxquels forment les lycées agricoles.

Le rapport avec l'éducation au développement durable ? Avec la réforme des lycées généraux et technologie, ainsi que la transformation de la voie professionnelle, les référentiels des diplômes ont été rénovés afin de former  les nouvelles générations à la transition écologique et à l'agroécologie, à travers le plan « Enseigner et produire autrement ».

Proposer ces ressources aux élèves, c'est leur ouvrir la possibilité d'envisager d'autres filières de formation et mettre en œuvre l'éducation au développement durable au service d'une production agricole durable !

 

 

Projection démographique mondiale

Le 15 novembre 2022 a été baptisée la « journée des 8 milliards » pour marquer le fait que la population mondiale a dépassé les 8 milliards d'êtres humains. Cette prévision, publiée par l'organisation des Nations unies (ONU), précise que la « population mondiale croit à son rythme le plus lent depuis 1950, en passant sous la barre des 1 % en 2020 », mais que celle-ci « pourrait atteindre environ 8,5 milliards en 2030 et 9,7 milliards en 2050. Elle devrait atteindre un pic d'environ 10,4 milliards de personnes au cours des années 2080 et se maintenir à ce niveau jusqu'en 2100. »

Cette annonce s'accompagne de projections importantes :

  • la population indienne devrait dépasser celle de la Chine, actuellement la plus importante du monde avec ses 1,42 milliard d'habitants en 2022. Celle-ci a commencé à décliner, pour atteindre à 1,3 milliard en 2050 et seulement 800 millions d'ici la fin du siècle. En 2050, avec 1,66 milliard d'habitants, l'Inde lui ravira la première place du classement mondial ;
  • plus de la moitié de l'augmentation prévue de la population mondiale jusqu'en 2050 sera concentrée dans huit pays : Égypte, Éthiopie, Inde, Nigéria, Pakistan, Philippines, République démocratique du Congo et Tanzanie, ce qui entrainera une modification profonde de leur pyramide des âges.

Cette forte augmentation de la population interroge la disponibilité des ressources naturelles, en particulier aux ressources alimentaires, dans un monde où Oxfam a estimé qu’en 2022, en raison de la pandémie, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté sera supérieur à 260 millions, portant leur nombre à 860 millions. À ce jour, des millions de personnes vivent toujours dans la pauvreté et souffrent de la faim, n’ont pas accès à des soins de santé ni à une protection sociale, n’ont pas d’emploi décent et ne sont pas en mesure de suivre un enseignement primaire et secondaire. Des millions de femmes, en particulier, ne bénéficient pas de l’égalité des chances. Selon la banque mondiale, « 60 % de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté réside dans des pays à revenu intermédiaire ». Et pourtant, la journée du dépassement, jour de la consommation de toutes les ressources de la planète qui peuvent être renouvelées de manière durable, qui était défini au 29 décembre en 1978, a été calculé au 28 juillet en 2022.

Dans le cadre de l'éducation au développement durable (EDD), il convient toutefois d'étudier des documents permettant de nuancer un raisonnement simpliste qui consisterait à réduire l'ensemble des problèmes liés à la consommation des ressources au simple nombre d'humains.

L'article de la BBC intitulé « Combien de personnes la Terre peut-elle contenir ? » de la journaliste Zaria Gorvett revient sur les textes historiques traitant de la surpopulation et prolonge la réflexion par des interviews de chercheurs et de représentants d'ONG. Cette approche met en perspective la peur actuelle de la surpopulation et la lie davantage à la surconsommation de ces ressources dans les pays riches, comme le rappelle l'article de l'AFP : les humains consomment l'équivalent des ressources de 1,75 Terre, alors que « si tout le monde vivait comme un habitant de l'Inde, l'humanité n'aurait besoin que de 0,8 planète chaque année, contre plus de 5 planètes pour un habitant des Etats-Unis », selon le Global Footprint Network et WWF.

La publication de l'INED intitulée « Huit milliards d’humains aujourd’hui, combien demain ? » de Gilles Pison (octobre 2022) analyse finement les projections démographiques pour les décennies à venir. Les graphiques peuvent tout à fait être utilisés en enseignement de spécialité et certains même au collège. L'article « La population mondiale atteindra bientôt 8 milliards d’humains – Et ensuite ? » de Michael Herrmann, conseiller principal en matière d’économie et de démographie au Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), est particulièrement éclairant sur la complexité de la question démographique, les politiques de procréation et le respect des droits humains.

Géoconfluences, dans sa curation intitulée « 8 milliards d’humains sur la Terre », liste plusieurs articles synthétisant les analyses démographiques et met à disposition des données de l'ONU et de l'INED pour une étude de documents ou de données dans un tableur.

Enfin, le numéro 241 du magazine Pour la science de novembre 2022 publie un article de Gilles Pison intitulé « Nous sommes huit milliards… Et après ? », disponible en version papier ou numérique pour les abonnés.

 

IPBES

Le 8 juillet 2022, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a publié, après quatre années de travail mené par 85 experts et 200 auteurs d’une cinquantaine de pays, son nouveau rapport d’évaluation sur la biodiversité.

Ce rapport délivre quelques chiffres-clés :

  • 50 000 espèces espèces sauvages répondant aux besoins de milliards de personnes à travers le monde ;
  • 1 personne sur 5 celui dépend des espèces sauvages pour ses revenus et son alimentation ;
  • plus de 10 000 espèces sauvages sont prélevées pour l’alimentation humaine ;
  • 2,4 milliards de personnes (1 sur 3) dépendent du bois en tant que combustible pour cuisiner.

Des milliards de personnes, dans les pays développés et dans les pays en développement, utilisent chaque jour des espèces sauvages à des fins multiples (alimentation, énergie, matériaux , médecine, loisirs, inspiration, etc.) qui contribuent de manière essentielle à leur bien-être. L’accélération de la crise mondiale de la biodiversité, avec un million d ’espèces de plantes et d’animaux menacées d’extinction, menace ces contributions aux populations.

Le rapport établit cinq grandes catégories de « pratiques » relatives à l’utilisation des espèces sauvages : la pêche ; la cueillette ; l’exploitation forestière ; le prélèvement d’animaux terrestres (dont la chasse) et les pratiques non extractives, telles que l'observation . Le rapport analyse ensuite les « utilisations » propres à chaque pratique, comme les denrées alimentaires et les aliments pour animaux ; les matériaux ; les médicaments ; l’énergie ; les loisirs ; les cérémonies ; l’apprentissage et la décoration . Pour chaque utilisation, le rapport décrit en détail les tendances observées au cours des vingt dernières années. Dans la plupart des cas, on constate une augmentation de l’utilisation des espèces sauvages, mais aussi une évolution de la durabilité des pratiques, notamment en ce qui concerne la cueillette à des fins médicinales et l’exploitation forestière, source de matières premières et d’énergie.

Le rapport examine par ailleurs les politiques et les outils relatifs à l’utilisation durable des espèces sauvages qui ont été mis en place dans différents contextes. Il présente sept éléments-clés, qui pourraient être utilisés comme leviers de changement pour promouvoir l’utilisation durable des espèces sauvages s’ils sont transposés à plus grande échelle dans les pratiques, les régions et les secteurs :

  • des options politiques qui sont inclusives et participatives ;
  • des options politiques qui reconnaissent et soutiennent des formes multiples de connaissances ;
  • des instruments et des outils politiques qui assurent une distribution juste et équitable des couts et des bénéfices ;
  • des politiques spécifiques au contexte ;
  • une surveillance des espèces sauvages et des pratiques ;
  • des instruments politiques alignés aux niveaux international, national, régional et local, cohérents et conformes aux obligations internationales et tenant compte des règles et normes coutumières ;
  • des institutions solides, y compris les institutions coutumières.

Il est donc à noter que ce rapport insiste sur le fait que les mesures à prendre doivent être prises en concertation avec les populations concernées et apprendre des pratiques des peuples autochtones.

Le résumé du rapport de l'IPBES du 08-08-2022 sur l'état de la biodiversité est consultable ici ou à cette adresse.

Somme des puits et des sources nettes de carbone en fonction du facteur principal responsable du puit ou de la source observée à l’échelle nationale. © LG-ENS

Les forêts sont des écosystèmes dont la préservation est nécessaire et reconnue par l'ensemble de la communauté scientifique, à la fois pour la protection de la biodiversité et pour la lutte contre le changement climatique. Le graphique présenté sur ce dernier article issu du CNRS présente l'impact de la déforestation sur la quantité de carbone contenue dans l'atmosphère.

Deux rapports récents viennent mettre en lumière le rôle des forêts pour la planète. Le premier, publié par le WWF le 13/10/2022, est intitulé « Rapport Planète vivante 2022 - Pour un bilan "nature" positif ». Celui-ci met en lumière la disparition de près de 69 % des Vertébrés au cours des cinquante dernières années. Parmi les raisons qui expliquent cette situation, on trouve en premier lieu la destruction des forêts ou des habitats au profit de l’agriculture ou des constructions. Puis, viennent le braconnage et la surexploitation, en particulier des ressources halieutiques. Enfin, le changement climatique réduit également les biotopes dans lesquels ces animaux prospéraient jusqu'à présent. 

Ce rapport énumère les actions que les sociétés et les individus peuvent mettre en place pour limiter l'impact des humains sur ces milieux de vie. le WWF indique que la COP15 de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, qui se tiendra des 7 au 19 décembre prochains, offrira une opportunité unique aux dirigeants du monde d'adopter un cadre mondial ambitieux pour une action immédiate en faveur d’un bilan « nature » positif. 


Perspectives pour la biodiversité pour 2030

Ainsi, si les gouvernements parviennent à protéger 30 % des terres, des eaux douces et des océans du monde via des approches portées par les communautés et fondées sur les droits ; s’ils s’attaquent aux causes de la perte de nature sur les 70 % qui restants ; s'ils intensifient leurs actions là où il avaient échoué collectivement ; et s’ils engagent les ressources nécessaires à la conservation et à l'utilisation durable de la biodiversité. Alors, un monde au bilan “nature” positif sera à portée de main aux alentours de 2030.

Le second rapport, initié en décembre 2021 par l'Assemblée nationale, a été actualisé début septembre par l’Assemblée des départements de France au lendemain de l'été 2022, marqué par de nombreux importants incendies, en particulier en Gironde. À la mi-juillet, les surfaces détruites équivalaient à celles qui l'avaient été durant l'ensemble de l'année 2021.

Cette « mission flash incendies » a rendu le même jour ses conclusions, qui détaillent les mesures concrètes à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre les incendies dans les années à venir. Trois axes ont été retenus :

  • la décentralisation du système d'alerte des feux de forêts, qui s'appuierait sur les acteurs locaux pour définir le risque incendie et la surveillance à établir, afin de pouvoir intervenir sur les débuts de feux de forêt dès les premières minutes ;
  • l'augmentation du parc français de véhicules permettant de lutter contre les incendies, en particulier aériens ;
  • l'augmentation des financements des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) pour augmenter les moyens humains et développer la formation des personnels dans les territoires peu coutumiers des feux de forêt.

Les documents proposés par ces rapports et articles peuvent trouver leur place dans les projets et activités pédagogiques proposées aux élèves, afin de les sensibiliser à la protection des forêts.

Propositions de la convention citoyenne pour le climat

La convention citoyenne pour le Climat, constituée en octobre 2019 de 150 individus issus de la société civile, sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans s'être portés volontaires préalablement, afin de former une image de la société française capable de représenter l'ensemble des citoyens, a rendu ses 146 propositions pour la lutte contre le changement climatique.

Elle a pour mandat de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale. Ces mesures ont pour vocation à devenir des projets de loi sur l’ensemble des questions relatives aux moyens de lutter contre le changement climatique.

Des propositions fortes comme contraindre les propriétaires occupants et bailleurs à rénover de manière globale d’ici à 2040, protéger les espaces naturels, les espaces agricoles périurbains et les forêts périurbaines. et s’assurer d’une gestion durable des forêts ou diminuer les émissions de gaz à effet de serre dues à la pêche et au transport maritime en poursuivant la modernisation de la flotte de bateaux sont détaillées pour une mise en œuvre réaliste et volontariste.

Pour en savoir plus, téléchargez l'ensemble des propositions ou rendez-vous sur le site officiel de la convention citoyenne pour le Climat.